EN BREF – La Ville de Grenoble a adopté un vœu appelant la ministre de l’Agriculture et les députés à se prononcer contre « la réintroduction de l’acétamipride et des néonicotinoïdes dans l’agriculture française« . Un vœu proposé lors du conseil municipal du 3 février 2025, une semaine après la proposition de loi votée par le Sénat visant à lever l’interdiction de ces pesticides.
Le vœu était porté par l’intergroupe d’opposition GDES-GSA1Groupe démocratie écologie et solidarité – Groupe Socialistes et apparentés. lors du conseil municipal de Grenoble du 3 février 2025 mais n’en a pas moins été adopté sans difficulté. Son objet? Inviter la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ainsi que les députés à « s’opposer à la réintroduction de l’acétamipride et des néonicotinoïdes dans l’agriculture française« . Ceci alors que le Sénat a adopté lundi 27 janvier une proposition de loi visant à revenir sur l’interdiction de ces pesticides.

Le vœu a été porté par Amel Zenati, ancienne membre de la majorité municipale, aujourd’hui opposante au sein du groupe GDES. © Agathe Bréchemier – Place Gre’net
« Les études démontrant que les néonicotinoïdes portent une responsabilité lourde dans
le déclin des pollinisateurs, dont les abeilles, sont nombreuses, alors que le rôle des abeilles est crucial dans la reproduction de nombreuses espèces végétales et la production alimentaire« , a souligné l’élue Amel Zenati lors de la lecture du vœu. De plus, a-t-elle ajouté, « si la littérature scientifique n’est pas unanime quant à l’effet de l’acétamipride sur l’être humain, il existe une réelle inquiétude quant à un risque d’infertilité, notamment chez l’homme« .
Pour que l’interdiction de ces pesticides soit « sanctuarisée »
Si l’acétamipride est moins persistant que d’autres molécules, il « reste un néonicotinoïde dont l’innocuité totale n’est pas avérée« , a également rappelé la conseillère municipale. Et celle-ci de considérer que « son interdiction en France, décidée en 2018, est […] un enjeu clé pour la protection de l’environnement et la transition vers un modèle agricole plus durable« . De ce fait, « cette décision doit être sanctuarisée« , selon l’élue, pour qui cette proposition de réintroduction est une manière de « détourner l’attention » des vrais enjeux en lien avec le monde agricole.

Les sénateurs LR de l’Isère Damien Michallet, Frédérique Puissat et Michel Savin ont tous les trois voté en faveur de la réintroduction de l’acétamipride, insecticide de la famille des néonicotinoïdes, dans les cultures de noisettes et de betteraves. Tout comme le sénateur macroniste Didier Rambaud. DR
Amel Zenati a enfin rappelé que « la qualité de l’alimentation des Grenobloises et des Grenoblois repose essentiellement sur la manière dont sont produits les aliments sur l’ensemble du territoire national« . Et que le territoire grenoblois est particulièrement concerné par la question de la pollution des sols, « alors que la nappe phréatique sur laquelle se trouve Grenoble est l’une des plus polluées de France« . Une pollution qui provient de l’activité industrielle, notamment de la plateforme chimique de Pont-de-Claix et Jarrie, mais aussi de pesticides.
Le vœu a été adopté à l’unanimité et sans débats, avec toutefois une abstention du côté des groupes Société civile mené par Alain Carignon et Nouvel Air, duo composé de Delphine Bense et d’Émilie Chalas.
Au Palais du Luxembourg, le 27 janvier 2025, les sénateurs Les Républicains de l’Isère Damien Michallet, Frédérique Puissat et Michel Savin avaient quant à eux voté en faveur de la proposition de loi, elle-même portée par deux sénateurs LR. Le macroniste Didier Rambaud s’est également prononcé pour. Guillaume Gontard, sénateur écologiste, est donc le seul Isérois à avoir voté contre le texte.










2 réflexions sur « Grenoble adopte un vœu contre la réintroduction des néonicotinoïdes… soutenue par quatre sénateurs isérois sur cinq »
C’est la acétami pride.
Sanctuariser l’interdiction de l’acétamipride ?
Il faut vite l’inscrire dans la Constitution !
C’est bête, le vœu municipal n’y a pas pensé….