FLASH INFO – Les plateformes flottantes du Groenland sont-elles menacées d’extinction? C’est la question, sous forme de cri d’alerte, que pose l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble (IGE). Une unité de recherche qui regroupe le CNRS, l’Inrae, l’IRD, l’Université-Grenoble-Alpes et Grenoble-INP, et constitue « l’un des principaux laboratoires de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble« .
En collaboration avec des chercheurs danois et américains, les équipes de l’IGE ont publié une étude (en anglais) dans la revue Nature communications sur l’affaiblissement des plateformes flottantes du Groenland. « En utilisant une large collection d’images satellites, les scientifiques ont calculé que ces dernières plateformes avaient perdu plus du tiers de leur volume« , expliquent-elles. Et d’ajouter que la fonte a « drastiquement augmenté » depuis les années 2000.
Une situation évidemment à rapprocher du réchauffement climatique. « En collectant des mesures de températures d’océan depuis les 40 dernières années et en les comparant avec des réanalyses physiques, les chercheurs ont pu déterminer que cette augmentation de la fonte était en grande partie due à un réchauffement important des eaux océaniques dans toute la région« , note l’IGE. Romain Millan, responsable de l’étude, estime par ailleurs que « les régions polaires vont inéluctablement continuer à se réchauffer à des vitesses beaucoup trop élevées« .

Le glacier Zachariæ Isstrøm (nord-est du Groenland) en 2016. La fonte des plateformes flottantes de la région fait craindre aux chercheurs de l’IGE un déversement plus important d’icebergs dans les océans, qui mènera à une montée du niveau des eaux. © IGE
Les conséquences d’un tel phénomène? L’IGE rappelle que les plateformes flottantes du Groenland, formées par l’écoulement des glaciers depuis l’intérieur de la calotte polaire vers l’océan, « jouent un rôle essentiel en tant que “barrages” qui régulent la quantité d’icebergs déversée dans l’océan« . Leur affaiblissement a donc pour conséquence de laisser passer plus d’icebergs dans la mer, avec un impact direct sur la montée du niveau marin.
« Sur certains glaciers, la décharge a augmenté de plus de 25 % en réponse aux changements qui affectent les plateformes« , observe le co-auteur de l’étude Eliot Jager. Tandis que Anders Bjørk, de l’Université de Copenhague, évoque la possibilité que le nord du Groenland, où subsistent les dernières plateformes flottantes, « devienne le plus gros contributeur au niveau des mers de toute la calotte Groenlandaise« . Tout en étant « une annonce des processus pouvant affecter l’Antarctique dans un future proche« .








