FOCUS – La mobilisation contre le projet de troisième tronçon du téléphérique de La Grave se poursuit dans les Hautes-Alpes. Plusieurs associations1Mountain Wilderness, La Grave autrement, les sections Hautes-Alpes, Paca et AuRA de France nature environnement (FNE), la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Paca et Biodiversité sous nos pieds ont ainsi déposé, mercredi 20 septembre 2023, un référé liberté visant la suspension immédiate des travaux, que la Société d’aménagement touristique de La Grave (SATG) s’apprêterait à lancer. Elles invoquent notamment la présence sur le site d’une espèce de plante protégée. Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs grimpé à 3000 mètres d’altitude sur le glacier de la Girose, dimanche 24 septembre, pour réclamer l’arrêt du chantier.
Le rejet de leur requête en référé suspension, le 27 juin 2023, par le tribunal administratif de Marseille ne les a nullement découragées. Mountain Wilderness, La Grave autrement, la Société alpine de protection de la nature – France nature environnement 05, FNE Paca, FNE AuRA, la LPO Paca et Biodiversité sous nos pieds ont déposé un nouveau recours, mercredi 20 septembre, contre le projet de troisième tronçon du téléphérique de La Grave (Hautes-Alpes). En l’occurrence, un référé liberté « visant la suspension immédiate des travaux« , indiquent les associations.

Le glacier de la Girose – où la SATG veut implanter le troisième tronçon du télépérique de La Grave – vu depuis le col du Ruillans. © Sophie Eymard – Place Gre’net
« Rotations d’hélicoptères, présence sur le rognon rocheux, piétinement et destruction d’habitat naturel d’intérêt communautaire… Tout laisse à penser que la Société d’aménagement touristique de la Grave (SATG) lance les travaux d’implantation« , affirment en effet les requérants, dans un communiqué. Et ce, sans attendre le jugement sur le fond du tribunal administratif, qui n’est pourtant prévu qu’en 2024.
La présence de l’Androsace du Dauphiné révélée sur le rognon rocheux
Les opposants au projet dénoncent ainsi un « passage en force » de la SATG (Sata Group), exploitante du téléphérique par délégation de service public. Parmi leurs principaux arguments pour bloquer la construction d’un troisième tronçon du téléphérique : la présence sur le site de l’Androsace du Dauphiné2Androsace delphinensis, espèce protégée au niveau national, révélée récemment par l’Office français de la biodiversité (OFB) et le laboratoire d’écologie alpine du CNRS (Université Grenoble Alpes, Université Savoie Mont-Blanc).

La présence sur le site de l’Androsace du Dauphiné, plante protégée, a été révélée par l’Office français de la biodiversité et le laboratoire d’écologie alpine. © Fabien Anthelme (CC BY-NC)
La découverte de cette plante rare sur le rognon rocheux du glacier de la Girose, à 3 300 mètres d’altitude, au cœur du massif des Écrins, a conduit les associations de protection de l’environnement à demander au préfet des Hautes-Alpes de « conditionner le démarrage des travaux à l’octroi d’une dérogation pour destruction d’espèces protégées« .
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