EVENEMENT – Dans le cadre de la biennale Experimenta, que L’Hexagone scène nationale de Meylan organise, le musée dauphinois accueille le dispositif immersif « Les Temps rassemblés » jusqu’au 1er mars 2025 à Grenoble. Composé de trois œuvres interactives, il raconte la vie d’habitants de Meylan et les histoires du paysage environnant par le geste, l’image et le son.
La biennale Experimenta, que porte L’Hexagone scène nationale de Meylan, s’installe au musée dauphinois de Grenoble. Et ceci jusqu’au 1er mars 2025 grâce à l’installation d’un dispositif interactif du collectif d’artistes L’instant mobile. « Les Temps rassemblés« , c’est son nom, se compose d’un triptyque réunissant trois œuvres : « Mécanique panorama« , « Mille » et « Chronique des géo-fictions« .

Le musée dauphinois accueille « Les Temps rassemblés » jusqu’au 1er mars 2025. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Chacune peut fonctionner de manière autonome, mais elles se complètent entre elles, formant un récit de « l’habité des espaces qui se révèle au fil des histoires et des paysages par le geste, l’image et le son« … Des œuvres qui reposent sur un processus documentaire et collaboratif avec les habitants. Pour Experimenta, ce triptyque s’est déployé à Meylan, dans les quartiers autour de L’Hexagone.
« Mécanique panorama » sur le rapport des habitants à leur environnement
« Mécanique panorama » constitue la première œuvre du triptyque « Les temps rassemblés ». Il s’agit d’y découvrir la vie des habitants de manière originale. Les artistes ont en effet installé un appareil photo sur le balcon de ménages meylanais. Ce dernier a capturé le paysage toutes les cinq secondes pendant une journée. Au total, pas moins de 17 340 photos pour chacun des cinq paysages.

Dans « Mécanique panorama », il faut tirer un levier pour voir défiler les photographies d’un même paysage. © L’instant mobile
L’installation consiste en une grande boîte munie de leviers. Elle projette les photographies sans bruit, sans musique, en montrant donc l’évolution du paysage, du temps, de la luminosité, des passages. « Car dans le silence, on voit quelque chose de l’intime. Ensuite, on peut approfondir la question avec les deux autres triptyques« , expliquent les artistes.
« Mille », entremêlement de lignes affectives
Avec le deuxième triptyque, « Mille« , il est question pour L’instant mobile de relier les habitants aux lieux autour de chez eux. Son but? Mettre en lumière les « lignes affectives » qu’ils ont par rapport à leur territoire. L’installation consiste donc en un engin en bois et en cordelettes, semblable à une machine à tisser, placé face à trois écrans.

Conçu comme une machine à tisser, l’outil permet de faire défiler des récits de vie en tirant plus ou moins longtemps sur l’une des cordes. © Morgane Poulet – Place Gre’net
En tirant sur l’un des fils qui le constituent, le visiteur fait défiler une histoire, celle qu’un habitant a contée au collectif. Chaque fil correspond ainsi à un récit, avec une musique différente à chaque fois, diffusée dans les quatre enceintes placées dans la salle. Pour accompagner chaque histoire, les visiteurs peuvent compter sur une vidéo en lien avec le lieu évoqué.
« Chronique des géo-fictions » pour imaginer l’avenir du territoire
Enfin, « Chronique des géo-fictions » est le triptyque permettant d’imaginer l’avenir des espaces. Les habitants ont ainsi pu parler de la manière dont ils pensent que leur habitat évoluera. Et ce en se fondant sur les travaux en cours un peu partout : aménagement des routes, plantation d’arbres…

Dans ce triptyque, l’utilisateur oriente un bras télescopique sur une table noire pour avoir accès aux récits imaginaires des habitants. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Pour écouter les idées et perspectives de chacun, il faut orienter un bras télescopique sur une table noire. Le passage du bras crée des sortes de nuages colorés et de points lumineux. En l’arrêtant sur un point en particulier, il lance une histoire à écouter.
« Les géo-fictions sont inventées en collaboration avec les habitants« , précise bien le collectif. Ainsi, « les récits mis en relation les uns avec les autres finiront par former un commun, un spécimen des imaginaires de notre temps« .
Les détails du dispositif interactif « Les Temps rassemblés » sont à retrouver sur le site dédié.









