Sport féminin en Isère : la plupart des disciplines perdent des pratiquantes

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EN BREF – Le Conseil départemental de l’Isère a présenté, mercredi 10 avril, un document qui permet de se rendre compte précisément, via des chiffres et des cartes, de l’état du sport féminin isérois. Il en ressort notamment que le nord du département manque d’équipements sportifs. Mais aussi que certains sports comme le rugby et le football restent encore très peu pratiqués par les femmes.

 

 

Cette année, un grand évé­ne­ment spor­tif a lieu en Isère : la Coupe du monde fémi­nine de foot­ball du 7 juin au 7 juillet. Cinq matchs se dérou­le­ront ainsi au stade des Alpes. Or sur les 26 631 licen­ciés de foot­ball en Isère, seules 6 % sont des pra­ti­quantes, apprend-on dans l’état des lieux du sport fémi­nin isé­rois publié par le Département et pré­senté mer­credi 10 avril au stade Lesdiguières.

 

L'ancienne biathlète Marie Dorin-Habert, la discobole Mélina Robert-Michon, Martine Kohly, vice-présidente du Département, qui a présenté l'état des lieux du sport féminin en Isère et Aminata Camara, lanceuse de poids en sport adapté. © Laurent Genin

L’ancienne biath­lète Marie Dorin-Habert, la dis­co­bole Mélina Robert-Michon, Martine Kohly, vice-pré­si­dente du Département, qui a pré­senté l’é­tat des lieux du sport fémi­nin en Isère et Aminata Camara, lan­ceuse de poids en sport adapté. © Laurent Genin

 

« Avec des évé­ne­ments média­tiques tels que la Coupe du monde, nous allons avoir une aug­men­ta­tion des licencié(e)s. Il faut être capable de les prendre en charge, explique Martine Kohly, vice-pré­si­dente du Conseil dépar­te­men­tal char­gée notam­ment du sport. Les fédé­ra­tions et les comi­tés dépar­te­men­taux doivent s’interroger : est-ce que nous avons suf­fi­sam­ment de gens qua­li­fiés qui pour­ront les accueillir ? Il faut qu’ils se servent de cet état des lieux qui est un vrai sup­port, une vraie car­to­gra­phie de l’état du sport fémi­nin en Isère. »

 

 

Près de 500 jeunes invités à un match de la Coupe du monde féminine de football

 

Dans le cadre de la pro­mo­tion et le déve­lop­pe­ment du sport fémi­nin, à la suite d’un appel à pro­jet dans les col­lèges isé­rois, « nous aurons près de 500 jeunes qui, sur deux jour­nées à Bourgoin-Jallieu et au stade Lesdiguières, vont pra­ti­quer le foot. Des hommes et des femmes, une pra­tique mixte », pré­cise Martine Kohly. Leur récom­pense sera d’être invi­tés à un match du Mondial fémi­nin, Nigéria – Corée du Sud, mer­credi 12 juin.

 

Initiation au rugby pour de jeunes isérois avec Mallaury Chatron, joueuse des Amazones du FCG. © Laurent Genin

Initiation au rugby de jeunes Isérois avec Mallaury Chatron, joueuse des Amazones du FCG. © Laurent Genin

À l’instar du foot­ball, le rugby reste encore un sport très mas­cu­lin. En Sud-Isère, les fémi­nines ne repré­sentent que 6 % du total des licen­ciés.

 

Dans le cadre de sa « semaine du sport fémi­nin », qui se ter­mine jeudi 11 avril, le Département avait convié mer­credi, en marge de sa pré­sen­ta­tion, une cin­quan­taine d’enfants isé­rois issus de struc­tures édu­ca­tives à décou­vrir le rugby. Ils étaient enca­drés par des joueuses des Amazones du FC Grenoble.

 

Trente dis­ci­plines spor­tives ont été étu­diées dans le docu­ment du Département de l’Isère. Elles repré­sentent au total 148 062 licen­ciés, dont un peu plus de 33 % de femmes. Ultra-mino­ri­taires dans le foot et le rugby, elles sont à l’inverse, et sans sur­prise, très pré­sentes en gym­nas­tique (80 % de pra­ti­quantes), dans les sports de glace (83 %) et en équi­ta­tion (86 %). La palme reve­nant au twir­ling bâton, sport à 93 % fémi­nin.

 

 

Une perte de licenciées dans la plupart des disciplines

 

Autre élé­ment notable, seules sept de ces trente dis­ci­plines ont vu leur nombre de licen­ciées aug­men­ter entre 2017 et 2018. À savoir, les boules lyon­naises, la course d’orientation, la nata­tion, le ten­nis de table, la voile (+ 19 %), la savate/boxe fran­çaise (+ 25,5 %) et le han­di­sport (+ 30 %).

 

Le nombre de licenciées en natation a augmenté de 4,7 % en Isère entre 2017 et 2018. © Archive LG

Le nombre de licen­ciées en nata­tion a aug­menté de 4,7 % en Isère entre 2017 et 2018. © Archive LG

Parmi les sports par­ti­cu­liè­re­ment en dif­fi­culté, on trouve l’aviron, le rol­ler et l’escrime, qui ont perdu res­pec­ti­ve­ment 20, 17 et 15 % de pra­ti­quantes en un an.

 

« Sur le sport fémi­nin, nous avons des pra­tiques qui sont très peu déve­lop­pées et des zones blanches », recon­naît Martine Kohly. Un frein impor­tant à la pra­tique est le manque d’infrastructures.

 

« Certaines zones comme le Nord-Isère manquent d’équipements spor­tifs, sou­ligne la vice-pré­si­dente du Département. Nous, col­lec­ti­vité, ça nous inter­roge. Dans l’aménagement du ter­ri­toire, il faut se ser­vir de cet état des lieux, en lien avec les fédé­ra­tions. Échanger avec elles pour savoir, si nous construi­sons quelque chose, s’il y aura une acti­vité et si elles pour­ront mettre des actions en place. »

 

Laurent Genin

 

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