FOCUS – Le Centre des arts du récit a présenté sa saison 2024-2025, avec 24 spectacles d’ores et déjà programmés jusqu’au Festival des Arts du récit. Mélangeant mythes et légendes, grande et petite histoire, intemporalité et modernité, il propose un programme riche et varié, à l’image de la tradition orale qu’il représente et défend.
C’est parti pour une nouvelle saison du Centre des arts du récit, plus que jamais décidé à faire vivre l’oralité sous toutes ses formes. Jeudi 12 septembre 2024, la directrice de l’association Stéphène Jourdain a présenté les 24 spectacles d’ores et déjà programmés d’ici le prochain Festival des Arts du récit. Une programmation qui n’est cependant pas complète, d’autres spectacles étant encore à prévoir dans des musées ou bibliothèques tout au long de la saison 2024-2025.
C’est une des particularités du conte, ou du récit oral en général, sur laquelle tient à insister la directrice. « La force de cette discipline, c’est d’être particulièrement mobile« . Ni acteur, ni lecteur, le conteur n’a besoin que de peu de matériel et peut s’adapter à (presque) toutes les configurations. Et ceci à destination de tous les publics, bien loin de l’image de contes qui ne seraient réservés qu’aux plus jeunes, Stéphène Jourdain soulignant l’importance d’avoir des spectacles « qui s’adressent à tous, mais avec différents niveaux de lectures« .
Les Arts du récit entre mythe, histoire et modernité
Cette année, la programmation de la saison 2024-2025 ne s’inscrit pas dans un thème général en prévision du Festival des Arts du récit. L’association se concentre sur la diversité des formes et des sujets, entre contes accompagnés de musique, conférences décalées ou encore théâtre-récit. Autant de spectacles qui peuvent tout autant aborder des mythes antiques que se pencher sur l’actualité la plus brûlante, fidèle à l’image d’une tradition orale qui se veut tout autant intemporelle et résolument moderne.

Avec le spectacle Shahada, la question du radicalisme religieux s’impose dans la programmation 2024-2025 des Arts du récit. © Debby Termonia
Pour preuve? Le spectacle Mission Artémis, présenté par Maxime Touron vendredi 20 septembre à La Faïencerie (La Tronche), où se mélangent mythologie grecque, conte autobiographique… et conquête spatiale. Ou Iphigénie à Slott, par Gary Owen et Georges Lini, jeudi 13 mars à L’Heure Bleue (Saint-Martin-d’Hères), inspiré d’un mythe grec pour mieux dérouler un récit à la Ken Loach, sur fond de désespoir, de beauté… et de musique post-rock servie par trois musiciens sur scène.
Actualité toujours avec Shahada, où Fida Mohissen et François Cervantes interrogent la radicalité religieuse en jouant le même personnage avec 20 ans d’écart. Deux âges se confrontent, dans l’esprit d’un homme qui a oscillé entre radicalisme islamique et passion du théâtre, « pour mieux comprendre son parcours, jusqu’à cette prise de conscience libératrice« . Un spectacle à voir le 8 novembre sur la scène du Grand théâtre de Grenoble.
De l’art d’avoir toujours raison… à la vie sexuelle des plantes
L’histoire s’invite encore dans la programmation, avec une « balade contée, musicale et trilingue« , Le Chant des partisanes, où sont mis en lumière le courage des résistantes d’hier et d’aujourd’hui, du Vercors d’hier à l’Ukraine ou la Lituanie d’aujourd’hui. Des « portraits de ces femmes luttant aux quatre coins de l’Europe, trop souvent invisibilisées et reléguées à la marge de l’histoire » décrit le Centre des Arts du récit, à retrouver au Musée de la Résistance de Grenoble les 21 et 22 septembre dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.
Actualité du passé comme du présent toujours, la compagnie Cassandre se penche sur la manipulation par le discours, jeudi 6 février au Grand Théâtre de Grenoble, autour de L’Art d’avoir toujours raison. Deux scientifiques « transmettent les techniques propagandistes et manipulatoires qui donneront l’assurance d’avoir toujours raison à celles et ceux qui les appliquent« … et in fine la certitude de remporter n’importe quelle élection.
Autre point fort de la programmation? La « pseudo-conférence drôle et facétieuse » De la sexualité des orchidées, une présentation du pouvoir reproducteur des fleurs via un « exposé brillant et comique« , les 20 et 21 novembre à l’Espace René-Proby (Saint-Martin-d’Hères), dans lequel Sofia Teillet mêle des éléments… de sa vie amoureuse. Un mélange de « discours scientifique et [de] digressions philosophiques avec un humour léger empreint de double sens« , à l’image somme toute de la richesse générale de la saison des Arts du récit.
Crédit photo de une: Le Chant des partisanes. © Christian Genin.











