EN BREF – Un rassemblement était organisé devant le rectorat de Grenoble, mercredi 19 février 2025, pour dénoncer le gel de la part collective du « pass culture ». Une mesure qui met en péril nombre de projets culturels à destination des élèves de collèges ou de lycées, mais aussi les artistes et les compagnies qui en avaient la charge.
« Le Pass culture, c’est pour les enfants dont les parents n’ont pas suffisamment de moyens. C’est l’accès à la culture pour tous. C’est ça qui est attaqué en ce moment ! » En une formule, accueillie par des applaudissements spontanés, le représentant du Syndicat national des arts vivants (Synavi) a résumé le sentiment dominant des personnes rassemblées devant le rectorat de Grenoble, mercredi 19 février 2025, pour dénoncer l’annonce du gel de la part collective du pass culture.

Le rassemblement contre le gel de la part collective du pass culture s’est tenu entre midi et 14 heures devant le rectorat de Grenoble, avec une introduction en musique. © Florent Mathieu – Place Gre’net
À l’occasion de la présentation du budget 2025 par le gouvernement, les enseignants (et les artistes) découvraient en effet que la part collective du pass culture était gelée à 50 millions d’euros. Le dispositif sert pourtant à financer des activités artistiques et culturelles pour les élèves de collèges ou de lycées.
Explication du ministère de l’Éducation nationale : le gel est nécessaire pour préserver des fonds pour la période de septembre à décembre 2025, alors que deux tiers ont d’ores et déjà été consommés. Un argument qui ne passe pas.
« Le dispositif [du pass culture] répond à des besoins »
« On entendu dire qu’il y a surconsommation sur la part collective. Mais comment on peut réfléchir comme ça ? S’il y a consommation, c’est que le dispositif répond à des besoins ! », s’indigne le représentant du Synavi. Michel Szempruch, de la CGT Spectacle, fustigeait avant lui la soudaineté de l’annonce ministérielle : « On dénonce cette méthode brutale, sans concertation, sans avertissement, privant la jeunesse d’outils d’émancipation et d’apprentissage supplémentaires ». Ce qui dénote, selon lui, d’un certain « mépris » pour les enseignants.

Prises de parole des artistes ou des membres d’équipes éducatives devant le rectorat. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Invités à prendre la parole, des artistes comme des membres des équipes éducatives ont expliqué les conséquences qu’aurait le gel des crédits sur le terrain. « Ce sont plusieurs spectacles qui sont annulés, soit 6 000 euros. Ça représente 20 à 30 % de notre chiffre d’affaires annuel », décrit Robin, de la compagnie Sale Gamine.
« Un projet avec une compagnie d’écriture qui concernait trois classes a dû être annulé, et aussi 500 euros dont on ne peut pas bénéficier pour emmener des enfants voir des spectacles », explique quant à elle une référente culture dans un établissement scolaire adapté.
Au-delà même du pass, c’est (encore une fois) le malaise du monde de la culture qui s’est exprimé lors du rassemblement. « Pourquoi des compagnies vont de plus en plus vers le pass culture ? Parce que les budgets de création diminuent », a rappelé le représentant du Synavi. Benjamin, artiste dans le spectacle vivant, confirme sans ambages ce recul général : « Depuis dix ans, je n’ai pas de problèmes pour trouver du travail mais je commence vraiment à flipper pour l’année prochaine. Et je pense à tous les copains et copines qui ont déjà changé de métier. »

