EN BREF – Le marché de « conception-réalisation process » pour le projet de nouvelle unité d’incinération et de valorisation énergétique (UIVE) des déchets sur le site Athanor de La Tronche a été adopté par le conseil métropolitain le 31 mai 2024. Non sans susciter quelques critiques de l’opposition sur le coût de l’opération, fixé à 167 602 719 euros pour ce seul marché et à 320 millions d’euros pour le projet global, avec prise en charge par sept intercommunalités.
La Métropole de Grenoble a approuvé, lors de son conseil métropolitain du 31 mai 2024, l’attribution du « marché de conception-réalisation process » pour la création d’une nouvelle unité d’incinération et de valorisation énergétique (UIVE) des déchets sur le site Athanor de La Tronche. Construit en 1972, l’actuel UIVE « est arrivé en fin de vie et doit évoluer pour répondre aux évolutions réglementaires et aux besoins du territoire« , explique l’intercommunalité.

La nouvelle unité d’incinération du site Athanor prévue pour 2029 doit assurer une meilleure valorisation énergétique, tout en réduisant les nuisances pour le voisinage. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Alors que l’inauguration du nouveau centre de tri des déchets recyclables du site Athanor est annoncée pour le 9 juillet 2024, le nouvel incinérateur devrait pour sa part voir le jour en 2029. Celui-ci aura pour vocation « d’incinérer les déchets qui ne sont ni recyclables ni valorisables en compost pour éviter leur enfouissement« . La récupération de sa chaleur permettra par ailleurs de produire de la vapeur d’eau destinée à alimenter le réseau de chaleur urbain et l’électricité nécessaire à ses besoins internes.
« La nouvelle unité sera dotée d’une capacité de traitement de 165 000 tonnes par an (contre 185 000 aujourd’hui), afin de correspondre aux baisses attendues de production de déchets et à l’optimisation du tri permettant leur recyclage« , explique la Métropole. Qui table sur une meilleure valorisation énergétique des déchets, malgré la baisse de tonnage. Le tout sur un site aux performances environnementales renforcées et aux nuisances (sonores et olfactives) pour l’environnement proche mieux maîtrisées.
Les réserves de l’opposition sur le projet d’unité d’incinération
Le marché, confié à l’entreprise Keppel Seghers pour un montant de 167 602 719 euros hors taxe, est pris en charge par les collectivités du Sud-Isère, dont 105 millions par la Métro. L’UIVE de la Tronche ne concerne en effet pas seulement les communes de la métropole grenobloise, mais aussi celle du Pays voironnais, du Grésivaudan, du Trièves, de l’Oisans, de la Matheysine et de Saint-Marcellin Vercors-Isère communauté. Le montant total du projet devrait, pour sa part, représenter 320 millions, a indiqué Lionel Coiffard durant le conseil métropolitain, dont 174 pris en charge par la Métropole.

Le projet de nouvelle unité d’incinération et de valorisation énergétique (UIVE) des déchets sur le site Athanor de La Tronche a franchi une nouvelle étape avec l’attribution du marché de conception-réalisation process. © Grenoble-Alpes Métropole
Un coût qui n’a pas échappé aux critiques de l’opposition. « Le projet était de l’ordre de 200 millions. On est aujourd’hui à 300 millions dans les projections alors que seul le marché des fours a été ouvert« , a ainsi fait remarquer l’élu Dominique Escaron, non sans dénoncer les « dérapages énormes » de la Métropole. Alain Carignon a, pour sa part, fait remarquer les retards pris par le projet et considéré que la Métropole votait les dépenses prévues avant de décider des recettes permettant de les financer.
« Ce projet a évolué dans un contexte économique et géopolitique complexe, du fait notamment de l’augmentation du coût des matières premières, de la fluctuation des prix d’achat et de vente de l’énergie, de l’augmentation des taux d’intérêt ou encore du fait d’une diminution du nombre de constructeurs de tels outils« , concède la Métropole. Qui assure toutefois que « le coût global de traitement projeté à la tonne reste maîtrisé à sa valeur initialement établie lors du lancement de l’opération, sous l’effet de la hausse des performances de valorisation énergétique« .
Crédit image de une © Métropole de Grenoble









