FOCUS – Deux gendarmes isérois étaient jugés1l’un deux étant absent à l’audience ce mardi 17 octobre 2023 devant le tribunal correctionnel de Grenoble, pour avoir laissé leur collègue ivre prendre le volant et provoquer un accident ayant entraîné la mort d’un couple de retraités, en février 2019, à Bourgoin-Jallieu. Ce sont les enfants des victimes qui avaient déposé plainte contre les deux militaires, respectivement pour « homicide involontaire » et « non-empêchement de délit ». Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre du premier prévenu mais a demandé en revanche la relaxe pour le second. Le jugement a été mis en délibéré au 14 novembre prochain.
« 2,54 grammes d’alcool, 18 pintes, cinq camarades. » Des chiffres qui illustrent, pour Me Hervé Gerbi, avocat des parties civiles, la « violence » des faits survenus le 26 février 2019, à Bourgoin-Jallieu. « Il n’y a peut-être pas seulement une faute morale, mais aussi une faute pénale« , ajoute-t-il. C’est à cette question que devait répondre le tribunal correctionnel de Grenoble, mardi 17 octobre 2023, en jugeant deux gendarmes pour avoir laissé leur collègue ivre prendre le volant et causer la mort, dans un accident, d’un couple de retraités isérois.

Me Hervé Gerbi aux côtés d’Olivier Duron, l’un des quatre enfants des deux retraités tués, à l’origine de la plainte contre les deux collègues du gendarme conducteur. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Un dossier « difficile et complexe« , souligne le procureur de la République Éric Vaillant, répétant à plusieurs reprises ce dernier adjectif lors de son réquisitoire. Car celui-ci se divise en deux affaires. D’abord celle concernant Loïc D., conducteur du véhicule impliqué. Ce jour-là, le gendarme avait quitté le Village des marques de Villefontaine, vers 19 heures, après avoir passé l’après-midi à boire dans un bistrot, avec quatre autres gendarmes.
Le conducteur jugé et condamné en comparution immédiate
À bord de sa voiture, son collègue Johan L. et leurs deux enfants respectifs. Moins de dix minutes après leur départ, sa puissante Hyundai, dont la vitesse était « largement excessive » d’après les témoignages rapportés par la présidente du tribunal, avait violemment percuté par l’arrière la Dacia de Geneviève et Florencio Duron, à l’arrêt dans des embouteillages. Les deux retraités, âgés de 69 et 71 ans, étaient décédés sur le coup.

La voiture du couple Duron a été broyée dans le choc, percutée par l’arrière par la Hyundai de Loïc D., contrôlé avec 2,54 g/L d’alcool. DR
Contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 2,54 grammes par litre de sang, Loïc D. a été jugé en comparution immédiate, le 28 février 2019, et condamné pour « homicide involontaire avec circonstances aggravantes » à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu. Mais pour les enfants du couple Duron, le conducteur, sorti de prison en septembre 2019, n’est pas le seul responsable de la mort de leurs parents.
Olivier Duron – le seul présent à l’audience -, sa sœur et ses deux frères ont ainsi déposé plainte, en se constituant parties civiles, en avril 2019, contre les quatre autres gendarmes, coupables selon eux de ne pas avoir empêché leur collègue de prendre le volant, malgré son état d’ébriété manifeste. Si un non-lieu a été rendu pour deux d’entre eux, au terme de l’instruction, les deux autres étaient convoqués devant le tribunal correctionnel ce mardi 17 octobre.
Un gendarme absent car il n’avait « pas les moyens financiers » de venir
Le passager du véhicule, Johan L., 40 ans, est poursuivi pour « homicide involontaire », tandis que Willy S., 45 ans, est prévenu de « non-empêchement de délit ». Mais le premier nommé était absent à l’audience. Résidant désormais en Guadeloupe, Johan L. est en arrêt de travail longue durée et n’avait « pas les moyens financiers » de se rendre à Grenoble, explique son avocate Me Amélie Larquier.
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 73 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous









