EN BREF – Le groupe Union de la gauche écologiste et solidaire du Conseil départemental de l’Isère (Uges) condamne vivement la dégradation de la fresque citoyenne réalisée en 2019 sur la RD30 par des collégiens de Crolles, recouverte récemment de peinture blanche et d’un drapeau tricolore. Indignés, les élus appellent à restaurer l’œuvre, symbole de fraternité et de vivre-ensemble. De son côté le Département de l’Isère déclare porter plainte et reconduire un nouveau projet pédagogique pour une nouvelle fresque.
[Article publié le 16 septembre 2025 à 11 heures, modifié le 17 septembre pour insérer la réaction du Département de l’Isère.]
La découverte a suscité « tristesse et profonde colère » chez les élus du groupe Union de la gauche écologiste et solidaire (Uges) du Conseil départemental de l’Isère. La fresque citoyenne réalisée en juin 2019 par des élèves du collège Simone de Beauvoir de Crolles sur la route départementale 30 (RD30), entre Saint-Nazaire-les-Eymes et Saint-Pancrasse, a fait l’objet d’un acte de vandalisme : elle a été recouverte de peinture blanche et d’un drapeau tricolore [cf. photo de une, ndlr].
L’œuvre, fruit d’un concours départemental dans le cadre de l’événement culturel Paysage-Paysage et réalisée avec l’artiste Étienne Bergeret, représentait des mains de couleurs différentes se rejoignant, en hommage à la fraternité entre les peuples. « Nous condamnons fermement cet acte odieux et nous espérons que ses auteurs puissent se voir retrouvés et poursuivis pénalement », ont fait savoir les élus écologistes dans un communiqué daté du lundi 15 septembre 2025.

La fresque lors de sa réalisation en 2019. © Union de la gauche écologiste et solidaire du Département – UGES
Au-delà de la simple détérioration matérielle, les conseillers départementaux y voient une atteinte symbolique à l’esprit même de l’œuvre : un message de tolérance et de citoyenneté. « Dans un contexte international et national marqué par la montée des populismes et des nationalismes, nous défendons la fraternité humaine, l’amitié entre les peuples, la paix pour toutes et tous », rappellent-ils.
Une dégradation qui résonne comme un geste d’intolérance
Soutenu à l’époque par le Département, le projet, salué comme une initiative éducative et artistique originale, impliquait directement les collégiens dans la construction d’un message humaniste commun. Aujourd’hui, sa disparition sous la peinture blanche et un drapeau nationaliste résonne comme un geste d’intolérance.
N’en restant pas là, le groupe Uges souhaite la reproduction de cette fresque, et ce « rapidement, avec le soutien du Département de l’Isère ». Une manière de réparer non seulement une dégradation matérielle, mais aussi une tentative de brouiller un symbole local de vivre-ensemble, soulignent les élus.
LE DÉPARTEMENT DE L’ISÈRE PORTE PLAINTE
Face à la dégradation de la fresque, le Département de l’Isère a fait connaître sa réaction, mercredi 17 septembre 2025. La collectivité territoriale dit ainsi « déplorer les dégradations dans les espaces publics, d’autant plus quand il s’agit de porter des messages de haine, quels qu’ils soient ».
Et de poursuivre : « La dégradation de la fresque sur la RD30 est inacceptable et condamnable, comme le sont les messages haineux, régulièrement visibles en milieu urbain, et particulièrement à Grenoble ». Le Département assure en outre « qu’il portera plainte contre les auteurs de cette dégradation, comme il le fait pour tout ouvrage et équipement départemental ».
Dans ce cas particulier, le Département déclare vouloir reconduire, avec le collège, un nouveau projet pédagogique pour une nouvelle fresque.

