DÉCRYPTAGE – Le tribunal de commerce de Lyon a accordé, jeudi 6 mars 2025, une prolongation de six mois de la période d’observation de l’usine Vencorex de Pont-de-Claix spécialisée dans la chimie, dont 460 emplois sont menacés. La justice a en effet considéré comme viable l’offre de reprise des salariés regroupés en Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Une lueur d’espoir pour Vencorex mais une grande inquiétude pour les salariés de l’usine voisine Arkema de Jarrie, qui ont appris, via une note interne de leur direction, que celle-ci envisagerait désormais la fermeture totale du site.
Six mois après la mise en redressement judiciaire de l’usine Vencorex du Pont-de-Claix spécialisée dans la chimie, ses salariés jouaient leur va-tout, jeudi 6 mars 2025, devant le tribunal de commerce de Lyon.
Ce dernier devait en effet trancher sur leur avenir, voire même prononcer la liquidation de l’entreprise, alors que 460 emplois sont menacés. Ce même tribunal avait en effet décidé, le 8 novembre 2024, de prolonger la période d’observation de Vencorex jusqu’à cette date.
Un nouvel épisode dans la saga de la filière chimique du sud de l’agglomération grenobloise menacée d’effondrement par l’effet de réaction en chaîne lié à la grande interdépendance des différents sites qui maillent la plateforme. Notamment l’usine voisine Arkema dont les salariés sont en grève depuis le 10 janvier 2025.
Bonne nouvelle pour les nombreux salariés du secteur : la juridiction lyonnaise a accordé un délai supplémentaire de six mois à la période d’observation de l’entreprise iséroise, en redressement judiciaire depuis septembre 2024. En l’occurrence, un sursis pour trouver un éventuel nouveau repreneur, assorti d’une audience intermédiaire programmée le 3 avril 2025.
Ce délai supplémentaire, tous les acteurs du dossier – syndicats, salariés, élus – l’avaient ardemment souhaité. À l’instar de la Métropole de Grenoble, qui, lors d’une réunion de parlementaires et d’élus du territoire organisée par le cabinet du Premier ministre, le jeudi 27 février au matin, avait demandé « un desserrement du calendrier […] afin de préparer l’après-Vencorex », finalement accepté par l’administrateur judiciaire.
Une offre de reprise en Scic proposée par les salariés et la CGT
Ce n’était en tout cas pas gagné, surtout après l’amère fin de non-recevoir du Premier ministre, François Bayrou, qui avait signifié à des députés, sénateur et élus locaux de gauche le refus de l’État de nationaliser Vencorex-Pont-de-Claix. Ce au motif que « l’activité du site ne serait pas viable, même dans les scenarii les plus optimistes », avait alors fait savoir le locataire de Matignon.
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