Le préfet de l’Isère tacle Laurent Wauquiez après son appel à “rétablir l’ordre” lancé depuis Mistral

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FIL INFO – Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et accessoirement des Républicains, s’est rendu dans le quartier Mistral de Grenoble, ce lundi 11 mars. Une visite (politique) surprise qui a donné l’occasion à Laurent Wauquiez de dénoncer la supposée inaction du gouvernement pour lutter contre les troubles dans le quartier. Ce que la préfecture de l’Isère, visiblement piquée au vif, a immédiatement démenti.

 

 

Le pré­fet de l’Isère n’a pas appré­cié les décla­ra­tions de Laurent Wauquiez ce lundi 11 mars, à l’oc­ca­sion d’une visite du quar­tier Mistral de Grenoble. Peu habi­tué aux dépla­ce­ments dans la capi­tale des Alpes, le pré­sident de la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’est en effet rendu dans le quar­tier en proie à des troubles depuis plu­sieurs jours.

 

Une visite déci­dée « au der­nier moment », indiquent les ser­vices de la Région. Qui n’ont pas pris la peine d’en aver­tir Place Gre’net.

 

Laurent Wauquiez en visite dans le quartier Mistral de Grenoble © Yannick Neuder - Twitter

Laurent Wauquiez en visite dans le quar­tier Mistral de Grenoble. © Yannick Neuder – Twitter

 

« Je ne peux pas accep­ter que ce soit la France. Cela fait une semaine que durent ces vio­lences, ce n’est pas nor­mal », a notam­ment déclaré Laurent Wauquiez, cité par Le Dauphiné libéré. Une manière, pour le patron des Républicains, de cri­ti­quer le gou­ver­ne­ment en l’ap­pe­lant à tout faire pour « réta­blir l’ordre » dans le quar­tier Mistral. À l’ap­proche d’é­chéances élec­to­rales, la visite du pré­sident de la Région ne manque donc pas d’ha­billage poli­tique.

 

 

« Une connaissance incomplète du dossier »

 

« Le pré­fet de l’Isère sou­ligne que ces décla­ra­tions semblent se fon­der sur une connais­sance incom­plète du dos­sier étant donné l’accalmie très nette des vio­lences urbaines dans le quar­tier Mistral depuis le 4 mars », a promp­te­ment répondu la pré­fec­ture dans un com­mu­ni­qué.

 

Une « accal­mie » qui, tou­te­fois, n’empêche pas les dégra­da­tions de conti­nuer. Y com­pris au moment même de la visite du pré­fet aux forces de l’ordre, le dimanche 10 mars au soir.

 

Le hall du bâtiment de l'IFSI, largement dégradé durant les émeutes du quartier Mistral © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le hall du bâti­ment de l’Institut Saint-Martin, lar­ge­ment dégradé durant les émeutes du quar­tier Mistral. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

La veille, le samedi 9 mars, la pépi­nière d’en­tre­prise Artis située ave­nue Rhin-et-Danube était de nou­veau incen­diée. De nou­veau ? Le bâti­ment avait déjà été la cible de flammes dans la nuit du jeudi 7 au ven­dredi 8 mars. Quant à l’Institut de for­ma­tion de la Croix-Rouge Saint-Martin, c’est au cœur des émeutes qu’il a été incen­dié, dans la nuit du 2 au 3 mars. Ses étu­diants ont été répar­tis dans les éta­blis­se­ments sco­laires de la région.

 

 

Le préfet dément toute inaction de l’État

 

Pour autant, le pré­fet dément for­mel­le­ment toute poten­tielle inac­tion du gou­ver­ne­ment. Et indique avoir obtenu « le ren­fort de moyens natio­naux et zonaux consé­quents pour appuyer les effec­tifs de la direc­tion de la sécu­rité publique de l’Isère ». Des ren­forts, ajoutent les ser­vices pré­fec­to­raux, qui ont « mobi­lisé plu­sieurs cen­taines de fonc­tion­naires de police et de gen­darmes mobiles ainsi qu’un héli­co­ptère d’observation des forces de l’ordre ».

 

Lionel Beffre, préfet de l'Isère, aux cîtés du colonel Jean-Luc Villeminey. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère, aux côtés du colo­nel Jean-Luc Villeminey. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Enfin, le pré­fet rap­pelle que l’État a annoncé la créa­tion de quar­tiers de recon­quête répu­bli­caine (QRR) sur l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. Une déci­sion prise dans le cadre de la police de sécu­rité du quo­ti­dien, que le gou­ver­ne­ment avait ini­tia­le­ment refu­sée au bas­sin gre­no­blois mal­gré les demandes répé­tées des élus de Grenoble, d’Échirolles et de Saint-Martin-d’Hères. Sur Grenoble, c’est tou­te­fois le quar­tier Villeneuve, et non Mistral, qui sera concerné par ces QRR.

 

FM

 

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Commentaires 4
  1. Vous avez rai­son. La ville de Grenoble est en roue libre. De chez moi je l’en­tends. Et tout le monde ferme les yeux et ne veut sur­tout rien voir. On pré­fère aller au ski et faire le bobo. Pathétique

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  2. Les muni­ci­pa­li­tés Grenobloise de gauche et celle d’Eric #Piolle actuel­le­ment ont toutes leurs res­pon­sa­bi­li­tés dans la créa­tion et la dérive des quar­tiers Grenoblois, conse­quences de l’ur­ba­nisme foux et for­cené mis en oeuvre, dou­blé d’une poli­tique laxiste et per­mis­sive à des fins élec­to­ra­listes.

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  3. Que le pré­fet et Eric Piolle le 1er, fassent leur job

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  4. Nous habi­tons à Mistral, et nous res­pi­rons tou­jours autant les fumées toxiques déga­gées par d’é­tranges incen­dies ponc­tués par des feux d’ar­ti­fices, pour mon­trer la joie de tous les habi­tants du quar­tier. L’amélioration de la situa­tion peut être consta­tée par de moindre jet de cock­tails Molotov et bombes lacry­mo­gènes. Venez tous habi­ter à Mistral le quar­tier Vert de Grenoble, Métropole Apaisée.

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