La Chrysalide, crèche de garde ouverte en août, symbole de la « continuité du service public » à Grenoble

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FOCUS – Au cœur de l’été, la Ville de Grenoble présente sa crèche de garde : La Chrysalide. À proximité de la Caserne de Bonne, celle-ci accueille les enfants provenant pour la plupart d’autres structures municipales fermées durant la période estivale. L’occasion pour la première adjointe Élisa Martin de rappeler son attachement au service public d’accueil de la petite enfance.

 

 

« Le pays ne recon­naît pas suf­fi­sam­ment le ser­vice public d’ac­cueil de la petite enfance. Cela reste glo­ba­le­ment une ques­tion de bonne femme : “Vous faites des gosses, débrouillez-vous pour les accueillir !” » Ainsi s’est expri­mée Élisa Martin à l’oc­ca­sion de la visite de la seule crèche gre­no­bloise ouverte durant le mois d’août : La Chrysalide, située rue Henri-Ding, à proxi­mité de la Caserne de Bonne.

 

La crèche de Grenoble La Chrysalide © Florent Mathieu - Place Gre'net

La crèche de Grenoble La Chrysalide. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Pour la pre­mière adjointe de Grenoble en charge (entre autres) de la Petite enfance, le mes­sage est clair : le gou­ver­ne­ment ne recon­naît pas suf­fi­sam­ment la crèche en tant que ser­vice public. Les finan­ce­ments accor­dés par l’État pour sou­te­nir les com­munes passent essen­tiel­le­ment par la Caf et ne per­mettent pas d’as­su­rer un accueil « for­cé­ment coû­teux », insiste-t-elle.

 

 

Critères sociaux et mixité dans les crèches de Grenoble

 

La ques­tion est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible aux yeux de la pre­mière adjointe : « Philosophiquement et poli­ti­que­ment, la Ville n’en­vi­sage pas seule­ment l’ac­cueil des petits enfants comme un strict mode de garde pour les familles : il y a aussi cette idée de dire que c’est le pre­mier temps édu­ca­tif et col­lec­tif, le pre­mier temps de socia­li­sa­tion qui va pré­pa­rer l’é­cole… et la vie tout court ! »

 

Élisa Martin (à droite) aux côtés d'Alain Denoyelle, adjoint en charge de l'Action sociale, et des responsables de structures Aude Marxgut, Laura Rutanni et Brigitte Feldis © Florent Mathieu - Place Gre'net Crèche La Chrysalide Grenoble - De gauche à droite Brigitte Feldis, Laura Rutanni, Aude Marxgut, Alain Denoyelle, Élisa Martin © Florent Mathieu - Place Gre'net

Crèche La Chrysalide de Grenoble avec Élisa Martin (à droite), aux côtés d’Alain Denoyelle, adjoint en charge de l’Action sociale, et des res­pon­sables de struc­tures Aude Marxgut, Laura Rutanni et Brigitte Feldis © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

C’est la rai­son pour laquelle Élisa Martin tem­père elle-même les cri­tères sociaux qui peuvent prio­ri­ser l’ac­cès à une place en crèche. « On a un peu rela­ti­visé ce cri­tère sur les sec­teurs les plus popu­laires pour sus­ci­ter de la mixité », explique-t-elle. Quand bien même, outre la place de cha­cun dans la liste d’at­tente, le cri­tère social reste déter­mi­nant. De même qu’une situa­tion de han­di­cap chez l’en­fant ou les parents.

 

Cette sélec­tion ne concerne tou­te­fois pas les places en crèche de garde. La Chrysalide couvre en effet les demandes, en accueillant une cin­quan­taine d’en­fants à dif­fé­rents moments de la jour­née. Soit, au total, envi­ron 80 par semaine. Le nombre de demandes ini­tiales se situait entre 100 et 110 demandes, mais comp­tait aussi « des demandes de sécu­rité » menant à des désis­te­ments, explique la direc­trice de La Chrysalide Aude Marxgut.

 

 

La continuité du service public via la crèche de garde

 

Maintenir une crèche ouverte entre le 26 juillet et le 26 août sur Grenoble n’est pas chose aisée et demande une cer­taine orga­ni­sa­tion. Ainsi, les per­son­nels de l’en­semble des crèches de la com­mune sont conviés à venir tra­vailler dans un local qu’ils ne connaissent pas… mais auprès d’en­fants qu’ils connaissent.

 

Dans les locaux de la Chrysalide. Ou, comme de coutume, il n'est pas permis de prendre les enfants en photo. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les locaux de la Chrysalide. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Quand les enfants arrivent ici, on essaye dans la mesure du pos­sible de faire en sorte qu’il y ait un agent de leur struc­ture d’o­ri­gine. Ce qui leur per­met d’a­voir un point de repère », explique encore Aude Marxgut. Les petits sont par ailleurs diri­gés dans dif­fé­rentes « uni­tés » qui coïn­cident avec les noms des crèches où ils ont leurs habi­tudes.

 

Pour Élisa Martin, le main­tien d’une crèche de garde en août est essen­tiel : « Il y a des familles qui tra­vaillent pen­dant l’été, d’autres qui viennent de trou­ver du tra­vail et qui veulent que leurs enfants soient accueillis dans les meilleures condi­tions. Nous avons voulu mon­trer cette capa­cité à assu­rer la conti­nuité de l’ac­cueil du ser­vice public. »

 

Florent Mathieu

 

MC2 - Saison 2020-21
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