FOCUS – Trente-deux ans après l’assassinat de Michèle Marinescu et de sa fille Christine, 13 ans, à Sassenage, l’affaire connaît un tournant majeur. Étienne Manteaux, procureur de la République de Grenoble, a requis le renvoi de Marian Marinescu, époux et père des victimes, devant la cour d’assises de l’Isère pour « homicide volontaire précédé d’un viol » et « meurtre avec préméditation ». Longtemps écartée en raison d’un alibi jugé solide, la piste du père a ressurgi grâce à des expertises ADN récentes. Les parties civiles espèrent désormais que la justice pourra mettre un terme à trois décennies d’attente.
Grenoble, mardi 9 septembre 2025. Dans une salle de réunion du palais de justice, le procureur Étienne Manteaux détaille devant la presse les conclusions d’une enquête hors norme : trente-deux années d’investigations, quinze tomes de procédure et des centaines de témoins auditionnés dans le cadre de l’affaire Marinescu.
Au cœur de ce “cold case” glaçant : le double meurtre de Michèle Marinescu, 45 ans, et de sa fille Christine, 13 ans, retrouvées égorgées à leur domicile de Sassenage, le 7 janvier 1993. Longtemps protégé par un alibi lié à un séjour en Roumanie, le père, Marian Marinescu, s’impose désormais comme l’accusé principal, après la découverte de son ADN sur le pantalon de l’adolescente.
Une scène d’horreur au domicile familial
Le soir du 7 janvier 1993, les gendarmes découvrent une scène d’horreur au domicile familial de la rue de la Cerisaie, à Sassenage. Michèle et Christine Marinescu gisent égorgées dans leurs chambres respectives. Les corps portent la marque de gestes d’une extrême brutalité. L’adolescente a subi des violences sexuelles, sa mère non, mais la mise en scène macabre intrigue : Michèle est retrouvée dans une position sexualisée, ligotée post-mortem avec des cordelettes traversant la maison jusqu’à la chambre de sa fille.
Aucune trace d’effraction ni de vol n’est constatée, alors que le couple vivait confortablement et conservait du numéraire à domicile. Aucun désordre non plus : pas de meubles renversés, aucun cri entendu par les voisins, alors qu’il était fréquent d’entendre les disputes du couple, qui battait de l’aile selon le voisinage. « Tout indique que l’auteur était un proche », souligne le procureur.
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