FLASH INFO – « Nous avons eu la surprise, suite à la demande émanant d’étudiant⸱es de l’UGA de faire face au refus de l’université de subventionner le Mois Décolonial mais surtout de ne pas prêter de salles pour accueillir des conférences« . Ainsi s’exprime l’équipe du Mois décolonial, dans une lettre ouverte adressée à la présidence de l’Université Grenoble-Alpes.
Alors que la seconde édition du Mois décolonial se tient à Grenoble en mars 2022, celle-ci serait donc privée de financement par l’Université. Lors de la première édition, une association étudiante avait pourtant obtenu 10 000 euros, rappelle le courrier. Non sans dénoncer un « blocage politique » quant à l’obtention d’une nouvelle subvention. Au motif que celle-ci irait « contre les chartes et les intérêts de l’université« .
Les organisateurs du Mois décolonial font en effet savoir que l’UGA leur a proposé d’organiser l’événement au mois de juin. « C’est qu’il est jugé pertinent, mais pas avant les élections présidentielles« , interprètent-ils. Et d’ajouter: « Nous nous apercevons d’une censure politique au sein de l’administration qui empêche d’ouvrir le débat à l’université dans une période qui lui est des plus propices« .

Yassine Lakhnech, président de l’Université Grenoble-Alpes. Le Mois décolonial accuse l’UGA de « mettre sous silence » l’événement pour des raisons politiques. © Soochow University
Au final, conclut le courrier, le refus de subventionner et d’accueillir sur le campus le Mois décolonial revient à « une mise sous silence d’une manifestation universitaire avec plus d’une dizaine d’événements prévus […], des dizaines d’étudiant⸱es et enseignant⸱es chercheur⸱euses impliqué⸱es dans l’organisation, plusieurs centaines d’étudiant⸱es participant à ces rencontres démocratiques, d’éducation populaire et de vulgarisation scientifique« .
Contactée par Place Gre’net, l’Université Grenoble-Alpes ne confirme pas le refus. Et fait savoir que « les demandes de subventions déposées par les associations étudiantes dans le cadre du mois décolonial sont en cours d’instruction« . Quand bien même celui-ci est déjà en cours? « Les subventions peuvent être attribuées de façon rétroactive« , assure l’UGA. Pour les prêts de salles, la chose sera probablement plus difficile.








