FOCUS – Les retraités Force ouvrière n’ont pas pu distribuer leurs tracts le vendredi 23 octobre 2026 au matin, place Sainte-Claire à Grenoble. Ils se sont en effet vus refuser le droit d’organiser une action de distribution de tracts et de recueil de signatures car la préfecture de l’Isère avait pris des arrêtés de restriction en prévision de la manifestation du 24 octobre à Grenoble, dont une interdiction de rassemblements et d’attroupements en centre-ville. Le syndicat dénonce une atteinte à la liberté d’expression.
L’action des retraités Force ouvrière, prévue le vendredi 23 octobre place Sainte-Claire dans le centre-ville de Grenoble, est tombée à l’eau. La préfecture de l’Isère a en effet pris deux arrêtés (cf. encadré) en prévision de la nouvelle journée de manifestations annoncée le samedi 24 octobre 2026, dont l’un interdit les rassemblements et attroupements.
Ceci alors que des scènes de violence avaient éclaté le samedi 17 octobre en marge de la mobilisation pacifique contre la vie chère, occasionnant des dégradations sur des bâtiments et équipements publics dans plusieurs endroits à Grenoble, mais aussi des attaques de nombreux commerces parfois suivies de pillages.
Deux arrêtés pour prévenir de nouveaux troubles
Le premier arrêté préfectoral interdit les rassemblements, attroupements, manifestations et cortèges dans plusieurs secteurs du centre-ville de Grenoble, du jeudi 22 octobre à 6 heures au dimanche 25 octobre à 6 heures.
« Il convient de prendre les mesures nécessaires afin de prévenir les risques de débordements, d’attroupements violents et de dégradations des bâtiments publics et institutionnels ou des commerces », indique le libellé de l’arrêté. La zone d’interdiction est comprise entre la voie de Corato (au nord), le boulevard Gambetta et la caserne de Bonne (à l’ouest), le boulevard Masséna (à l’est) et le boulevard Jean-Pain (au sud).
Dans un second arrêté, toujours en prévision de la manifestation du 24 octobre, la préfecture de l’Isère fixe également des interdictions concernant « l’achat, la vente, la cession, le transport, le port et l’utilisation de fumigènes et d’artifices de divertissement », du jeudi 22 au lundi 26 octobre.
Sont également interdits « le transport de combustibles corrosifs, carburants à emporter et gaz inflammables », ainsi que « le port et le transport d’armes, toutes catégories confondues, de munitions et d’objets pouvant constituer une arme par destination ».
C’est dans ce contexte que la manifestation étudiante du jeudi 22 octobre, partie du campus de Saint-Martin-d’Hères pour rejoindre le centre-ville de Grenoble, s’est heurtée à un déploiement des forces de l’ordre aux abords du parc Paul-Mistral vers 14 heures.

La manifestation étudiante du 22 octobre 2026 à Grenoble s’est heurtée aux forces de l’ordre sur fond d’interdiction préfectorale de manifester dans le centre-ville. DR
S’en est suivie une confrontation (verbale) à laquelle les CRS ont mis fin, après sommations, en faisant usage de gaz lacrymogènes, ce qui a amené les manifestants à se disperser. Ce n’est que vers 15 h 30 que la circulation, y compris celle des transports en commun, a pu reprendre normalement.
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