EN BREF – Le diocèse de Grenoble-Vienne s’associe au diaconat protestant et aux associations Secours catholique, Le Habert – Hébergement Saint-Paul et Solidarité Saint-Martin pour lancer un appel face au nombre de jeunes majeurs étrangers isolés à la rue. Les structures ont besoin de dons pour financer un appartement, ainsi que de bénévoles et de familles d’accueil.
« Nous appelons chaque chrétien, mais plus largement chaque citoyen à se mobiliser pour prendre sa part dans l’accueil de ces jeunes. » Cet appel, c’est Marie-Claude Douchez, déléguée de la Pastorale des migrants pour le diocèse de Grenoble-Vienne, qui l’a lancé jeudi 7 décembre 2023, à l’occasion d’une réunion pour alerter sur la situation des jeunes étrangers isolés non reconnus mineurs. Et ceci au nom du diocèse, mais aussi du diaconat protestant et des associations Secours catholique, Le Habert et Solidarité Saint-Martin.

De gauche à droite : Élisabeth Michel (Solidarité Saint-Martin), Jean-Marc Eychenne (évêque Grenoble-Vienne), Marie-Claude Douchez (coordinatrice de la Pastorale des migrants), Jean-Marc Lefebvre (président du Diaconat protestant), Yves Doin (président du Habert – Saint-Paul), Marie-Noëlle Rouviere (coordinatrice Secours catholique) et Brigitte Gauthier (présidente Secours catholique). © Diocèse de Grenoble-Vienne
« Ces associations ne forment pas un collectif constitué qui se réunit régulièrement, mais nous nous mobilisons à l’appel de l’un ou l’autre d’entre nous lorsqu’une situation difficile se présente, concernant l’hébergement de personnes exilées », explique le diocèse de Grenoble-Vienne. Les différentes organisations avaient ainsi porté un message commun en 2015 pour l’accueil des personnes venant de Syrie, ou en 2022 pour celles venant d’Ukraine. « Nous nous connaissons bien et avons l’habitude de travailler ensemble sur ce sujet », ajoutent-elles.
Une cinquantaine de jeunes à la rue à Grenoble
Le sujet aujourd’hui ? « Ce qui nous préoccupe, c’est l’arrivée d’un nombre conséquent de jeunes mineurs étrangers sur l’Isère », résume le diocèse. Et de rappeler les règles en vigueur les concernant : ceux “évalués” mineurs sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, autrement dit le Département de l’Isère. Et les autres ? Ils « se retrouvent à la rue et sans autre ressource que la solidarité citoyenne », indiquent les associations. Une cinquantaine de jeunes étrangers seraient dans ce cas à Grenoble (voir encadré).

La question des jeunes étrangers majeurs isolés a donné lieu à de nombreuses manifestations en 2019 et 2020 à Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net
« Leur plus fort désir est d’aller à l’école, de se former dans l’espoir d’avoir une vie meilleure et plus digne. Or la formation est très liée à l’hébergement car il leur est impossible de suivre des cours quand ils n’ont pas dormi la veille et ne savent pas où ils vont dormir le soir », soulignent les différentes structures. « Nos associations sont prêtes à se mobiliser, mais nos capacités d’accueil et d’accompagnement ont besoin d’être renforcées », ajoutent-elles.
C’est pourquoi les structures lancent un appel aux “bonnes volontés”, soit pour soutenir le financement d’un appartement, soit pour devenir bénévole dans l’accompagnement du quotidien, soit enfin pour devenir famille d’accueil au sein d’un réseau de familles. La Pastorale des migrants du diocèse de Grenoble-Vienne se charge de recueillir les propositions qui seront faites après cet appel, par courriel ou téléphone (07 81 67 61 10).
À Grenoble, 91 jeunes étrangers sont suivis par les associations
Les associations indiquent accompagner 91 jeunes, en date du 4 décembre. 39 sont hébergés de façon stable, dont 16 par l’association Solidarité Saint-Martin, 6 dans des familles d’accueil, 6 par l’association Le Habert – Hébergement Saint-Paul, 4 par le réseau de familles d’accueil Essaie du diaconat protestant, 4 par le réseau de familles d’accueil L’Ouvre-porte et 3 « chez des compatriotes ».
« 52 jeunes sont encore à la rue aujourd’hui sans possibilité d’être scolarisés », notent donc les structures. La situation ne concerne toutefois évidemment pas que Grenoble. Depuis le vendredi 8 décembre, l’église du Saint-Sacrement est ainsi occupée par plusieurs dizaines de jeunes migrants. Olivier de Germay, archevêque de Lyon, « a choisi de ne pas demander l’intervention des forces de l’ordre mais plutôt de les accueillir en attendant qu’une solution soit trouvée », précise le dDiocèse.


