EN BREF – La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble a rendu son arrêt, jeudi 14 décembre 2023, décidant de laisser Yves Chatain en liberté, sous contrôle judiciaire. Le parquet avait fait appel de la libération, jeudi 7 décembre, du suspect de 58 ans, mis en examen en mai 2022 pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, en 1986, à Pontcharra (Isère).
Yves Chatain ne retournera pas en détention, du moins pas dans l’immédiat. L’arrêt rendu, jeudi 14 décembre 2023 au matin, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble « confirme l’ordonnance ayant libéré Yves Chatain sous contrôle judiciaire et ajoute une obligation de pointer une fois par semaine à la gendarmerie« , a indiqué le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant. Un nouveau coup dur pour la famille de Marie-Thérèse Bonfanti.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble a décidé, le 14 décembre 2023, de laisser libre Yves Chatain sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointer une fois par semaine à la gendarmerie. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Interpellé et mis en examen en mai 2022 pour enlèvement, séquestration et meurtre, 36 ans après la disparition de la mère de famille de 25 ans à Pontcharra, le suspect avait été libéré du centre pénitentiaire de Varces, jeudi 7 décembre. Et ce, alors qu’il avait avoué le crime, en garde à vue, avant de fournir des indications ayant permis la découverte du crâne de Marie-Thérèse Bonfanti.
Pas d’interdiction de résider en Savoie, à proximité de la famille Bonfanti
Mais sa demande de remise en liberté avait été approuvée par le magistrat instructeur, à la suite d’une décision de la cour de cassation. Laquelle avait, le 28 novembre, cassé un arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble, estimant cette fois que l’affaire était prescrite. Le parquet avait toutefois immédiatement fait appel de la libération du meurtrier présumé, désormais âgé de 58 ans.
Un appel examiné mardi 12 décembre par la chambre de l’instruction. Au cours de l’audience, Me Bernard Boulloud, avocat des parties civiles, avait, tout comme le ministère public, réclamé a minima – à défaut d’un retour en détention – un renforcement du contrôle judiciaire d’Yves Chatain. Il demandait notamment son placement sous bracelet électronique ainsi que l’interdiction pour le suspect de résider en Savoie, où habite une partie de la famille Bonfanti.

Fermement opposé à cette remise en liberté, Me Bernard Boulloud, avocat de la famille Bonfanti, avait demandé le placement sous bracelet électronique du suspect ainsi qu’une interdiction de résider en Savoie. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Ces souhaits n’auront finalement pas été exaucés, les juges ayant simplement assorti le contrôle judiciaire d’une obligation de pointage hebdomadaire à la gendarmerie. Sur le fond, les dés sont néanmoins loin d’être jetés. La cour de cassation a en effet renvoyé le dossier devant la cour d’appel de Lyon, qui devra se prononcer sur cette délicate question de la prescription, dans les mois à venir.







