Réunion avec les pro-burkini : la Ville de Grenoble décide… de ne rien décider pour ses piscines municipales

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FOCUS – L’évolution du règlement des piscines municipales de Grenoble en faveur des maillots de bain couvrant, les fameux burkinis, n’est pas pour tout de suite. C’est ce qui ressort d’une entrevue, ce mardi 21 mai en début de soirée, entre le groupe des musulmanes voilées soutenues par l’Alliance citoyenne, et deux adjoints d’Eric Piolle, maire de Grenoble.

 

 

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

Femmes soutenues par l’Alliance citoyenne qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, mardi 21 mai 2019. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Les femmes voilées de l’Alliance citoyenne qui revendiquent l’accès aux piscines municipales en burkini n’ont absolument rien obtenu à l’issue de l’entrevue qui s’est déroulée ce mardi à 18 h 30.

 

La rencontre a pourtant duré plus d’une heure avec les deux émissaires du maire de Grenoble, Sadok Bouzaiene, adjoint au sport, et Emmanuel Carroz, adjoint à l’égalité des droits.

 

Une rencontre avec la Ville obtenue suite à l’action de « désobéissance civile » de militantes à la piscine les Dauphins, vendredi 17 mai. Et ce avec le soutien de l’Alliance citoyenne. « Nous attendons ce rendez-vous depuis dix mois », tenait à rappeler l’une des femmes voilées peu avant l’heure du rendez vous, devant la direction des sports, au 25 rue Constantine.

 

 

Un premier rendez-vous resté sans lendemain

 

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

Groupe des femmes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble et membres de l’Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Il est vrai qu’en juillet 2018, le groupe avait rencontré des élus de la Ville de Grenoble et des techniciens. À cette occasion, il avait demandé aux élus de faire évoluer le règlement des piscines comme à Rennes, afin que les femmes vêtues de burkini puissent avoir accès aux bassins.

 

Pour appuyer leur requête, les militantes avaient apporté une pétition signée par plusieurs centaines de femmes favorables au port du maillot de bain couvrant dans les piscines.

 

Au sortir de ce rendez-vous de juillet 2018, la Ville leur avait assuré qu’elle ne manquerait pas d’étudier leur demande et de revenir vers elles. Par la suite, et malgré de multiples relances, la municipalité ne leur a plus donné signe de vie.

 

 

Eric Piolle diffuse un communiqué et clôt le débat

 

Ce mardi, la question de l’accès ou non du burkini dans les piscines de Grenoble aurait pu être tranchée. Il n’en a rien été. En fin de matinée, le maire de Grenoble, Eric Piolle, a affirmé dans un communiqué que l’heure n’était pas venue de se prononcer sur cette question. La raison avancée ? Un climat peu propice aux prises de décision.

 

Action de désobéissance civile de femmes en burkini à la piscine des Dauphine de Grenoble, vendredi 17 mai DR

Action de désobéissance civile de femmes en burkini à la piscine des Dauphine de Grenoble, vendredi 17 mai. DR

« Les conditions d’un dialogue serein ne sont pas réunies pour échanger en bonne intelligence sur ce sujet », justifie ainsi l’édile.

 

Et le maire de dénoncer, en les renvoyant dos à dos, tant l’action coup de poing de l’Alliance citoyenne qui « [expose] des agents du service public, des usagers du service public, et […] [préfère] le buzz au débat », que les opposants au port du burkini à la piscine qui « [jouent] la caricature, le péril, la peur, avec certains propos qui débordent du cadre républicain ».

 

 

« Le contexte politique n’était pas favorable »

 

Un peu avant 20 heures, ce sont d’abord les adjoints et deux membres du cabinet du maire qui sont sortis de l’immeuble le Polynôme. Peu enclins à épiloguer sur la réunion, ils ont renvoyé les médias au communiqué de presse du maire. Peu après, ont suivi les militantes de l’Alliance citoyenne, davantage loquaces, bien que la réunion ne se soit pas déroulée comme elles l’avaient espéré.

 

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

© Séverine Cattiaux- Place Gre’net

« Les élus ont commencé par nous distribuer le communiqué de presse d’Eric Piolle, relate une jeune fille voilée, et nous ont expliqué qu’ils n’avaient pas de mandat pour donner suite à notre demande, et que le contexte politique n’était pas favorable. »

 

Un motif que la militante balaye du revers de la main : « Ce sont surtout leurs intérêts d’élus qui priment sur les aspirations des citoyens », tacle-t-elle.

 

 

« Sadok Bouzaiene nous a dit que c’était à nous d’assumer notre différence »

 

Les militants ont demandé aux élus de, soit mettre le sujet du burkini à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, soit tester l’ouverture d’une piscine au burkini, ou encore d’imaginer un créneau horaire dans la semaine, ouvert aussi aux femmes portant des maillots de bain couvrant. Inflexibles, les élus ont continué à se retrancher derrière les propos du maire.

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Taous Hammouti lors de « Course pour la dignité » organisée par l’Alliance citoyenne, le 5 avril 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Taous Hammouti, l’une des leaders du groupe, a bien essayé de les attendrir : « Des mamans vont encore passer un été sans pouvoir accompagner leurs enfants à la piscine et, comme les papas travaillent, les enfants ne pourront pas aller à la piscine », leur a-t-elle lancé.

 

D’après les militantes, l’argument aurait eu un petit effet sur leurs interlocuteurs, mais pas au point de les faire sortir de leur réserve.

 

Au final, l’entrevue n’aura donc rien donné. Mais les militantes ne comptent pas renoncer. Une remarque de Sadok Bouzaiene a même un peu plus encore échauffé les esprits : « Ils nous a dit que c’était à nous d’assumer notre différence », rapportent-elles, choquées. Et de réaffirmer qu’elles n’aspirent qu’à aller à la piscine comme tout le monde… sans renier leurs convictions.

 

Une chose est sure : ces militantes peuvent compter sur le soutien sans failles de l’Alliance citoyenne. Leur ligne de conduite repose « sur deux principes intangibles de la République : le respect de la liberté de conscience et l’accès pour tous aux services publics », affirme ainsi Adrien Roux, président de l’association.

 

Séverine Cattiaux

 

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Commentaires 15
  1. Demain, je crée une nouvelle religion qui promeut la nudité en invoquant l’harmonie avec la nature. Et donc, je circulerai à poil dans la rue et dans tous les espaces publics, je réclamerai une plage horaire pr me baigner nu. Et dès qu’on me fera une remarque, je crierai à la nudité-phobie …

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  2. Je propose une opération similaire avec des hommes en caleçon de bain, pour voir … S’ils se font virer ou verbaliser, il y a discrimination sexuelle et religieuse (ma religion, m’interdit de me serrer les couilles dans un vêtement), donc on attaque la mairie avec demande de gros dommages et intérêts, et on trouve des assos pour se porter partie civile.
    Et tant que le réglement ne change pas, la police municipale peut verbaliser les contrevenantes, à 150 € la baignade elles ne viendront pas souvent !!

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  3. le port du voile en france est un acte politique en voici la preuve. Chaque jour leurs idées gagnent du terrain.
    Le ver est dans la pomme…

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  4. Moi, ce concours de religiosité me fait littéralement vomir ! Elles n’ont aucune pudeur à dévoiler leur religion ! La religion est quelque chose d’éminemment personnel qu’il est passablement indécent de dévoiler de la sorte !

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  5. « Et le maire de dénoncer, en les renvoyant dos à dos »
    Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Place Gre’Net.
    Les activistes islamistes et les défenseurs des valeurs de la République (pas celles, biaisées de l’Alliance Citoyenne à qui je rappelle qu' »accès pour tous aux services publics » implique respect des règles dudit service public. Et par exemple qu’aucun patient ni aucune patiente n’a le droit de refuser d’être soigné(e) par un infirmier ou un médecin du sexe opposé.) ?
    Pour Eric Piolle, c’est juste une question de point de vue, ça se discute.
    Sur ce coup-là, Monsieur le Maire, vous vous êtes définitivement déconsidéré.

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  6. Conseil aux femmes voilées qui veulent que leurs enfants aillent à la piscine cet été : les inscrire aux différentes activités des Maisons des habitants, des clubs sportifs comme le GUC, ou dans des centres aérés ou les amenés au Parc Paul Mistral.
    Les mères auraient bien trop peur que les enfants apprennent l’égalité pour toutes et tous et la laïcité ? alors, qu’elles gardent leurs enfants sous leurs voiles et ne viennent pas nous em…
    Elles ont choisi de faire leur action piscine à quelques jours des élections européennes, sures que la mairie ne pourrait pas prendre une position trop ferme. Qu’à cela ne tienne, passées les élections, j’espère que la mairie se montrera intransigeante dans le maintien du règlement intérieur des piscines.

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  7. il est où, le procureur de Grenoble ?!

    de toute façon, personnellement, je ne vais pas dans les piscines municipales, il y a trop de pisse dans l’eau. Malheureusement, les piscines privées sont pas très nombreuses en France

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  8. Lundi à 6h, le DL a dévoilé que Taous Hammouti, la meneuse de ce groupe islamiste, propage sur facebook une vidéo disant que l’attentat à Charlie Hebdo a été manipulé voire orchestré par le gouvernement Hollande (source RT, site internet russe spécialisé dans la désinformation).
    https://www.ledauphine.com/isere-sud/2019/05/20/isere-grenoble-maillots-de-bain-couvrants-chamussy-exhume-des-posts-de-la-porte-parole
    Mardi à 18h30, elle est reçue à la mairie. C’est grave.

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  9. Ne pas tomber dans leur piège. Ne leur en déplaise, ces femmes ont accès à la piscine comme tout le monde. Céder un pouce de terrain, c’est ouvrir la boîte de pandore et la porte ouverte à toutes les revendications! La preuve, ces femmes commencent déjà à avancer l’idée de créneaux réservés! Ai-je le droit d’aller nu à la mosquée? Vais-je brandir ma liberté de conscience? Question joker: Sadok Bouzaiene est-il raciste anti-maghrébins? Héhé… Je pose la question, puisque toute personne défendant la laïcité est vue comme raciste et « islamophobe », et extrémiste par le maire lui-même…

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  10. « Sur deux principes intangibles de la République : le respect de la liberté de conscience et l’accès pour tous aux services publics », affirme ainsi Adrien Roux, président de l’association?

    Peut on alors au motif de la liberté d’expression, affirmer des idées racistes ? Anti-sémites? Homophobes?

    Adrien Roux est d’une mauvaise fois sans nom.

    Ces [modération : propos potentiellement diffamatoires] n’ont rien à faire dans les piscines vêtues de leurs emblèmes politico-religieux que representent ces tenues, au respect de la laïcité et de notre constitution, ce qu’ils/elles préfèrent fouler aux pieds.

    Quand à Eric Piolle, il est en tant que 1er magistrat de Grenoble, le garant de notre laïcité et aurait du 1 porter plainte contre ces intégristes et l’alliance citoyenne, 2 s’opposer clairement contre leur demande, mais bon, c’est bientôt les élections municipales et il aurait fallut avoir du courage pour ceux qui surfent sur les minorités et le communautarisme.

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  11. pffff je ne pensais jamais dire ça mais ça devient chaud les questions de société.
    Comment as t on pu rater l’intégration à ce point…
    Le vivre ensemble devient impossible, il n’y a plus un seul modèle.
    Un point drôle: que les naturistes demandent une égalité de traitement 😀 on peut aller loin à ce rythme sur les mode de vie

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    • Il faudrait juste simplement revenir au base de la loi , le service public pour tous , mais dans le respect et la transparence et l ‘ égalité de tous ; un ticket de piscine , une tenue adequate .
      Les symboles et les idées de religion aux vestiaires ou bien chez soi . Quand on vit en France on accepte son histoire , ses lois , ses traditions et on respecte ce qu ‘ elle vous donne.
      Un peu de bon sens et arretons de discuter avec des personnes qui ne défendent que des valeurs venues d ailleurs et en plus qui veulent nous les imposer .
      Imaginez la situation inverse , imaginez…………..

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  12. sep article
    • A faire lire de toute urgence au maire de Grenoble et à tous les naïfs! Non mais allôôô, quoi le cabinet du maire, vous êtes là??

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  13. Tout ça pour ça. En France c’est la loi c’est tout. La laïcité est un joker un peu trop facile. En résumé mesdames, mettez ce que vous voulez dans les pays qui l’acceptent. Je ne mets pas de short en Afrique du Nord, je respecte. Faites en autant en France

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