La CFDT a rejoint le mouvement pour la première fois ce mardi 17 décembre. L'objectif principal : la suppression de l'âge pivot. © Anissa Duport-Levanti - placegrenet.fr

Retraites : la mobilisation reste forte à Grenoble avec le renfort de la CFDT

Retraites : la mobilisation reste forte à Grenoble avec le renfort de la CFDT

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FOCUS – Comme un peu partout en France, Grenoble a vécu aux rythmes des manifestations, ce mardi 17 décembre. Nouveauté, cette fois : la présence de la CFDT dans le cortège contre la réforme des retraites. Une première depuis le début de la mobilisation. À noter également, la mobilisation des pompiers dans les rues de Grenoble.

 

 

La CFDT a rejoint le mouvement pour la première fois ce mardi 17 décembre. L'objectif principal : la suppression de l'âge pivot. © Anissa Duport-Levanti - placegrenet.fr

La CFDT a rejoint le mou­ve­ment pour la pre­mière fois ce mardi 17 décembre. L’objectif prin­ci­pal : la sup­pres­sion de l’âge pivot. © Anissa Duport-Levanti – pla​ce​gre​net​.fr

Ils étaient 8 800 selon la police et 12 500 selon les syn­di­cats : les mani­fes­tants ont à nou­veau défilé dans les rues de Grenoble, ce mardi 17 décembre. Une mobi­li­sa­tion impor­tante donc, mar­quée par un évé­ne­ment de taille : la pré­sence de la CFDT au sein du cor­tège. Signe par­ti­cu­lier de ce syn­di­cat dit réfor­miste : il ne s’op­pose glo­ba­le­ment pas à l’ins­tau­ra­tion de la retraite à points que sou­haite le gouvernement.

 

« Sur le fond, la réforme va dans notre sens », explique Philippe Caullireau, secré­taire adjoint de la CFDT Isère. Pour cette rai­son, la CFDT a choisi de se pla­cer en fin de cor­tège. Une façon de mon­trer sa semi-adhé­sion avec le reste du mou­ve­ment, qui lutte pour la sup­pres­sion pure et simple de la réforme.

 

© Anissa Duport-Levanti – Placegrenet​.fr

 

 

 

DES POMPIERS TRÈS EN COLÈRE

 

Environ 80 pom­piers étaient pré­sents dans le cor­tège gre­no­blois pour mani­fes­ter leur colère. © Jules Glénat – pla​ce​gre​net​.fr

Particulièrement pré­sents dans les mani­fes­ta­tions ces der­nières semaines, les pom­piers se mobi­lisent aussi à Grenoble pour mon­trer leur ras-le-bol.

 

Pénibilité non recon­nue, manque d’ef­fec­tifs et prime de risque non reva­lo­ri­sée depuis près de trente ans… Selon eux, la situa­tion n’est plus tenable.

 

« En Isère, il manque 80 pom­piers pour cou­vrir effi­ca­ce­ment le risque », dénonce Thierry Granger, adju­dant-chef à la caserne de Grenoble et repré­sen­tant CGT du per­son­nel. Pompier de ter­rain depuis plus de trente ans, il devrait tou­cher 1 800 euros une fois à la retraite. « Tous les mois, on sur-cotise pour pou­voir par­tir à la retraite cinq ans plus tôt, en rai­son de la dif­fi­culté de ce tra­vail, mais avec la réforme on n’a aucune garan­tie que ça sera main­tenu ! Déjà que je vais perdre au moins 500 euros par mois, si en plus je dois tra­vailler jusqu’à 62 ans… », s’alarme-t-il.

 

Environ 70 % de grévistes chez les pompiers

 

Sur les quatre casernes locales, les pom­piers comptent envi­ron 70 % de gré­vistes. « Ça ne se voit pas car notre droit de grève est res­treint. On est réqui­si­tion­nés », explique Thierry Granger. « Les 70 ou 80 pom­piers pré­sents aujourd’hui sont tous en repos. Sinon, ils ne pour­raient pas être là. »

 

Pour l’ad­ju­dant-chef, le gou­ver­ne­ment va éga­le­ment rendre le sta­tut de pom­pier inéga­li­taire, en rai­son d’une péni­bi­lité négo­ciable par branche. « Clairement, comme tout se fait au niveau dépar­te­men­tal, ça veut dire qu’un pom­pier d’Ile-de-France pourra avoir la prime de péni­bi­lité alors qu’un pom­pier d’Isère pourra ne pas la tou­cher », affirme-t-il.

 

« Peut-être que notre sta­tut sera dif­fé­rent de celui des poli­ciers car on a plus besoin d’eux que des pom­piers dans les rues en ce moment », se ques­tionne l’adjudant-chef. Les pom­piers isé­rois ne comptent, en tout cas, pas arrê­ter la mobi­li­sa­tion et seront en grève – res­treinte – jusqu’au 14 janvier.

 

 

L’introduction de l’âge pivot à 64 ans, casus belli pour la CFDT

 

Pour la CFDT, il est nor­mal de tra­vailler plus long­temps avec l’al­lon­ge­ment de la durée de vie. « Toutefois, nous dénon­çons le fait d’entreprendre une réforme éco­no­mique en même temps que la réforme des retraites, car il n’y a pas le feu aux caisses de retraite », iro­nise le secré­taire-adjoint de l’organisation.

 

CFDT et CGT sont d'accord sur le rejet d'une retraite par capitalisation, qui ferait la part belle aux fonds de pension. © Anissa Duport-Levanti - placegrenet.fr

CFDT et CGT sont d’ac­cord sur le rejet d’une retraite par capi­ta­li­sa­tion, qui ferait la part belle aux fonds de pen­sion. © Anissa Duport-Levanti – pla​ce​gre​net​.fr

C’est ce point, mais sur­tout l’introduction de l’âge pivot à 64 ans, qui a poussé la CFDT à rejoindre le mou­ve­ment. « Une ligne rouge a été fran­chie », mar­tèle Philippe Caullireau, repre­nant les paroles de Laurent Berger, secré­taire géné­ral du syndicat.

 

Celui-ci recon­naît éga­le­ment que le contexte de ras-le-bol géné­ral face à des ser­vices publics en grande souf­france nour­rit la volonté de mobilisation.

 

 

Pourquoi l’âge pivot pose-t-il problème ?

 

Le gou­ver­ne­ment compte ins­tau­rer un malus pour les per­sonnes pre­nant leur retraite avant l’âge de 64 ans, même s’ils ont cotisé tous leurs tri­mestres, et un bonus pour ceux choi­sis­sant de tra­vailler après cet âge pivot. D’autre part, les per­sonnes n’ayant pas fini de coti­ser mais choi­sis­sant de par­tir à 64 ans se ver­ront appli­quer une décote de pen­sion en fonc­tion du nombre de tri­mestres man­quants, bien qu’ayant déjà une retraite amputée.

 

« C’est vrai­ment ce point pré­cis qui m’a fait des­cendre dans la rue », témoigne Martin Ribière, infor­ma­ti­cien dans l’administration publique et délé­gué CFDT du per­son­nel. « Je suis par­ti­san d’un sys­tème à points car je pense qu’un sys­tème uni­ver­sel où les mêmes règles s’appliquent à tous per­met­tra plus d’égalité. Mais ce qui pose pro­blème, c’est la manière de le faire. Par exemple, que le gou­ver­ne­ment demande à quelqu’un comme Jean-Pierre Delevoye de por­ter ce pro­jet décré­di­bi­lise toute la démarche et lui fait perdre en légi­ti­mité », regrette-t-il.

 

Du rififi entre Matignon et Jean-Pierre Delevoye

 

Le haut-com­mis­saire à la réforme des retraites a démis­sionné lundi 16 décembre après que le grand public a décou­vert qu’il cumu­lait treize man­dats en paral­lèle de sa mis­sion. Une situa­tion non seule­ment contraire à la Constitution mais qui pour­rait éga­le­ment rele­ver du conflit d’intérêts.

 

Alors que Matignon se défend de tout « man­que­ment », affir­mant ne pas avoir été pré­venu de ces cumuls, Le Monde vient de dévoi­ler que Jean-Pierre Delevoye les avait pour­tant décla­rés à la Haute Autorité pour la trans­pa­rence de la vie publique (HATVP) dès octobre 2017.

 

La CGT s’est féli­ci­tée d’une forte pré­sence des délé­ga­tions d’en­tre­prises et des ser­vices publics. © Anissa Duport-Levanti – pla​ce​gre​net​.fr

Du côté de la CGT, on se réjouit de cette conver­gence avec le syn­di­cat réfor­miste, mal­gré quelques bémols : « On ne peut pas faire abs­trac­tion des dif­fé­rences de fond, notam­ment sur l’âge de départ à la retraite », sou­ligne Franck Boyer, de la CGT Cheminots Grenoble. Lors de l’assemblée géné­rale qui s’est tenue à la Bourse du tra­vail ce mardi après-midi, l’heure était tou­te­fois à la satisfaction.

 

« La mobi­li­sa­tion était à la hau­teur de celle du 5 décembre, avec une pré­sence très mar­quée de toutes les entre­prises et ser­vices publics, ce qui montre bien que le mou­ve­ment s’ancre dans toutes les entre­prises », affirme Franck Boyer. Et celui de noter éga­le­ment la forte mobi­li­sa­tion des jeunes et des enseignants.

 

L’intersyndicale recon­duira le mou­ve­ment et appelle à une action col­lec­tive jeudi. Un ras­sem­ble­ment devrait avoir lieu devant la chambre de com­merce en début d’après-midi.

 

Anissa Duport-Levanti

 

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ADu

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