Municipales à Grenoble : Olivier Noblecourt accuse Éric Piolle de diviser la gauche

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FOCUS – Pour Olivier Noblecourt, le maire sortant est responsable de la fracture de la gauche aux élections municipales. Il appelle les Grenoblois à voter pour Grenoble Nouvel Air et refuse toute alliance avec Émilie Chalas et Éric Piolle.

 

 

Olivier Noblecourt et ses colistiers ont accusé le maire sortant Éric Piolle de diviser la gauche ce mercredi 3 mars 2020, devant l'ancien parlement. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Olivier Noblecourt et ses colis­tiers ont accusé le maire sor­tant Éric Piolle de divi­ser la gauche ce mer­credi 3 mars 2020, devant l’an­cien par­le­ment. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

« Nous sommes la seule liste à incar­ner une véri­table alter­na­tive cré­dible pour Grenoble. » Les mots du can­di­dat de Grenoble Nouvel Air sont clairs. Olivier Noblecourt fus­tige le choix du maire sor­tant, qui « refuse d’élargir le ras­sem­ble­ment et consi­dère les autres listes de gauche comme incom­pa­tibles avec la sienne. » De même, il dénonce le dog­ma­tisme de la muni­ci­pa­lité dans la conduite de sa poli­tique. « Éric Piolle, c’est le 49 – 3 per­ma­nent », lâche le can­di­dat.

 

 

Selon Olivier Noblecourt, Éric Piolle aurait peur de son bilan

 

Pour lui, le constat est sans appel : Éric Piolle est res­pon­sable de la divi­sion de la gauche à Grenoble. « Le ras­sem­ble­ment est tou­jours la res­pon­sa­bi­lité du plus fort », explique-t-il. « Quand le PS était au pou­voir, il a fait l’erreur de ne pas s’ouvrir. Cette fois-ci, c’est au tour d’Éric Piolle de faire cette erreur. »

 

Eric Piolle. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Olivier Noblecourt accuse Eric Piolle d’être res­pon­sable de la divi­sion de la gauche aux élec­tions muni­ci­pales. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

Il demande donc aux élec­teurs de se baser sur le bilan du maire sor­tant pour faire leur choix. Un bilan dont Éric Piolle a « peur, car il ne le défend pas et il ne l’assume pas devant les Grenoblois », tranche Sarah Boukkala, colis­tière et membre du Parti radi­cal de gauche (PRG).

 

« Quand on se dit de gauche, il faut accep­ter d’être jugé sur ses actions envers les plus pré­caires, et à ce niveau-là, le compte n’y est pas », com­plète-t-elle.

 

 

Jeu, set et match

 

Grenoble Nouvel Air assure que tout se jouera au pre­mier tour. Ainsi, Olivier Noblecourt exhorte les Grenoblois à « se sen­tir libres de voter pour leurs convic­tions plu­tôt que pour une pos­ture. » C’est-à-dire à voter pour sa liste contre celle d’Éric Piolle, sans avoir peur de lais­ser un bou­le­vard à Alain Carignon, l’an­cien maire de Grenoble.

 

Alain Carignon a fait un retour remarqué au conseil municipal. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Olivier Noblecourt ne craint pas une per­cée d’Alain Carignon, cré­dité de 20 % d’in­ten­tions de vote selon le der­nier son­dage. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

 

Pour lui, en effet, les 20 % du can­di­dat de la droite au der­nier son­dage ne sont pas signi­fi­ca­tifs. « Il n’y a pas de risque Carignon. Il est en panne de dyna­mique. Il nous avait pro­mis une vague, on assiste à une vague­lette », iro­nise-t-il. Et de ren­ché­rir que « Grenoble est soli­de­ment ancrée à gauche. »

 

 

Émilie Chalas balayée ?

 

A LREM, les candidats aux municipales sont dûment coachés. A Grenoble, les colistiers d'Emilie Chalas aussi. Ils ont droit à leur guide du parfait candidat.

Pour Olivier Noblecourt, Émilie Chalas est décré­di­bi­li­sée par les actions du gou­ver­ne­ment et son atti­tude agres­sive.

Pas de sou­cis à se faire non plus du côté d’Émilie Chalas, qu’il consi­dère en perte de vitesse et balayée par le recours au 43.9 du gou­ver­ne­ment sur la réforme des retraites. Olivier Noblecourt regrette éga­le­ment « l’agressivité incon­trô­lée de la tête de liste LREM, ainsi que ses men­songes. » De quoi ren­for­cer la déci­sion de Grenoble Nouvel Air de refu­ser toute forme d’alliance. Sans comp­ter l’appel récent de 11 mar­cheurs à voter pour Olivier Noblecourt, qui tombe comme du pain béni.

 

 

Une possible alliance au second tour

 

Alors, pas d’alliance au pre­mier tour, mais quid du second ? A priori, pas d’alliance non plus. Sauf à voir une per­cée d’Alain Carignon, fort peu pro­bable selon le can­di­dat. Dans ce cas, une alliance avec Éric Piolle ne serait alors pas à écar­ter pour évi­ter l’élection de l’ancien maire de Grenoble, condamné en 1996 pour cor­rup­tion.

 

Présentation du projet de la liste Noblecourt ce 30 janvier. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Olivier Noblecourt. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Mais com­ment se ras­sem­bler autour d’un bilan et d’un pro­gramme lar­ge­ment cri­ti­qués par Grenoble Nouvel Air ? « Il ne faut pas confondre les désac­cords poli­tiques que nous avons avec Éric Piolle et notre pro­fond rejet des valeurs por­tées par Alain Carignon », tem­père Olivier Noblecourt.

 

Si le risque est réel à ses yeux, la liste fera tout pour que le can­di­dat de droite ne passe pas. Mais pour l’heure, ses membres croient dur comme fer en sa capa­cité à gagner l’élection.

 

Anissa Duport-Levanti

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 7
  1. Noblecourt de gauche ? Non il releve de la ten­dance nou­vel air déjà vu : la macro­nie . En fait l’an­cien Monde gis­car­dien qui reven­diquent aussi d’a­voir du coeur 🙂
    Mais il a pari­cipé à SAFAR et DESTOP 3 eme man­da­ture

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  2. Noblecouet et Chalas même com­bat . ils par­ti­cipent de la macro­nie pas noble du court. Ils man­gents à tous les rate­liers his­toire de faire car­riere. Je crois qu’il a par­ti­cipé à l’ac­tuel gou­ver­ne­ment à l’aug­men­ta­tion de la misère ces der­nieres années

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  3. Ce n’est pas Noblecourt qui pro­po­sait l’in­verse à Piolle il y a quelques jours comme lors des elec­tions en 2014, ce qu’a­vait refusé Safar ? Aurai-je mal com­pris ?

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  4. L’alternance se jouera au 1er tour ! Avec cette décla­ra­tion, Grenoble Nouvel Air dit clai­re­ment qu’il ne faut pas attendre des fusions com­pli­quées avec des dis­tri­bu­tions de places entre lea­ders de micro groupes. Ils ont un pro­gramme pour gou­ver­ner la ville et la métro­pole. Et ils assument les res­pon­sa­bi­li­tés à prendre, loin des stra­té­gies par­ti­sanes natio­nales Bravo. Rufin et Autain, res­tez à Paris!!!

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  5. je ne crois pas. Les gau­chistes sont capables de s’en­tre­tuer, mais dès qu’ils sen­ti­ront le vrai dan­ger de perdre les élec­tions, ils vont cou­cher et orgas­mer ensemble sans pro­blèmes. On a vu ça avant avec le copain de O. Noblecourt Jerome Safar, qui a essayé de se gref­fer sur la bande de Piolle, mais sans succes

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  6. En tous cas, la gauche pro bur­quini (éco­lo­gique ?) on sait clai­re­ment qui c’est : c’est le maire sor­tant, avec Céline Deslattes sur sa liste.

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  7. Bonjour
    Mr NOBLECOURT heu­reu­se­ment que les Grenobloises et Grenoblois ne connaissent pas votre bilan…
    Je pense même que votre façon de faire de la poli­tique accroît l’abs­ten­tion.
    Les sui­veurs de la liste devraient se ren­sei­gner et je vous pro­mets que plus de la moi­tié enle­ve­rait au mini­mum leurs sou­tiens.
    Mais bon nous n’a­vons droit que à la par­tie com­men­taire des jour­naux.
    Cette cam­pagne des muni­ci­pales a Grenoble et son agglo­mé­ra­tion va coû­ter très cher aux habi­tants. Des assem­blages contre nature et des poli­tiques sans connais­sance du monde qui les entoure. Mais le pire dans tout ceci est le manque d’in­for­ma­tions pour que les votants soient éclai­rés.
    Beaucoup de poli­tique n’ont pas hésité a mar­cher sur nos enfants pour être élu .….mais bon nous n’a­vons pas le droit à la parole juste aux com­men­taires.

    En atten­dant lais­sons le couple MEDIAS POLITIQUES nous comp­ter une ber­ceuse

    …MATHIEU Marjorie

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