EN BREF – Fortes tensions au sein de l’Apajh Isère. L’association qui prend en charge les personnes en situation de handicap est accusée de « répression syndicale » par Solidaires Isère. Ce alors que deux membres de Sud santé-sociaux siégeant au comité social et économique sont en procédure disciplinaire, avant un éventuel licenciement. La direction dénonce de son côté des « faits graves » et nie toute discrimination syndicale.
Rien ne va plus à l’Apajh de l’Isère? Le mois de septembre 2025 a en tout cas été marqué par une forte mobilisation syndicale au sein de l’Association pour adultes et jeunes handicapés, importante structure médico-sociale œuvrant sur l’ensemble de la France. En Isère, elle revendique 320 salariés et l’accompagnement de 900 personnes en situation de handicap pris en charge dans 18 établissements répartis sur l’ensemble du territoire.
Et force est de constater que les relations avec le syndicat Solidaires Isère sont (très) tendues, ce dernier accusant la direction de l’Apajh de « répression syndicale » à l’encontre de deux de ses membres. La raison ? Deux personnels syndiqués Sud santé-sociaux, siégeant par ailleurs au sein du comité social et économique (CSE), ont été convoqués à un entretien préalable le vendredi 12 septembre 2025, avant leur éventuel licenciement. Ce après avoir été mis à pied.
La direction affirme son « respect du droit syndical »
« Cette mesure a été arrêtée après que des faits d’une particulière gravité […] ont été portés à la connaissance de la direction générale, s’est défendue la direction, sans préciser les faits en question. L’Apajh Isère a immédiatement agi afin de garantir la sécurité, la sérénité et la continuité du service au sein de ses établissements. » Le syndicat évoque, pour sa part, des accusations de « harcèlement ascendant » et de « dégradation des conditions de travail ». Des accusations vigoureusement contestées.
Pour les représentants des personnels, la direction cherche à casser le thermomètre. « C’est une manœuvre de répression syndicale visant à faire taire les lanceurs d’alerte », jugent-ils. Les syndicalistes seraient ainsi coupables de lancer « des alertes répétées pour danger grave et imminent [et dénoncer] une dégradation continue des conditions de travail, une augmentation de l’absentéisme et des accidents du travail, une surcharge des équipes et un turnover inquiétant » au sein de l’Apajh.
La direction, de son côté, déclare au contraire que la procédure « s’inscrit strictement dans le cadre des règles légales et procédurales en vigueur et [n’est] en aucun cas en lien avec l’engagement syndical des collaborateurs concernés ». Ceci avant de « réaffirmer avec force son attachement indéfectible au respect du droit syndical et à la liberté d’appartenance syndicale, pleinement reconnus et garantis dans ses pratiques sociales et dans son fonctionnement ».
L’Apajh Isère conclut en « appelant à la responsabilité de chacun, afin que les débats […] puissent se dérouler dans un climat apaisé, respectueux de la dignité des personnes et de l’intérêt collectif ». De son côté, Solidaires Isère compte bien maintenir la pression, en revendiquant l’arrêt de la procédure (dont le résultat n’est pas encore connu), ainsi que « le respect des droits syndicaux et des mandats » et « un plan d’action sérieux pour mettre fin au management par la peur ».
La Fédération Sud Santé sociaux soutient les deux salariés
À l’occasion de son congrès du 1er octobre 2025, la Fédération Sud Santé Sociaux a adopté une motion de soutien aux deux salariés syndiqués de l’Apajh, en dénonçant des accusations « abusives ».
« Depuis plusieurs années déjà la répression s’abat sur celles et ceux qui luttent. Nos camarades ne sont pas des cas isolés. […] Si la répression contre nos camarades militant-es est aussi forte, c’est aussi parce que la lutte pour la défense des salarié-es, des agent-es e est juste et nécessaire », déclare le texte de la motion.
« La Fédération Sud Santé Sociaux rappelle à l’organisation patronale Nexem, dont est adhérent l’Apajh que l’action syndicale est un droit, son entrave est un délit », ajoute encore l’organisation syndicale.
[Encadré ajouté le 9 octobre 2025 à 11 h 50]












