CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 96 du lundi 4 novembre 2024, retour sur la législative partielle qui se prépare en Isère.
« Aujourd’hui nous allons (encore) parler de la première circonscription de l’Isère. Dans notre précédente chronique, nous évoquions la démission du député Hugo Prévost, qui a quitté ses fonctions trois mois après son élection pour cause d’accusations de faits à caractère sexuel. À ce moment là, l’idée d’une élection législative partielle se tenant avant la fin de l’année 2024, et assez logiquement fin novembre ou début décembre, restait sensiblement privilégiée.
Sauf que ce n’est plus si évident. La préfecture de l’Isère n’a toujours pas annoncé les dates du scrutin, et beaucoup considèrent aujourd’hui qu’il pourrait se dérouler début janvier. En effet, l’élection doit légalement se tenir dans un délai de trois mois après le départ du député, et Hugo Prévost a officiellement déposé sa démission le 15 octobre. Autrement dit, le premier tour se déroulerait le dimanche 5 janvier 2025, et le second tour le 12. Mais il convient de rester prudent.
Les incertitudes sur la législative partielle
D’autres incertitudes planent sur cette législative. Concernant les candidats cette fois. À commencer par Olivier Véran, qui était le député sortant en début d’année avant d’être battu par Hugo Prévost, et qui semble prendre son temps pour décider s’il retente ou non sa chance.
Côté gauche, nous avons assisté à deux tentatives de parachutage de la part de la France Insoumise. La première, une candidature de Lucie Castets, a échoué car cette dernière a finalement renoncé. La seconde est une réussite : LFI a investi Lyes Louffok, lequel était candidat dans le Val-de-Marne en juin et juillet 2024, et avait été sèchement battu au second tour par le candidat de droite Sylvain Berrios.
Cette investiture ne plaît pas à tout le monde. Ce dimanche 3 novembre, le secrétaire national du PCF en personne, Fabien Roussel, a émis de sérieuses réserves sur la désignation de Lyes Louffok en Isère. Quant au PS, il avait investi pour candidate la conseillère départementale Amandine Germain, soit une façon de faire pression sur la gauche tout en assurant vouloir maintenir l’union du NFP.
Mais pas question semble-t-il pour LFI de lâcher cette circonscription, même après le fiasco Hugo Prévost. Va t‑on assister à un éclatement du NFP façon puzzle ? Là encore, il convient de rester très prudent.
Des résultats incertains
Et l’incertitude concerne aussi les résultats. En juin et juillet, Hugo Prévost l’avait emporté au second tour avec 1318 voix d’avance sur Olivier Véran, le tout sur fond de forte participation. Précisons que ce sont les voix grenobloises qui ont fait perdre le député sortant, alors que celui-ci était très largement en tête sur des communes comme Meylan, Corenc ou Bernin.
Mais le contexte était très différent, puisque la mobilisation pour empêcher le RN d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale battait son plein. Une abstention plus prononcée, pour cause de lassitude ou de digestion post-réveillon compliquée, pourrait potentiellement rebattre les cartes. Rien n’est donc joué d’avance, et le choix du parachutage côté LFI apparaît dès lors plutôt audacieux. Mais il aura le mérite de ravir les amoureux de la Coupe Icare ! »
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