21e Rencontres ciné montagne de Grenoble : la montagne sous toutes ses faces… sans la Région

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FOCUS – La 21e édition des Rencontres ciné montagne organisée par la Ville de Grenoble retrouve son camp de base du Palais des sports Pierre Mendès-France du 5 au 9 novembre. Au programme, entre autres animations, cinq soirées thématiques et trois après-midis de films de montagne explorant différentes disciplines. Un événement incontournable, premier du genre en Europe, avec toutefois une ombre au tableau : la défection de la Région qui quitte la cordée.

 

 

L'édition 2018 des Rencontres ciné montagne avait rassemblé au total 23 000 spectateurs. © Jean-Sébastien Faure

L’édition 2018 des Rencontres ciné mon­tagne avait ras­sem­blé au total 23 000 spec­ta­teurs. © Jean-Sébastien Faure

« Notre public est très éclec­tique, et ça, nous y tenons. Il nous a paru impor­tant de pro­po­ser une pro­gram­ma­tion conve­nant à toutes les pra­tiques de la mon­tagne », explique Pierre-Loïc Chambon, le direc­teur de la Mission mon­tagne de la Ville de Grenoble.

 

Curieux en quête de décou­vertes, contem­pla­tifs, spé­cia­listes et pros affû­tés, ran­don­neurs et étu­diants comptent parmi les publics qu’es­père bien atti­rer la Ville de Grenoble, du 5 au 9 novembre au Palais des sports pour la 21e édi­tion des Rencontres ciné mon­tagnes.

 

Un ren­dez-vous désor­mais incon­tour­nable, reconnu comme le plus impor­tant du genre en Europe en matière de fré­quen­ta­tion. Pour preuve, les 23 000 entrées enre­gis­trées en 2018 dont les recettes de billet­te­rie ont béné­fi­cié au pro­gramme Jeunes en mon­tagne, tout comme ce sera le cas en 2019.

 

 

Une jauge augmentée de 400 places pour accueillir plus de 3 900 spectateurs

 

Cette année, l’é­vé­ne­ment consacre cinq soi­rées thé­ma­tiques et trois après-midi aux films de mon­tagne explo­rant les diverses facettes de cet envi­ron­ne­ment fas­ci­nant. « L’occasion de se ques­tion­ner sur la mon­tagne, son ave­nir et sa pré­ser­va­tion », invite la Ville de Grenoble. Et, pour le public, d’é­lire grâce à une appli­ca­tion le meilleur film, récom­pensé par une dota­tion de 2 000 euros offerte par la Ville.

 

Présentation des Rencontres ciné montagne. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Présentation des Rencontres ciné mon­tagne. © Joël Kermabon – Place Gre’net

À chaque édi­tion, ses nou­veau­tés. Celle de 2019 ne déroge pas à la règle. Ainsi, la capa­cité du Palais des sports aug­mente-t-elle de 400 places par soi­rée pour accueillir plus de 3 900 spec­ta­teurs. Quant aux espaces buvette et res­tau­ra­tion, ils s’a­gran­dissent avec, au total, trois buvettes et cinq camions res­tau­ra­tion (food trucks). De quoi « réga­ler les spec­ta­teurs avec une offre variée de pro­duits locaux et bio  », pro­met l’or­ga­ni­sa­tion.

 

 

L’ambiance d’un refuge de montagne pour des rencontres privilégiées

 

Mais ce n’est pas tout. Deux cha­pi­teaux exté­rieurs ins­tal­lés devant l’en­trée du Palais des sports vont per­mettre plus de convi­via­lité. Deux d’entre eux per­met­tront même de s’im­mer­ger dans l’am­biance mon­ta­gnarde avec, pour l’un, la cha­leur d’un décor de refuge et, pour l’autre, l’am­biance d’un igloo. Des for­mats plus intimes tels « Les ren­contres au refuge » pour des « temps d’é­changes pri­vi­lé­giés » avant ou entre les pro­jec­tions.

 

© Pierre Chauffour - Rencontres ciné montagne

© Pierre Chauffour – Rencontres ciné mon­tagne

 

Pour autant, les plus jeunes ne sont pas oubliés, assure Pierre-Loïc Chambon. « On a voulu cette année mettre le paquet sur le mer­credi après-midi qui est gra­tuit pour les familles et les struc­tures socio-cultu­relles par­te­naires ». Notamment à tra­vers des jeux, dix-huit ate­liers ludiques d’é­du­ca­tion à l’environnement et la pro­jec­tion du film d’a­ni­ma­tion Pachamama.

 

 

Cinq soirées à thèmes pour ces Rencontres ciné montagne

 

Quant à la pro­gram­ma­tion, « nous avons rai­sonné en fonc­tion des thé­ma­tiques abor­dées pour que le public puisse se repé­rer dans chaque soi­rée », indique Virginie Lacroix, la pro­gram­ma­trice de ces ren­contres. Le résul­tat de cette sélec­tion ? Cinq soi­rées et donc cinq thèmes pro­po­sant cha­cun plu­sieurs films, dont cer­tains en avant-pre­mière. À savoir : Près de chez vous, Itinéraires enga­gés, Cap à l’est, Aventures au bout du monde et, le der­nier, Esprit de cor­dée

 

© Rencontres ciné Montagne

© Rencontres ciné Montagne

Ainsi, au titre de l’a­ven­ture de proxi­mité, les spec­ta­teurs pour­ront-ils décou­vrir le mardi 5 novembre, entre autres pro­jec­tions, le film Robinson des Écrins. Avant de pas­ser, le len­de­main, à un iti­né­raire très engagé. Celui des 1 500 km de vol bivouac des para­pen­tistes Damien Lacaze et Antoine Girard au cœur de l’Himalaya avec Lost in Karakorum. Le jeudi 7, cap à l’Est avec une autre avant-pre­mière.

 

Le por­trait et le par­cours « hors du com­mun » de Kinga Ociepka, figure majeure de l’escalade polo­naise. Mais ce n’est pas tout. Ceux qui ont soif d’a­ven­tures au bout du monde devraient se réga­ler le 8 novembre avec Apurimac. Ce film retrace dix-sept jours d’une des­cente en kayak du Rio Apurimac aux confins de la Cordillère des Andes.

 

Enfin, le samedi 9, der­nier jour des Rencontres, c’est l’es­prit de cor­dée qui imprè­gnera toute la soi­rée. Un prin­temps sus­pendu, tel est le titre d’un des films pro­po­sés illus­trant la nais­sance d’une ami­tié entre deux guides de haute mon­tagne « au fil d’as­cen­sions haras­santes et de des­centes ver­ti­gi­neuses ».

 

 

Un événement dans l’événement avec les Rencontres sciences et montagnes

 

Outre les pro­jec­tions, cette 21e édi­tion pro­pose des séances de dédi­caces et des temps d’é­changes avec les nom­breux réa­li­sa­teurs, auteurs et autres invi­tés de marque venus pré­sen­ter leur tra­vail. Ou bien leurs exploits, telles les aven­tures soli­taires de Paul Bonhomme, « skieur de pente (très) raide et spé­cia­liste de l’ultra-endurance », indique le pro­gramme.

 

Pour autant, si le 7e art est au centre de ces ren­contres, la musique et le spec­tacle vivant n’en sont pas les parents pauvres, avec deux spec­tacles et un ciné-concert. La science, elle aussi, va éta­blir son camp de base au cœur de l’é­vé­ne­ment. Pour la sixième année consé­cu­tive, les Rencontres mon­tagnes et sciences pro­posent une sélec­tion de films d’a­ven­tures scien­ti­fiques au cours des après-midis des 8 et 9 novembre.

 

© Jocelyn Chavy

© Jocelyn Chavy

 

« Ce n’est pas un congrès scien­ti­fique. Ce sont vrai­ment des films d’a­ven­ture pour tout le monde : les familles, les sco­laires… », plai­sante Éric Larose, le pré­sident de l’as­so­cia­tion Montagne et sciences. Des films dont, se féli­cite-t-il, « le niveau aug­mente année après année », au nombre de sept pour cette 6e édi­tion, « dont cinq en pre­mière dif­fu­sion ».

 

« Nous avons sélec­tionné des films sur des thèmes ayant un gros impact sur la société, la bio­di­ver­sité et le réchauf­fe­ment cli­ma­tique », pré­cise encore Éric Larose. Avant de sou­li­gner que, pour cela, leurs auteurs sont allés très loin, comme aux pôles Nord et Sud, mais aussi « juste à côté de chez nous ».

 

Joël Kermabon

 

LA DÉFECTION DE LA RÉGION : « UNE DÉCISION POLITIQUE » JUGE PIERRE MÉRIAUX

 

« Nous avons de nou­veaux par­te­naires qui s’as­so­cient à notre évé­ne­ment, nous en sommes très satis­faits », sou­ligne Pierre Mériaux, l’ad­joint à la mon­tagne. Au nombre d’entre eux, l’élu salue l’ar­ri­vée d’Isère tou­risme, mais aussi d’en­tre­prises locales du monde de la mon­tagne « dont la liste s’é­lar­git », se réjouit-il. Ce d’au­tant plus que la Région Auvergne Rhône-Alpes « a décidé de ne plus nous sou­te­nir », regrette amè­re­ment l’ad­joint. Perte sèche pour les ren­contres ? Pas moins de 15 000 euros.

 

Pierre Mériaux. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Pierre Mériaux, adjoint à la mon­tagne. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« On ne sait pas pour­quoi la pre­mière région mon­ta­gneuse d’Europe décide de ne plus sou­te­nir le pre­mier fes­ti­val euro­péen de cinéma de mon­tagne », s’é­tait ainsi déjà étonné l’élu lors de la pré­sen­ta­tion de l’é­vé­ne­ment. Depuis, les choses ont bougé. Mais, s’il y a bien eu expli­ca­tion, elle n’a pas eu l’heur de satis­faire l’ad­joint à la mon­tagne.

 

« Tout cela est consternant ! »

 

Les Rencontres Ciné Montagne sont de retour à Grenoble pour une 21e édition, du mardi 5 au samedi 9 novembre 2019 au stade Pierre Mendès-France.

Affiche des Rencontres Ciné Montagne.

Et pour cause. La réponse de Gilles Chabert, le “Monsieur mon­tagne” de la Région à Corinne Morel-Darleux en com­mis­sion mon­tagne le 4 octobre der­nier a été pour le moins lapi­daire. Ce der­nier s’est en effet contenté d’af­fir­mer « que l’exécutif régio­nal a choisi de ne pas accom­pa­gner ce fes­ti­val ». Point barre.

 

De quoi faire bon­dir Pierre Mériaux. « C’est donc une déci­sion pure­ment poli­tique puisque la Région ne pointe aucun avis néga­tif sur ce fes­ti­val qui n’ar­rête pas de pro­gres­ser », s’in­surge-t-il.

 

Évoquant les nou­veaux par­te­naires pri­vés qui ont rejoint les Rencontres ciné mon­tagne, ce der­nier ne déco­lère pas. « D’habitude, la Région sou­tient ces acteurs-là, objecte-t-il. Force est de consta­ter qu’elle ne le fait pas pour des motifs poli­ti­ciens qui n’ont rien à voir avec l’in­té­rêt géné­ral. » Et de conclure, tota­le­ment dépité, que tout cela « est conster­nant ! »

 

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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