EN BREF – Jugé en appel depuis le 13 mai 2024, à Grenoble, Gabriel Fortin, surnommé « le tueur de DRH », a été condamné, mardi 28 mai 2024, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. La cour d’assises de l’Isère a ainsi confirmé la peine prononcée en première instance à l’encontre de l’ancien ingénieur de 49 ans, reconnu coupable de trois assassinats et d’une tentative d’assassinat, commis en 2021 dans le Haut-Rhin, la Drôme et l’Ardèche. Mais l’accusé a annoncé dès le lendemain se pourvoir en cassation.
Un verdict sans surprise, conforme aux réquisitions de l’avocat général et identique à celui prononcé en première instance, le 28 juin 2023, à Valence. Après plus de deux semaines d’audience, la cour d’assises de l’Isère a condamné, mardi 28 mai 2024, Gabriel Fortin, surnommé « le tueur de DRH », à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans.

La cour d’assises de l’Isère a condamné Gabriel Fortin à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans, confirmant la peine prononcée en première instance. © Manuel Pavard – Place Gre’net
L’ancien ingénieur de 49 ans a donc été reconnu de nouveau coupable des assassinats d’Estelle Luce, Géraldine Caclin – toutes deux DRH – et Patricia Pasquion, conseillère Pôle Emploi, ainsi que de la tentative d’assassinat de Bertrand Meichel, lui aussi DRH. Des crimes commis en juin 2021, lors d’un périple meurtrier de 48 heures entre le Haut-Rhin, la Drôme et l’Ardèche.
L’accusé a refusé de comparaître devant la cour
Comme leurs homologues de la cour d’assises de la Drôme, les jurés grenoblois ont retenu l’altération du discernement mais ont là encore écarté la diminution automatique de peine, suivant sur ce point la demande de l’avocat général. Gabriel Fortin, qui a refusé de s’exprimer et de comparaître devant la cour tout au long de l’audience, était une nouvelle fois absent du box des accusés à l’énoncé du jugement.
Si les parties civiles ont affiché leur soulagement en voyant sa condamnation à perpétuité confirmée, celles-ci n’en ont toutefois pas encore fini avec la procédure. L’accusé a en effet décidé, dès le lendemain du verdict, mercredi 29 mai, de former un pourvoi en cassation. Un choix qu’avaient déjà évoqué la veille ses avocats, Me Bertrand Sayn et et Me André Buffart.
Le pourvoi en cassation, « ultime provocation » de Gabriel Fortin
L’annonce n’a pas surpris les parties civiles, a réagi le jour même Me Hervé Gerbi, avocat des sœurs de Patricia Pasquion. « La célérité de ce pourvoi, quelques heures à peine après sa condamnation, démontre que le scénario était ruminé par lui depuis longtemps », a‑t-il estimé. Pour lui, « Gabriel Fortin épuisera toutes les voies de droit possibles ».

Me Hervé Gerbi, avocat des parties civiles, a qualifié le pourvoi en cassation de Gabriel Fortin « d’ultime provocation ». © Manuel Pavard – Place Gre’net
Me Gerbi a ainsi évoqué une « ultime provocation » et une « fuite en avant » de la part de l’ex-ingénieur. Et l’avocat de conclure : « Tout cela démontre à la fois combien la décision rendue était justifiée et nécessaire à la protection de tous mais interroge encore sur les limites de la loi et l’impossibilité d’une perpétuité réelle sur ce type de crimes en série. »


