Les « invisibles » dans la lumière lors de la journée portes ouvertes au local Femmes SDF de Grenoble

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REPORTAGE VIDÉO – L’association Femmes SDF de Grenoble a organisé, ce vendredi 8 mars, une journée portes ouvertes à l’occasion de la journée des droits des femmes. L’objectif ? Mieux faire connaître l’association et son local, qui a accueilli 487 personnes dont 171 enfants en 2018. Mais aussi rencontrer des femmes vivant à la rue, ces “invisibles” récemment mises en lumière par le film éponyme.

 

 

Sur les murs du local... © Joël Kermabon - Place Gre'net

Sur les murs du local… © Joël Kermabon – Place Gre’net

Peut-être pas­sez-vous devant le local d’ac­cueil de jour des femmes vivant à la rue de l’as­so­cia­tion Femmes SDF sans le remar­quer. Tout comme l’on peut pas­ser tous les jours sans les voir devant ces femmes “invi­sibles » récem­ment mises en lumière par le film épo­nyme de Louis-Julien Petit.

 

Pour mieux faire connaître le lieu, celles qui le fré­quentent et l’as­so­cia­tion, Femmes SDF y a orga­nisé, ce ven­dredi 8 mars, une jour­née portes ouvertes. Une date non choi­sie au hasard puis­qu’elle coïn­ci­dait fort oppor­tu­né­ment avec la Journée inter­na­tio­nale des droits des femmes,

 

 

Le local Femmes SDF a accueilli 487 personnes en 2018

 

Pour l’oc­ca­sion, l’as­so­cia­tion avait mis les petits plats dans les grands, aidée par les femmes qu’elle accueille tout au long de l’an­née, mani­fes­te­ment ravies de ren­con­trer les nom­breuses per­sonnes venues se rendre compte de la bru­ta­lité de leur quo­ti­dien.

 

Bénévoles et femmes accueillies avaient mis les petits plats dans les grands. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Bénévoles et femmes accueillies avaient mis les petits plats dans les grands. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Une vie à la rue heu­reu­se­ment adou­cie par les tra­vailleuses sociales qui, tous les jours, les accueillent pour les récon­for­ter et les aider à s’en sor­tir.

 

Cette tâche relève tou­te­fois du ton­neau des Danaïdes pour l’as­so­cia­tion. En effet, le local de Femmes SDF a accueilli 376 femmes et 171 enfants en 2018. Il fau­drait, d’a­près ses res­pon­sables, en aider près de 400 de plus sur l’agglo­mé­ra­tion gre­no­bloise. Des chiffres qui ne font qu’aug­men­ter au fil des années, constatent-ils.

 

Petit tour du pro­prié­taire en images, avec quelques séquences cap­tées lors de cette jour­née portes ouvertes au local des femmes SDF.

 

 

 

Se reposer, prendre soin de soi, relâcher les tensions

 

Le local est ouvert toute la semaine mais sur des temps d’ac­cueil dif­fé­rents. Les lun­dis, mer­cre­dis et ven­dre­dis, l’ac­cueil de jour s’a­dresse aux per­sonnes qui viennent avant tout pour se dou­cher, se repo­ser, prendre soin d’elles… et sur­tout relâ­cher les ten­sions. Tandis que le mardi après-midi est réservé à l’ac­com­pa­gne­ment indi­vi­duel et que le jeudi est plus spé­ci­fi­que­ment consa­cré aux pro­jets.

 

Maïwenn Abjean présentant le local. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Maïwenn Abjean, direc­trice de Femmes SDF, pré­sente le local. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Les per­sonnes viennent, ce jour-là, pour s’im­pli­quer dans un pro­jet, dans une action col­lec­tive. Ça peut être un débat, une réunion sur une thé­ma­tique par­ti­cu­lière comme la santé, un ciné-débat… », énu­mère Maïwenn Abjean. La direc­trice de Femmes SDF se féli­cite à ce titre du coup de pro­jec­teur donné par le film Les invi­sibles.

 

Son réa­li­sa­teur s’est en effet ins­piré de ce qui se pra­tique au local. « C’était impor­tant pour lui de voir quels types de rela­tions il y avait ici. Et puis nous, nous sommes contents puisque ça a fait par­ler de l’as­so­cia­tion et du tra­vail que nous fai­sons ici. Et, sur­tout, cela a per­mis d’é­vo­quer le vécu de toutes ces femmes. »

 

 

« Nous les aidons à avoir une place, une reconnaissance »

 

S’il y a d’autres lieux d’ac­cueil de jour à Grenoble, le local de Femmes SDF est le seul qui soit spé­ci­fique aux femmes en errance. Il n’existe d’ailleurs dans l’Hexagone pas plus de cinq ou six lieux simi­laires. « Ces endroits méri­te­raient d’être déve­lop­pés parce que les femmes qui viennent ici nous disent tout ce qu’il leur apporte. »

 

Notamment « se retrou­ver entre femmes, en sécu­rité », explique Maïwenn Abjean. Sans oublier, ajoute-t-elle, le com­plé­ment que cela repré­sente pour celles qui vivent dans d’autres lieux. « Nous les aidons à avoir une place, une recon­nais­sance. C’est impor­tant pour elles. “Être recon­nue comme une per­sonne”, c’é­tait une phrase impor­tante qu’elles ont dite lors de la pré­pa­ra­tion de cette jour­née », sou­ligne la direc­trice.

 

Bénévoles et femmes accueillies avaient mis les petits plats dans les grands. © Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Ce qui frap­pait lors de cette visite, c’é­tait la forte pro­por­tion de jeunes femmes venues se ren­sei­gner. Dont deux jeunes filles actuel­le­ment en for­ma­tion pour deve­nir coor­di­na­trices d’in­ser­tion sociale et pro­fes­sion­nelle.

 

« C’est une de nos for­ma­trices, une infir­mière de rue qui nous a parlé de cette jour­née portes ouvertes. Elle nous a beau­coup parlé de son métier et ça nous a inté­res­sées », expliquent-elles. Découvrir le public, voir com­ment ça fonc­tionne, les par­te­naires… « Nous vou­lions voir si ça pou­vait nous cor­res­pondre. Pourquoi pas pour un stage et pour se créer un petit réseau », nous confient-elles.

 

 

Un appel aux dons pour que l’association continue d’exister

 

Mais, cha­cun le sait, sans finan­ce­ments on ne va pas bien loin. L’association n’y échappe pas et cherche à déve­lop­per les appels aux dons des par­ti­cu­liers. Car, comme on l’a vu, le local accueille de plus en plus de femmes en errance.

 

Hélène Goux, la présidente de l'association Femmes SDF accueille les visiteurs. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Hélène Goux, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Femmes SDF, accueille les visi­teurs. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Ça coûte cher et nous sommes en recherche de finan­ce­ments », alerte Hélène Goux, la pré­si­dente de Femmes SDF.

 

Pour cela, tout est prévu. « On peut faire des dons via notre site inter­net. Ça devient indis­pen­sable pour que notre asso­cia­tion conti­nue d’exis­ter », estime Maïwenn Abjean.

 

« Et, en plus, ça ouvre droit à un dégrè­ve­ment fis­cal ! », ne manque pas de pré­ci­ser, Hélène Goux.

 

Joël Kermabon

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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