REPORTAGE – Une réunion publique rassemblant des opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin s’est tenue, vendredi 14 mars 2025, à la maison de la vie associative et citoyenne, à Grenoble. Un temps d’échanges à l’initiative du Collectif contre le Lyon Turin de Grenoble, en présence de scientifiques, d’élus grenoblois, d’habitants et de militants.
Il est 19 heures, ce vendredi 14 mars à la maison de la vie associative et citoyenne, rue Berthe de Boissieux, à Grenoble. Près de cent personnes se sont réunies pour la soirée autour d’un thème sans équivoque : « Stop au Lyon Turin« . L’ambition des organisateurs ? « Tisser des liens entre témoignages et expertises pour illustrer ce gigantesque projet qui creuse la montagne et les caisses des fonds publics« . Face à l’affluence, ils ajoutent des chaises.
Sur scène, sept intervenants prennent la parole à tour de rôle : deux scientifiques – Laurent Husson, chercheur en sciences de la Terre, et Xavier Bodin, chercheur associé au laboratoire Edytem de l’Université Savoie Mont Blanc – mais aussi Pierre Mériaux, adjoint au personnel de la Ville de Grenoble auparavant délégué au tourisme et à la montagne et depuis longtemps opposé au projet Lyon-Turin, ainsi que plusieurs militants également engagés contre.
L’Isle-d’Abeau, Bourgoin-Jallieu, La-Tour-du-Pin et Chapareillan sur la ligne
Le projet en question prévoit la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire transalpine, dont le principal ouvrage sera un tunnel reliant Saint-Jean-de-Maurienne en France à Suse en Italie. Un tunnel de 57,5 km de long, dont 47 km sur le territoire français, avec une mise en service prévue à l’horizon 2033.

Itinéraire de la liaison mixte fret et voyageurs Lyon-Turin – La Transalpine
Les voies d’accès françaises au Lyon-Turin, quant à elles, se feront notamment par des tunnels creusés sous Chartreuse et Belledonne. En Isère, le tracé passera par plusieurs communes telles que L’Isle-d’Abeau, Bourgoin-Jallieu, La-Tour-du-Pin et Chapareillan.
Mais pour les intervenants présents à la réunion, ce chantier, actuellement en cours, soulève plusieurs problèmes environnementaux et économiques majeurs.
Des inquiétudes concernant l’eau et l’impact environnemental
Parmi les points soulevés lors de la réunion, l’impact sur les ressources en eau a été largement discuté. Marilyne, habitante de Villarodin-Bourget, situé dans la vallée de la Haute-Maurienne en Savoie, affirme constater des effets depuis le percement des premières galeries sur sa commune.
« Ils ont commencé à creuser des descenderies et les premières sources du village se sont taries. La source de la fontaine est hors service« , explique-t-elle. Les militants, s’appuyant sur ces premiers impacts en Savoie, redoutent des conséquences similaires pour les communes iséroises.

Des affiches contre le projet ferroviaire Lyon-Turin ont été mises à disposition des militants. © Anouk Anglade – Place Gre’net
Selon Xavier Bodin, géomorphologue1Le géomorphologue étudie la succession des couches du sol (la stratigraphie), la nature des roches et la genèse de leur formation. et membre du collectif Scientifiques en rébellion, les travaux en cours pourraient avoir des conséquences à la fois souterraines et en surface. Citant des études menées dans les années 90 et 2000, il estime que « les impacts de ce projet sont bien documentés et doivent être pris en compte« .
Un projet jugé « inutile » par ses opposants
Au-delà des impacts environnementaux, les militants présents à la réunion remettent en question l’utilité même du projet. Pour Laurent Husson, « ce projet vise avant tout à intensifier les flux commerciaux entre la France et l’Italie« . Et le chercheur en sciences de la Terre d’inviter à se demander « si cela est souhaitable« .

Laurent Husson, chercheur en sciences de la Terre, milite contre le projet ferroviaire. © Anouk Anglade – Place Gre’net
Dans la salle, l’adhésion est unanime. Pour les opposants réunis ce soir-là, il s’agirait d’un « projet inutile« , comparable à d’autres infrastructures contestées comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens ou encore les mégabassines.
Par ailleurs, ils soulignent qu’une ligne ferroviaire « sous-utilisée » existe déjà, passant par le tunnel du Mont-Cenis (14 km). Ils plaident ainsi pour une amélioration de l’infrastructure existante avant tout nouvel investissement. Et appellent à stopper le chantier du Lyon-Turin au plus vite, alors que seuls 10 % du tunnel souterrain ont été creusés à ce jour.









Une réflexion sur « « Stop au Lyon-Turin » : les opposants au projet ferroviaire se sont réunis à Grenoble »
Et bien moi je suis pour faciliter les flux commerciaux entre la France et l’Italie, qui sont deux pays cousins en plus d’être européens.
Mais peut être que les sciences de la terre de M. Laurent Husson préfèrent les échanges par la mer avec la Chine 🤪 ?