EN BREF – France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes tire la sonnette d’alarme, le 23 juillet 2024 : « les clignotants passent au rouge » pour le loup, dont la survie en France serait menacée, pour la première fois depuis son retour dans les années 1990. L’association s’appuie sur les travaux du Groupe loup PP Alpes, qui a suivi en 2023 des meutes de loups vivant à l’est de la vallée du Rhône. En cause notamment, la forte augmentation des actes de braconnage.
« En 2024, pour la première fois depuis le retour naturel du loup en France dans les années 1990, tous les clignotants passent au rouge. » France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes (FNE AuRA) ne cache pas son inquiétude pour la survie de l’espèce, dans un communiqué publié mardi 23 juillet 2024. Selon les données de terrain, les actes de braconnage (tirs létaux illégaux, pièges à palette, collets, poisons) contre les loups semblent en effet « se banaliser » et « s’organiser« .

S’appuyant sur un rapport du Groupe loup PP Alpes, FNE s’inquiète pour la survie du loup à moyen et long terme, dans les Alpes, Préalpes et massifs provençaux. © Dfrancou, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
L’association se fonde essentiellement sur un rapport du Groupe loup piégeurs photographiques Alpes (GLPPA), qui a suivi 36 meutes de loups durant toute l’année 2023, dans les Alpes, les Préalpes et les massifs provençaux. Une structure indépendante, composée d’une trentaine de naturalistes bénévoles, dont le constat est loin d’être optimiste.
Le loup a recolonisé la France durant les 30 premières années
Pourtant, après le retour naturel du loup en France, en provenance d’Italie, dans les années 1990 – après 75 ans d’absence -, les premiers signaux avaient été positifs. « Durant les 30 premières années, la recolonisation des territoires français s’est déroulée conformément aux prévisions des biologistes« , indique FNE. « Bénéficiant d’une abondance de proies sauvages et d’une multitude de milieux naturels favorables, la progression du nombre de meutes a été régulière. »
Cette période a ainsi vu une majorité d’éleveurs, « malgré les difficultés« , finir par « cohabiter avec le loup« , selon l’association. L’animal, qui a permis de réguler sangliers, cerfs et chevreuils, a donc recommencé à peupler l’est de la vallée du Rhône, région regroupant quelque « 95 % des meutes françaises« , d’après le Groupe loup PP Alpes.
Une meute sur trois victime d’actes de braconnage
Mais depuis quelques années, des éléments défavorables sont apparus. FNE cite une « augmentation de 400 % des quotas de tirs dérogatoires létaux depuis 2018 » (209 loups peuvent être abattus en 2024), une faible installation de nouvelles meutes à l’ouest de la vallée du Rhône, « des taux de survie dégradés » ainsi qu’une « baisse de la productivité des meutes en 2023« .

De plus en plus de meutes sont victimes d’actes de braconnage : pièges à palette, collets, poisons, tirs létaux illégaux… DR
Conséquences : après trois décennies de hausse régulière, les effectifs se sont, dans le meilleur des cas, stabilisés entre 2022 et 2023, avec une estimation d’environ 1 000 loups à la fin de l’hiver 2022-2023. Une tendance qui pourrait même empirer dans les prochaines années.
Lors de son suivi réalisé en 2023, le Groupe loup PP Alpes a en effet constaté que près d’une meute sur trois (31 %) avait « possiblement ou certainement » été victime d’actes de braconnage. Par ailleurs, « 8 % des meutes suivies ont été éradiquées ou quasi-éradiquées par des actes hostiles légaux ou illégaux« , s’indignent les naturalistes.
La survie du loup menacée « à moyen et long terme »
Autre constat : « Le nombre de signalements d’actes de braconnage documentés par des images est en nette augmentation et touche une meute sur dix. » Le GLPPA tire donc clairement la sonnette d’alarme : « En 2024, pour la première fois, l’état de conservation de l’espèce se dégrade significativement et sa survie à moyen et long terme est menacée.«







