FLASH INFO – Entre 80 et 100 personnes ont manifesté ce jeudi 22 juin 2023 à Grenoble, en hommage au jeune Guinéen de 19 ans tué par le tir d’un policier, le 14 juin, lors d’un contrôle routier, près d’Angoulême (Charente). Si la police invoque un « refus d’obtempérer », les manifestants, réunis à l’appel de l’association Adali (Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants) et de la communauté guinéenne, dénoncent quant à eux une « bavure ».
Ils sont venus rendre hommage à Alhoussein Camara et demander que « lumière et justice soient faites« . Près d’une centaine de personnes1selon les organisateurs ont manifesté ce jeudi 22 juin 2023 entre la place Victor-Hugo et la préfecture, à Grenoble, après la mort de ce jeune Guinéen de 19 ans, tué par un policier lors d’un contrôle routier, le 14 juin, vers 4 heures du matin, dans la banlieue d’Angoulême (Charente).

Partis de la place Victor-Hugo, les manifestants ont défilé dans les rues du centre-ville jusqu’à la préfecture, en réclamant « justice » pour Alhoussein Camara. DR
Selon la police, l’agent aurait fait feu après un refus d’obtempérer de la part de l’automobiliste, qui l’aurait heurté aux jambes en tentant de prendre la fuite. Une version que mettent en doute les manifestants, rassemblés à l’appel de l’association Adali – de nombreux livreurs étant originaires de Guinée – et de la communauté guinéenne, avec le soutien de plusieurs partis de gauche, syndicats et associations.
« Est-ce que ça méritait la peine de mort ? »
« C’était juste un jeune travailleur qui allait prendre son travail dans l’entrepôt d’un supermarché. On est loin du “délinquant” prêt à “commettre une tentative d’homicide” décrit par le syndicat de police Alliance« , affirment ainsi les organisateurs dans le texte de l’appel à la manifestation.

Pour les manifestants, le jeune Guinéen a été victime d’une « bavure » policière, légitimée par une législation trop floue sur le refus d’obtempérer. DR
Ceux-ci posent également une série de questions : « Pourquoi a-t-il été contrôlé ? Soi-disant parce que sa voiture zigzaguait ! Il aurait refusé de s’arrêter : pourquoi a-t-il eu peur ? Un policier qui a fait usage de son arme aurait été heurté aux jambes et “légèrement blessé”. Est-ce que ça méritait la peine de mort ? »
« Le refus d’obtempérer devient un permis de tuer »
Après la marche blanche ayant réuni 800 à 1 000 personnes à Angoulême, samedi 17 juin, les organisateurs grenoblois disent « s’associer à la colère de la famille et des amis d’Alhoussein Camara« . Car selon eux, « ce n’est pas un drame isolé« . Et de préciser : « En 2022, en France, treize personnes ont été tuées par la police dans le cadre de contrôles de voitures. Cinq policiers ont été mis en examen l’an dernier dans le cadre de ces treize dossiers. »

Les organisateurs se sont succédé au mégaphone pour dénoncer le nombre croissant de personnes tuées lors de contrôles policiers, après un refus d’obtempérer. DR
Les manifestants mettent notamment en cause la définition de la « légitime défense » dans le Code de la sécurité intérieure (CSI), « particulièrement floue » d’après eux. Et ce, « dans un climat de surenchère sécuritaire, de répression et de violences policières, notamment à l’encontre des mouvements sociaux, qui encourage le sentiment d’impunité« , accusent-ils. « Dans ces conditions, le “refus d’obtempérer” devient un permis de tuer !«










