EN BREF – L’Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants (Adali) avait reçu les clefs d’un local pour les livreurs de la part de la Ville de Grenoble, mi-juillet 2024. Elle l’a inauguré le samedi 30 novembre 2024, tout en rappelant les raisons qui l’avait poussée à en réclamer un.
« Nous avons choisi d’inaugurer ce local avec les syndicalistes, les associations, les militantes et militants et toutes celles et ceux qui nous ont soutenus et avec qui nous avons partagé de nombreux combats », a expliqué l’association Adali 1Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants lors de l’inauguration dudit local, le 30 novembre 2024. Mi-juillet 2024, la Ville de Grenoble lui avait en effet remis les clefs du 6 rue Saint-François. Et ce grâce aux actions et demandes conduites par la CGT.
Ce local répond aux besoins des livreurs « liés à [leurs] conditions de travail ». Et, à l’avenir, l’association compte en faire un « lieu d’entraide et de solidarité ». Mais aussi « un lieu qui facilitera [leur] organisation et [leurs] combats, [les] aidera à faire grandir [leur] association et [leur] syndicat ». Adali y tiendra ainsi des permanences d’accueil afin que les livreurs qui le souhaitent puissent s’y reposer, s’y réchauffer et recharger leur téléphone.
Un lieu adapté aux besoins et palliant les manques
Concrètement, ce local doit pallier les manques dont se plaignaient les livreurs. « Comme tout le monde le sait, le local de travail des livreurs, c’est la rue !, a rappelé Mohamed Fofana, au nom de l’Adali et de la CGT livreurs 38. Nos vrais employeurs sont les Deliveroo, Uber Eats et autres plateformes. Ils veulent nous faire croire que nous sommes des travailleurs indépendants mais ce n’est pas la réalité. En nous imposant un statut de micro-entrepreneurs, ils se débarrassent de toutes les obligations d’un employeur classique. »

Mohamed Fofana et et Alain Lavy, de l’Adali, lors de l’inauguration du local le 1er décembre 2024. © Morgane Poulet Place Gre’net
Les livreurs doivent en effet « financer [eux]-mêmes [leurs] outils de travail », à savoir, leur vélo et leur téléphone. Et ils sont payés à la course, c’est-à-dire que durant les « nombreux temps d’attente » entre la préparation d’une commande et sa livraison, ils restent « à la disposition des plateformes, sans être payés ». Exposés à tous les temps, ils voient en ce local une « précieuse avancée ». Voire un moyen de créer une « organisation collective ».
Ce lieu leur permettra ainsi de se réunir, tout en se mettant à l’abri de la pluie comme du froid ou de la chaleur. Et de se désaltérer. En clair, l’Adali voit en ce lieu la constitution d’un local professionnel palliant les manquements des plateformes.


