FLASH INFO – Le consortium international de recherche scientifique nommé Glambie, composé de 35 équipes de recherche comprenant notamment des chercheurs grenoblois du CNRS-Alpes, de l’Institut des géosciences de l’environnement et de l’Université Grenoble-Alpes, a mené une étude sur les glaciers terrestres. Il en ressort que leur masse disparaît à un rythme effréné. Des conclusions parues le 19 février 2025 dans la revue Nature.
« Depuis l’an 2000, les glaciers du globe ont perdu 5 % de leur volume initial et 273 milliards de tonnes de glace disparaissent chaque année, soit l’équivalent de trois piscines olympiques par seconde », rapporte le Centre national de la recherche scientifique des Alpes (CNRS-Alpes) dans un communiqué du 20 février 2025.
À l’origine de ce constat alarmant, l’analyse de l’évolution globale des glaciers sur la période 2000 – 2023 par un consortium international nommé Glambie, impliquant entre autres des chercheurs grenoblois de l’Institut des géosciences de l’environnement et de l’Université Grenoble-Alpes (Cf. encadré).
Ce dernier n’a pas pris en compte les calottes polaires en Antarctique et au Groenland. Mais, cette analyse de la santé des glaciers repose sur la combinaison de différentes méthodes de mesures de terrain et d’observations satellites. Une première.
Une diversité de méthodes importantes pour des données fiables
Glambie a en effet utilisé une pluralité et une complémentarité de méthodes pour fiabiliser son étude. De quoi permettre désormais aux scientifiques de mener une « surveillance accrue et plus régulière de la fonte des glaciers ». Objectif visé par la communauté scientifique : mettre à jour tous les deux ans les données portant sur les pertes de masse globale des glaciers.
De leur côté, les équipes françaises ont tout particulièrement contribué aux mesures de changement d’épaisseur des glaciers. Et ce grâce aux images « Aster » du satellite Terra et aux données portant sur le changement de masse des satellites Grace.

Les glaciers ont perdu 40 % de leur surface dans les Alpes et dans les Pyrénées en 24 ans. Ici, le glacier des 2 Alpes. DR
Ces conclusions, qui sont parues le 19 février 2025 dans la revue Nature, ne manquent pas d’inquiéter. Les scientifiques ont ainsi notamment constaté « un record de perte de masse glaciaire en 2022 – 2023 et révèlent que les Alpes et les Pyrénées ont perdu environ 40 % de leur volume en moins d’un quart de siècle, faisant d’elles les régions du globe où la perte relative de glace est la plus importante ». Autant de résultats qui devraient nourrir le prochain rapport du Giec1Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui sortira en 2029.
Le consortium international Glambie
Le consortium international Glambie2Pour « Glacier mass balance intercomparison exercise » se compose de 35 équipes de recherche. Il comprend notamment des scientifiques du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales impliquant le Centre national d’études spatiales (Cnes), le CNRS, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Université de Toulouse III – Paul Sabatier. Autre partenaire : l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE), qui travaille lui-même avec des chercheurs du CNRS, de l’Inrae, de l’IRD et de l’Université Grenoble-Alpes.
Cette initiative de recherche est coordonnée par le Service mondial de surveillance des glaciers (World Glacier Monitoring Service, WGMS), hébergé par l’Université de Zurich, en collaboration avec l’Université d’Edimbourg et Earthwave Ltd.


