Un rassemblement pro-Kurdes pour la vérité sur l’assassinat de trois militantes en 2013

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FIL INFO – Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, ce vendredi 10 janvier en fin d’après-midi rue Félix-Poulat à Grenoble pour demander la vérité sur la mort de trois militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013. Autre objectif du rassemblement : exiger la libération de l’ancien leader pro-kurde Selahattin Demirtaş qui serait en danger de mort.

 

 

Rassemblement ce 10 janvier 2020 pour demander la vérité sur la mort de trois militantes kurdes et exiger la libération d'un ancien leader pro-kurde.Il y a sept ans, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez,

trois mili­tantes kurdes, étaient assas­si­nées à Paris. Les pre­miers résul­tats de l’enquête fran­çaise ten­daient à accré­di­ter la thèse d’une impli­ca­tion des ser­vices secrets turcs, en rai­son des liens entre le prin­ci­pal sus­pect et l’organisme de ren­sei­gne­ment turc, le MIT. Mais l’af­faire n’a, à ce jour, tou­jours pas été élu­ci­dée, ni jugée.

 

Pour l’association isé­roise des amis des Kurdes (Aiak), il ne fait tou­te­fois aucun doute que ces meurtres ont été com­man­di­tés par l’état turc. Celle-ci dénonce en outre la pas­si­vité com­plice de la jus­tice fran­çaise, qui aurait « laissé traî­ner » l’enquête jusqu’en 2016, puis « suite à l’insistance des familles des vic­times, a fina­le­ment fixé la date du pro­cès au 5 décembre 2016, avant de le repous­ser, sans moti­va­tion, au 23 jan­vier 2017. »

 

 

Complicité de l’État français ?

 

Le ras­sem­ble­ment pro-kurde a réuni une cin­quante de per­sonnes hier soir, rue Félix-Poulat. © Anissa Duport-Levanti

Pour l’Aiak, la mort en pri­son en 2016 du sus­pect du triple homi­cide, Ömer Güney, des suites d’un can­cer du cer­veau montre la conni­vence de l’appareil judi­ciaire fran­çais.

« Bien que l’État fran­çais ait été au cou­rant de l’état de santé du sus­pect, il a empê­ché la tenue rapide du pro­cès. Ainsi, en fai­sant traî­ner l’affaire, on a empê­ché que la jus­tice soit ren­due », peut-on lire sur l’ap­pel au ras­sem­ble­ment

 

 

L’ancien leader pro-kurde en danger de mort

 

La mobi­li­sa­tion qui a réuni une cin­quan­taine de per­sonnes rue Félix-Poulat avait éga­le­ment pour but d’appeler à la libé­ra­tion de l’ancien pré­sident du Parti démo­cra­tique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş, empri­sonné en Turquie depuis trois ans. L’association affirme qu’il n’est pas soi­gné cor­rec­te­ment mal­gré des pro­blèmes de santé, dont une pos­sible crise car­diaque sur­ve­nue le 26 novembre 2019. Il n’aurait été trans­féré à l’hôpital qu’une semaine plus tard.

 

« Le pré­sident Recep Tayyip Erdogan met tout en œuvre pour étouf­fer le débat démo­cra­tique, taire toute contes­ta­tion. Il veut en finir avec les oppo­sants à sa poli­tique, régu­liè­re­ment accu­sés de “ter­ro­risme”, mar­tèle l’Aiak.

 

L’association appelle éga­le­ment à la libé­ra­tion des jour­na­listes empri­son­nés. Au total, ils seraient au nombre de 47 actuel­le­ment déte­nus dans le pays, alors que « des dizaines d’autres jour­na­listes sont encore sous le coup d’un pro­cès ou ont été condam­nés à des peines d’emprisonnement et libé­rés en atten­dant leur appel », selon le Comité pour la pro­tec­tion des jour­na­listes (CPJ).

 

Anissa Duport-Levanti

 

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