FOCUS – Aucun tramway et peu de bus circuleront sur le réseau de transports en commun de l’agglomération grenobloise le vendredi 2 octobre 2026, du fait du retrait exercé par les salariés la veille. En cause ? Les manifestations devant les lycées, dont certaines émaillées de violence, bloquant certaines voies et mettant potentiellement en danger les salariés comme les usagers de la société de transport MTag.
Les tramways et un certain nombre de bus de l’agglomération grenobloise sont restés au dépôt au matin du vendredi 2 octobre 2026, de nombreux conducteurs du réseau ayant effectué un retrait de service la veille. En cause ? Les manifestations devant plusieurs lycées, accompagnées d’opérations de blocage sur certaines lignes de transports, mais aussi de violences sporadiques contre des véhicules, le jeudi 1er octobre.
Face à cette situation, les syndicats ont invoqué un danger grave et imminent pour le personnel et exigé l’arrêt du réseau. Arrêt finalement maintenu le lendemain, comme l’a annoncé le soir même MReso sur ses réseaux sociaux.
Conséquences : pas de trams A, B, C, D ou E en circulation pour la journée du vendredi, ni de bus des lignes C1, C2, C3, C4, C5, C6, C7 et C8. La circulation des lignes C9, C11, C12, C13 et C14 est pour sa part perturbée, avec de nombreux arrêts non desservis ou des itinéraires raccourcis.
Les lignes 16, 18, 19, 20, 22 et 25 sont également à l’arrêt, tandis que peu, voire très peu, de bus circuleront sur les lignes 15, 17, 25, 80, 84 et 86. Sur sa page Infotrafic, le site MReso livre à chaque fois la même explication : « Blocage de la circulation par des manifestants ».
« Arrêter un réseau de transports en commun est une décision difficile »
« Manifester sa colère est un droit, mais rien ne justifie les violences commises : un bus caillassé, des jets de pierres sur des trams et des bus, plusieurs arrêts endommagés (à cette heure). Ces actes mettent en danger les salariés et les usagers, et s’attaquent à un service public qui nous appartient à toutes et tous », a déclaré la nouvelle présidente de MTag, Laura Siefert.
Cette dernière précise que, si des difficultés ont été observées dès le lundi 28 septembre, la situation s’est « dégradée très vite » le jeudi 1er octobre, amenant les véhicules à rentrer au dépôt. « Arrêter un réseau de transports en commun est une décision difficile : nous mesurons l’impact sur les usagers, et sur toutes celles et ceux qui comptent sur nous au quotidien. Mais la sécurité de nos agents n’est pas négociable », déclare encore Laura Siefert.
Et d’assurer que la situation est suivie de près, en lien avec le Smmag et les services de l’État. « Le service reprendra dès que les conditions de sécurité seront réunies pour les conducteurs et les conductrices comme pour les usagers », conclut la présidente de MTag.
« Un conducteur qui se lève à l’aube, c’est pour rendre un service »
Le conseiller régional d’opposition grenoblois Stéphane Gemmani a vécu la situation au plus près, comme il le relate sur les réseaux sociaux dans un message publié le jeudi 1er octobre. Outre son mandat, l’élu exerce en effet la profession de conducteur de bus MTag. « Hier comme ce matin, prise de service à 5 heures. Puis la ville qui, peu à peu, se ferme : déviations, rues coupées, incidents, jusqu’à devoir rentrer les bus au dépôt. Nous avons nous-mêmes été pris à partie sur certains secteurs », a-t-il ainsi relaté.
Et d’exprimer une certaine colère : « Un conducteur ou une conductrice qui se lève à l’aube, ce n’est pas seulement pour conduire un bus : c’est pour rendre un service. Dans le mien, le matin, il y a beaucoup de mamans qui partent faire des ménages […], il y a celles et ceux qui partent en entreprise, celles et ceux qui vont à l’hôpital Sud, ceux qui terminent une nuit entière et ceux qui viennent les relever au petit matin. […] C’est eux, et c’est elles qui paient le prix quand le service public s’arrête ».












