EVENEMENT – Dans le cadre de la biennale Experimenta lancée par L’Hexagone scène nationale de Meylan, le collectif Strates présente son exposition éponyme au Musée de Grenoble. Jusqu’au 1er mars 2025, Strates met ainsi en lumière l’air du bassin grenoblois grâce à un travail réalisé sur pochoirs… mais aussi grâce à un film sur les récits de vie des habitants des territoires et des photographies des lieux.
« Nous avons créé un dispositif où le paysage peut créer une image », explique Yves Monnier, artiste plasticien du collectif Strates. Un collectif qui comprend en outre une maîtresse de conférences en arts et techniques de la représentation, un anthropologue et un géographe. C’est dans le cadre de la biennale Experimenta organisée par L’Hexagone scène nationale que le petit groupe expose Strates.
Cette exposition à voir jusqu’au 1er mars 2025 au musée de Grenoble met en lumière le fond atmosphérique du bassin grenoblois. Mais s’emploie aussi à faire du paysage le principal acteur de l’art… tout en permettant aux récits d’habitants de prendre vie.
Faire participer le paysage à la création artistique
Pour fabriquer ses œuvres, Yves Monnier a photographié des sites du bassin grenoblois, en concertation avec les chercheurs du collectif. Il a ensuite imprimé les images en négatif sur des autocollants placés sur une plaque de Fermacell. Puis, il lui a suffi de découper l’autocollant à la main. L’artiste a ainsi pu déposer le pochoir obtenu sur le lieu de la prise de vue.

« Strates » présente des lieux bien connus des Grenoblois, comme ici, le Rondeau. © Morgane Poulet – Place Gre’net
La touche finale ? La participation du paysage au processus de création. « Il y a une relation très particulière au paysage », explique Yves Monnier. Car il s’agit là d’une expérience pour « voir ce que l’on respire, voir le fond atmosphérique urbain ». Concrètement, par un jeu de superpositions de pochoirs et de grattage pour retirer ces pochoirs, les différentes strates révélées montrent qu’en quelques semaines, pollen, sable, particules ou encore feuilles se déposent et forment le paysage observé.
Au total, le collectif a placé 21 pochoirs dans le bassin grenoblois. Et ce à toutes les saisons, sur une période de trois ans, en laissant les pochoirs pendant quatre semaines sur place.
Un film et un travail photographique pour compléter les pochoirs
Le collectif Strates a également réalisé un film car, en réalisant des pochoirs sur les différents sites du bassin grenoblois, l’équipe a pu échanger avec des habitants. L’œuvre a ainsi pris une dimension collective. Le film retrace toutes ces histoires recueillies.
Il entend aussi être « attentif aux manifestations atmosphériques et aux gestes des techniciens qui les qualifient ». Véritable « proposition d’immersion dans le bassin d’air grenoblois », il permet de questionner « nos sensibilités à l’atmosphère dans leurs dimensions politiques, écologiques et esthétiques ».

Les photographies des falaises du Vercors complètent Strates. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Enfin, une exposition photographique complète Strates. En partant de tableaux de Jean Achard, peintre du XIXe siècle, et notamment du Vercors, peint en 1844, l’équipe a réalisé une série de photos par drone en suivant les contreforts du fameux massif. L’évolution de l’aspect des parois est devenue l’objet d’une sorte d’enquête. Les visiteurs pourront l’admirer en face des œuvres au pochoir.



