Éric Piolle, le favori assiégé à Grenoble

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PORTRAIT INTERACTIF – Le maire sortant Éric Piolle est grand favori de cette élection avec 36 % d’intentions de vote selon un sondage Ipsos – Sopra Steria réalisé en février pour Le Dauphiné libéré – Radio France, voire 40 % selon le dernier sondage commandé à l’Ifop par La République en marche. Il avait gagné l’élection de 2014 à la surprise générale, grâce une alliance des Verts et de la gauche. Un accord aujourd’hui encore unique en France pour une ville de cette taille. Six ans plus tard, le bilan est contrasté. Et le maire sortant attaqué de toutes parts.

 

 

À quelques jours du pre­mier tour, le QG de cam­pagne d’Éric Piolle rue Brocherie ne désem­plit pas. Membres de l’équipe Grenoble en com­mun, mais aussi citoyens dubi­ta­tifs ou déjà séduits se relayent dans le local.

 

Éric Piolle et Yann Mongaburu lors de la présentation de « Faites du vélo ». © Joël Kermabon - Place Gre'net

Éric Piolle et Yann Mongaburu lors de la pré­sen­ta­tion de « Faites du vélo ». © Joël Kermabon – Place Gre’net

En plein hyper-centre, dans les rues pié­tonnes qui bordent la place Notre-Dame, la visi­bi­lité est maxi­male. Alors les sou­tiens du maire sor­tant s’activent. Il faut aller récu­pé­rer les affiches et les col­ler dans la ville.

 

Éric Piolle arrive, tou­jours en Métrovélo et casque sur la tête. Jean, che­mise blanche et veste bleue, il a gardé l’uniforme de maire qu’il arbore depuis son élec­tion en 2014. Mais une chose a changé : le maire a aussi revêtu un cos­tume de rigi­dité, après six longues années à la tête de la capi­tale des Alpes.

 

Bien qu’avenant, le can­di­dat appa­raît tendu, fermé. Sans doute car la situa­tion s’est inver­sée depuis les der­nières muni­ci­pales. Du sta­tut d’outsider com­bat­tif et ras­sem­bleur, il est passé à celui de favori assiégé.

 

 

Une campagne agressive

 

Et cette fois, la cam­pagne est dif­fi­cile. Ses oppo­sants ne ratent pas une occa­sion de tirer à bou­lets rouges sur son bilan, sa manière de diri­ger la ville et son atti­tude en tant que can­di­dat. Mais sur­tout, les petites phrases assas­sines vont bon train.

 

Olivier Noblecourt, sou­tenu par le PS et éga­le­ment can­di­dat, a notam­ment accusé le maire sor­tant d’être res­pon­sable de la divi­sion de la gauche. Tandis que son colis­tier Stéphane Gemmani avait publié sur Twitter une fausse alerte enlè­ve­ment pour retrou­ver Élisa Martin. Et pour cause : sa pre­mière adjointe a été très peu visible dans la cam­pagne en dépit de sa deuxième place sur la liste d’Éric Piolle.

 

 

Face à ces attaques, le maire sor­tant appelle à « une cam­pagne res­pec­tueuse pour un débat démo­cra­tique serein ». Oubliant oppor­tu­né­ment au pas­sage que l’ex-premier adjoint de Michel Destot, Jérôme Safar, vient de dépo­ser une plainte en dif­fa­ma­tion contre sa liste et Manon Aubry.

 

 

Plainte en diffamation

 

La dépu­tée euro­péenne La France insou­mise a en effet dénoncé, dans une vidéo de sou­tien à Eric Piolle, une « cor­rup­tion […] endé­mique » et le « clien­té­lisme » des man­da­tures pré­cé­dentes. « L’équipe muni­ci­pale actuelle est la première à être signalée direc­te­ment par la chambre régionale des comptes pour soupçon de favo­ri­tisme depuis 1995… », a répondu Jérôme Safar. Ambiance.

 

Echange vif entre Olivier Noblecourt exprimant ses griefs contre le budget participatif et Pascal Clouaire, le promoteur du budget participatif et adjoint à la démocratie locale de Grenoble, lors de l'inauguration du Lîeu, le 16 janvier 2020 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Echange vif entre Olivier Noblecourt cri­tique contre le bud­get par­ti­ci­pa­tif et Pascal Clouaire, pro­mo­teur du bud­get par­ti­ci­pa­tif et adjoint à la démo­cra­tie locale de Grenoble, 16 jan­vier 2020 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le can­di­dat-maire réplique en chan­geant de sujet : « J’ai sou­vent l’im­pres­sion d’être à un congrès d’al­ter­mon­dia­listes : dans la parole, ils sont tous plus de gauche et plus éco­lo­gistes que moi ! Alors que nous voyons qu’entre l’an­cien maire cor­rompu, entre la can­di­date de la majo­rité pré­si­den­tielle et le can­di­dat du gou­ver­ne­ment, nous ne por­tons pas le même pro­jet pour Grenoble ! Dans cette cam­pagne, la pré­sence de l’an­cien maire cor­rompu tord un peu la donne : son usage per­ma­nent des fake news ou bien des pro­jets lunaires qu’il porte, donnent au débat une forme peu ordi­naire. » Et autant pour les petites phrases…

 

 

Un mandat bien préparé selon Éric Piolle

 

Campagne mou­ve­men­tée donc. Mais qu’en a‑t-il été du man­dat ? Au niveau per­son­nel, la tran­si­tion n’a pas tou­jours été simple pour Éric Piolle. « Les jour­nées ne sont pas exten­sibles et, for­cé­ment, consa­crer entre 80 et 100 heures au man­dat par semaine ça change la vie, et celle de mon entou­rage. Mais nous étions pré­pa­rés, et je veille à gar­der des moments dédiés pour ma famille, pour mes amis. Ménager sa liberté, ses espaces de res­pi­ra­tion, c’est la clé. »

 

Cliquez sur les + pour décou­vrir le por­trait inter­ac­tif d’Eric Piolle :

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Commentaires 2
  1. Faisons perdre le pseudo écolo à la sur­prise gené­rale, oust.

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  2. Le por­trait est connu depuis que Le Postillon l’a publié. Quelques extraits :
    • Peu à peu, on a com­pris que tout avait été pipé par un accord EELV-PG au plus haut niveau avec Mélenchon. Il avait besoin d’apparaître « écolo-com­pa­tible » donc il a sou­tenu à mort ce rassem¬blement gre­no­blois très média­tisé.
    • Qui aurait pu croire que les sym­pa­thiques éco­los se com­portent comme des sta­li­niens des années 50 ?
    • Le Politburo ne vou­lait pas qu’une vota­tion puisse bous­cu­ler ses plans. Mettre en place le dis­po­si­tif « péti­tion + vote » c’était juste pour rendre l’illusion de la co-construc­tion et de la concer­ta­tion. Au final, c’est une véri­table impos­ture.
    • Ou bien Piolle disait : « Je ne suis pas d’accord avec vous, ça se pas­sera comme ça, point barre. » Dans les réunions, comme il fait au Conseil muni­ci­pal, il pre­nait tou­jours la parole en der­nier et sif­flait la fin de la récré. En gros « c’est moi le chef, même si j’ai pas de cra­vate ». Et Elisa Martin acquies­çait.
    etc

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