Le bidonville du terrain Courtade de Fontaine a été évacué et rasé vendredi 3 mai au matin

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FIL INFO – Le terrain Courtade de Fontaine, lieu d’implantation d’un bidonville habité par une cinquantaine de Roms depuis plusieurs années, a finalement été évacué et rasé au matin du vendredi 3 mai. Seules trois personnes y résidaient encore. Des personnes « remises à la rue », estime le Dal, pour qui l’expulsion aurait pu être évitée.

 

 

Fin d’oc­cu­pa­tion pour le ter­rain Courtade, lieu d’im­plan­ta­tion d’un bidon­ville sur Fontaine depuis 2015. Le ven­dredi 3 mai au petit matin, les forces de l’ordre ont pro­cédé à l’évacuation et à la des­truc­tion des cabanes pré­sentes sur la zone, rue Pierre-Courtade à proxi­mité du McDonald’s de la com­mune. Au plus fort de l’oc­cu­pa­tion, une cin­quan­taine de per­sonnes de la com­mu­nauté rom logeaient dans les cabanes du bidon­ville.

 

Les cabanes du terrain Courtade, aujourd'hui rasé © Manuel Palvard - Place Gre'net

Les cabanes du ter­rain Courtade, aujourd’­hui rasé. © Manuel Pavard – Place Gre’net

 

Elles n’é­taient plus que trois au moment de l’ex­pul­sion. Trois occu­pants « de natio­na­lité rou­maine », pré­cise la Direction dépar­te­men­tale de la sécu­rité publique (DDSP) de l’Isère : deux hommes de 61 et 34 ans, et une femme de 35 ans. Toutes trois ont été « rame­nées à l’Hôtel de police pour véri­fi­ca­tions de leur situa­tion admi­nis­tra­tive sur le droit de séjour », écrit encore la DDSP. Des obli­ga­tions de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais (OQTF) leur auraient été déli­vrées, selon les asso­cia­tions.

 

 

Un feuilleton de plusieurs années

 

L’expulsion et la des­truc­tion du camp Courtade consti­tue l’é­pi­logue d’un long feuille­ton. Dans un pre­mier temps, la pré­sence des familles roms avait été tolé­rée. Et avait même donné lieu à une pro­cé­dure d’ac­com­pa­gne­ment dans le cadre de la Mous (Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale), pro­gramme d’in­ser­tion dans le loge­ment mené par la Métro. La condi­tion posée : que le ter­rain, des­tiné au pro­jet d’éco-ter­ri­toire Portes du Vercors, soit libéré d’ici l’été 2019.

 

Jean-paul Trovero, maire de Fontaine © Jules Peyron - placegrenet.fr

Jean-Paul Trovero, maire de Fontaine. © Jules Peyron – placegrenet.fr

 

Les choses se sont com­pli­quées au milieu de l’an­née 2018, avec l’ins­tal­la­tion de nou­veaux occu­pants sur le ter­rain. « D’autres per­sonnes sont arri­vées, cau­sant des nui­sances et vio­lences, y com­pris envers celles déjà pré­sentes sur le bidon­ville », expli­quait ainsi à Place Gre’net Christine Garnier, vice-pré­si­dente de la Métro en charge du Logement. « C’est devenu invi­vable pour les habi­tants alen­tours et les per­sonnes du camp », ajou­tait le maire de Fontaine Jean-Paul Trovero.

 

 

Pour le Dal, l’expulsion aurait pu être évitée

 

Pas de quoi convaincre le Dal (Droit au loge­ment), pour qui « les troubles à l’ordre public évo­qués par le maire sont inexis­tants ». Pour le col­lec­tif de défense des per­sonnes en situa­tion de mal-loge­ment, l’é­va­cua­tion de Courtade n’a­vait rien d’i­né­vi­table, le pro­jet immo­bi­lier concer­nant le ter­rain étant encore en phase d’en­quêtes. Or cette déci­sion consiste in fine pour le Dal à remettre « trois per­sonnes très pro­ba­ble­ment à la rue ».

 

Le terrain Courtade de Fontaine au moment de l'occupation © Manuel Palvard - Place Gre'net

Le ter­rain Courtade de Fontaine au moment de l’oc­cu­pa­tion. © Manuel Pavard – Place Gre’net

 

« La pré­fec­ture a encore une fois démon­tré son mépris des lois et des per­sonnes vivant en bidon­villes », juge le col­lec­tif. De plus, ajoutent les mili­tants, « la pré­ci­pi­ta­tion de cette expul­sion sape le tra­vail d’ac­com­pa­gne­ment vers le loge­ment » mené avec la Métro. Et ceci, affirment-ils encore, mal­gré des « pro­messes orales » de la pré­si­dente de l’Établissement public fon­cier local (EPFL), pro­prié­taire du ter­rain.

 

FM

 

« DES DIZAINES DE PERSONNES RELOGÉES », RAPPELLE LA MÉTRO

 

Suite à la paru­tion de notre article, l’é­lue métro­po­li­taine délé­guée à l’Habitat Christine Garnier juge « dom­mage que [nous ne par­lions] que des trois per­sonnes mal­heu­reu­se­ment dans loge­ment et pas des dizaines de per­sonnes qui ont pu accé­der à un loge­ment et quit­ter cet habi­tat insa­lubre ».

 

Dans un com­mu­ni­qué posté sur Facebook, Christine Garnier indique ainsi : « Début avril, il res­tait encore une ving­taine de per­sonnes sur le site. Fin avril et début mai, presque toutes les per­sonnes ont été relo­gées dans de vrais loge­ments, en vue d’une inser­tion. Bien entendu, la sco­la­ri­sa­tion des enfants est sui­vie par la MOUS et sera pour­sui­vie, soit à Fontaine, soit dans une école proche de leur nou­veau domi­cile ».

 

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