Gens du voyage à Saint-Martin-d’Hères : des habitants excédés soutenus par le maire David Queiros

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FOCUS – Incivilités, problèmes d’hygiène, branchements sauvages… L’accueil des gens du voyage sur la commune de Saint-Martin-d’Hères pose chaque année problème. Las de cette situation, l’union de quartier Péri et un collectif d’habitants soutenu par le maire de la ville, David Queiros, se mobilisent pour alerter les pouvoirs publics. Avec, dans le viseur, la Métropole, en charge de la gestion des aires d’accueil de gens du voyage dans l’agglomération.

 

 

Des membres du collectif Gens du Voyage - Péri - Les Tailées devant la salle du conseil métropolitain. © Thomas Courtade

Des membres du col­lec­tif Gens du voyage-Péri-Les Taillées devant la salle du conseil métro­po­li­tain, le 27 sep­tembre der­nier, en com­pa­gnie du maire, David Queiros et de sa pre­mière adjointe Michelle Veyret. © Thomas Courtade – placegrenet.fr

 

Voilà plus de vingt ans que ça dure. Vingt ans que des gens du voyage viennent s’ins­tal­ler « de façon sau­vage dans notre quar­tier ! », s’ex­clame Christian Braud, membre de l’u­nion de quar­tier Péri. L’exaspération est pal­pable chez les habi­tants qui ont se sont réunis au sein du col­lec­tif Gens du Voyage-Péri-Les Taillées. Histoire de se faire entendre, ceux-ci se sont même ren­dus au siège de la Métropole, com­pé­tente pour gérer les aires dédiées aux gens du voyage, le 27 sep­tembre der­nier.

 

C’est le même rituel chaque année, ou presque. Entre mai et octobre, une cen­taine de cara­vanes, et donc plu­sieurs cen­taines de per­sonnes, viennent s’ins­tal­ler en toute illé­ga­lité sur le domaine uni­ver­si­taire. « Ils res­tent quinze jours voire trois semaines à un endroit donné, puis ils vont sur un autre ter­rain de la com­mune ». Le col­lec­tif Gens du Voyage-Péri-Les Taillées » pointe du doigt les nom­breuses nui­sances. « Incivilités, pro­blèmes d’hy­giène », mais aussi « bran­che­ments sau­vages d’eau et d’élec­tri­cité ».

 

 

« La Métro, fais ton boulot ! »

 

Les solu­tions étaient pour­tant toutes trou­vées grâce au vote d’un nou­veau schéma dépar­te­men­tal en novembre 2018. Ce der­nier pré­voyait en effet la créa­tion de deux aires : une aire d’ac­cueil au Rondeau (avec 32 empla­ce­ments) et une aire de grand pas­sage au Fontanil-Cornillon (200 empla­ce­ments). 

 

Des membres du col­lec­tif Gens du voyage-Péri-Les Taillées devant le siège de la Métro. © Thomas Courtade – Place Gre’net

Sauf qu’au­cun de ces pro­jets n’a pour l’ins­tant vu le jour. Pire, la livrai­son des équi­pe­ments n’est atten­due, au mieux, qu’en 2021. Un impor­tant retard qui s’ex­plique par une suc­ces­sion de dif­fi­cul­tés, notam­ment liées aux acqui­si­tions fon­cières.

 

Mais l’ar­gu­ment est loin d’être suf­fi­sant pour le col­lec­tif, qui demande à la Métropole de mettre à dis­po­si­tion des gens du voyage des ter­rains appar­te­nant à la col­lec­ti­vité. « La Métro dis­pose des parcs de l’ag­glo­mé­ra­tion, des zones d’ac­ti­vi­tés… mais dont elle empêche l’ac­cès, pous­sant de fait les nomades à s’ins­tal­ler sur le cam­pus. » Il faut que la métro­pole « assume ses obli­ga­tions d’ac­cueil », ren­ché­rit Christian Braud.

 

 

Une démarche soutenue par le maire de Saint-Martin-d’Hères

 

Bien que désa­bu­sés par cette situa­tion qui per­dure, les habi­tants mobi­li­sés peuvent comp­ter sur le sou­tien de leur maire. David Queiros était d’ailleurs pré­sent aux côtés du col­lec­tif, le 27 sep­tembre der­nier, devant la salle du conseil métro­po­li­tain avec sa pre­mière adjointe, Michelle Veyret.

 

David Queiros, maire de Saint-Martin-d’Hères depuis 2014. © Mairie de Saint-Martin-d’Hères

Le maire de Saint-Martin-d’Hères « fait tout ce qui est en son pou­voir » pour mettre fin à une situa­tion qu’il déplore et qui se répète « chaque année » depuis son élec­tion.

 

Pour ce der­nier, l’af­faire est enten­due : la « réponse est entre les mains du pré­sident de la métro­pole et de sa vice-pré­si­dente en charge de ces ques­tions ». Mais aussi dans le camp du pré­fet qui a le « pou­voir d’ex­pul­ser ».

 

David Queiros affiche ainsi son impuis­sance mal­gré les démarches enga­gées : envoi de la police muni­ci­pale sur place, signa­le­ments au pré­fet et sai­sie du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif. Et réaf­firme par ailleurs son sou­tien aux habi­tants. Car s’ils les consi­dèrent comme « légi­ti­me­ment excé­dés », le maire salue la « dignité et le res­pect » du col­lec­tif vis-à-vis des gens du voyage.

 

Thomas Courtade

 

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Commentaires 3
  1. sep article
  2. Les voyages forment la jeu­nesse, à condi­tion de les finan­cer soit même .
    Dans le cas pré­sent les voya­geurs dépendent direc­te­ment des citoyens
    sédentaires,qui doivent assu­mer toutes les nui­sances de nos sym­pa­thiques
    « tou­ristes » …

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  3. Ils ne pour­raient pas faire comme tous les citoyens, c’est à dire PAYER leur lieu d’ha­bi­ta­tion ? Et donc se fédé­rer et ache­ter leurs propres ter­rains ? D’autant plus qu’ils sont sou­vent mécon­tents des ter­rains qu’on leur octroie, et que sou­vent, il y a des dégra­da­tions. Je n’ai jamais com­pris et je trouve injuste qu’ils béné­fi­cient d’un cam­ping quasi-gra­tuit (gra­tuit pour eux, car payé par le contri­buable, des mil­lions!). Question d’é­ga­lité devant la loi.

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