Très forte mobilisation à Grenoble contre la réforme des retraites : le bras de fer ne fait que commencer

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REPORTAGE VIDÉO – Très forte mobilisation pour la journée de grève contre la réforme des retraites, ce jeudi 5 décembre à Grenoble. Pas moins de 12 500 personnes selon la police, 30 000 pour les syndicats ont ainsi manifesté contre le projet gouvernemental et, plus largement, contre la précarité et la « casse des services publics ». Et elles ne comptent pas s’arrêter là…

 

 

Le cours Jean-Jaurès noir de monde pourprotester contre la réforme des retraites. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le cours Jean-Jaurès noir de monde. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Fonctionnaires, agents territoriaux, personnels hospitaliers, agents de la Tag, étudiants, enseignants, lycéens, gilets jaunes, artistes… La participation à la journée de grève intersyndicale contre la réforme des retraites a été massive ce jeudi 5 décembre à Grenoble.

 

En témoigne la grande manifestation à l’appel de neuf syndicats qui a rassemblé 12 500 manifestants selon la police, 30 000 selon les organisateurs. « C’est une très forte mobilisation dans le public comme dans le privé », s’est réjoui Nicolas Benoît, le secrétaire départemental de la CGT Isère.

 

Dans la foule, si tous étaient bien déterminés « à ne pas lâcher l’affaire » des retraites, d’autres préoccupations nourrissaient les inquiétudes. Notamment la précarisation « rampante des classes moyennes » et la « casse des services publics » dont l’État est tenu pour responsable.

 

 

Quelques tensions au centre-ville après la dispersion de la manifestation

 

La manifestation s’est déroulée dans le calme jusqu’à sa dispersion sur l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Là, les syndicats ont appelé à réitérer « une mobilisation qui a tenu ses promesses ». Pour ces derniers, « une seule journée de grève ne mène généralement pas au succès ». Aussi ne faut-il « rien lâcher ! », ont-ils lancé à la petite foule de manifestants.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Après quoi un groupe d’environ 300 personnes a joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans le centre-ville. Face-à-face tendus, feux de poubelles, barrières renversées… Mais aucune dégradation de commerces ou de bâtiments. Et le calme est revenu dès 16 heures.

 

Les services de police signalent par ailleurs avoir procédé à deux interpellations lors de la manifestation. Elles ont ainsi placé en garde à vue un homme de 26 ans détenteur d’un poing américain et un autre de 47 ans porteur d’un couteau.

 

Retour en images sur quelques séquences de cette manifestation grenobloise qui s’est achevée sur le coup de 13 heures, au son du slogan « Macron, démission ! », crié à tue-tête.

 

 

 

Les grandes lignes de la réforme des retraites dévoilées lundi 9 décembre

 

Face à cette levée de boucliers, le président Emmanuel Macron s’est dit « calme et déterminé à mener cette réforme, dans l’écoute et la consultation », a assuré l’Élysée. « Il reste des marges pour négocier et le système prendra en compte les situations spécifiques », a déclaré de son côté Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. Reste que, pour l’heure, les grandes lignes de la réforme des retraites sont encore floues. Le Premier ministre Édouard Philippe devrait les dévoiler ce lundi 9 décembre.

 

Les personnels du CHU de Grenoble en grève ont également manifesté contre la réforme des retraites. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les personnels du CHU de Grenoble en grève ont également manifesté contre la réforme des retraites. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Plus localement, quelques voix se sont fait entendre. « Cette réforme sera juste », explique Olivier Véran, député de la 1re circonscription. « Universalité, équité, responsabilité : ce sont ces trois principes qui fondent ce projet de réforme qui pérennise le système de répartition et met l’accent sur la solidarité en protégeant d’avantage les plus fragiles », précise-t-il.

 

Un peu d'humour ne gâche rien... © Joël Kermabon - Place Gre'net

Un peu d’humour ne gâche rien… © Joël Kermabon – Place Gre’net

Grenoble en commun, le collectif soutenant le candidat Éric Piolle, a également réagi. Les signataires* du communiqué fustigent « les ultra-libéraux [qui] veulent faire porter au seul individu les inégalités et la violence du système ». « Nous, affirmons que la protection dans la vieillesse, la jeunesse, l’emploi ou la maladie est l’affaire de tous ! », clament-ils.

 

 

Le bras de fer contre la réforme ne fait que commencer

 

Sur le front syndical, la lutte continue. Après cette petite victoire, le bras de fer ne fait que commencer. La CGT cheminots Isère a d’ores et déjà voté la reconduction de la grève pour ce vendredi 6 décembre. Qu’en sera-t-il dans les autres secteurs où certains syndicats ont déposé des préavis jusqu’à ce lundi 9 décembre inclus ? Le début de la semaine prochaine devrait être décisif et constituer le moment clé de la poursuite (ou non) du mouvement.

 

Joël Kermabon

 

* Clara Dadole, Alan Confesson, Chloé Pantel, Laura Pfizer, Nicolas Beron Perez, Monique Hannoun, Hugo Prévost, Isabelle Peters, Céline Deslattes et Éric Piolle

 

 

Nombre de manifestants en Isère… selon les syndicats et la préfecture

 

Les syndicats ont dénombré 30 000 manifestants à Grenoble, 4 000 à Bourgoin-Jallieu, 2 000 à Roussillon et 600 à la Tour-du-Pin.

 

La préfecture de l’Isère déclare, quant à elle, avoir comptabilisé 12 500 personnes à Grenoble, 350 à La Tour-du-Pin et 1 600 à Bourgoin-Jailleu et Roussillon.

 

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Commentaires 2
  1. Grenoble quoi en commun, la bande du maire en place, n’a rien a dire sur la pollution massive générée par la grève des transports qui force les gens à prendre leur voiture ? Oubliée la planète ?

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  2. Ce qui est épouvantable c’est le niveau des connaissances économiques dans ce pays.

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