Le juge des référés a rejeté la requête des opposants à l'élargissement de l'A480 dans la traversée de Grenoble. Et validé le démarrage des travaux.

A480 : le juge des référés rejette la requête des opposants et valide le démarrage des travaux

A480 : le juge des référés rejette la requête des opposants et valide le démarrage des travaux

FOCUS – Le juge des référés a rejeté la requête des opposants à l’élargissement de l’A480 dans la traversée de Grenoble. Et, ce faisant, validé le démarrage des travaux préparatoires. Quatre Grenoblois avaient saisi en urgence le tribunal administratif pour demander l’annulation de l’arrêté de déclaration publique signé par le préfet en juillet dernier. Un second recours, au fond, doit encore être examiné par le tribunal administratif.

 

 

L'A480 est bouchée à plusieurs heures de la journée.

L’A480 est bouchée à plusieurs heures de la journée. © Manuel Pavard

Les travaux préparatoires à l’élargissement de l’A480 dans la traversée de Grenoble peuvent continuer. Le juge des référés du tribunal administratif a, dans son ordonnance rendue ce 1er mars, rejeté la requête de quatre Grenoblois qui réclamaient la suspension de l’exécution de l’arrêté préfectoral autorisant les travaux.

 

Le 23 juillet 2018, le préfet de l’Isère avait déclaré d’utilité publique le projet d’aménagement de l’A480 et de l’échangeur du Rondeau après que la commission d’enquête ait donné un avis favorable, moyennant une réserve – vite levée – au projet.

 

Saisi d’un recours en urgence en décembre dernier, le juge n’a suivi aucun des points soulevés par les avocats des quatre requérants. Pas plus la condition d’urgence liée au démarrage, jugé anticipé, des travaux que le cheminement de la procédure qui a conduit au feu vert du représentant de l’État.

 

 

Urgence à stopper les travaux pour les opposants, urgence à les démarrer pour Area…

 

Depuis début février, la société Area, maître d’ouvrage du projet aux côtés de l’État, a démarré les travaux préparatoires à l’élargissement dans le parc Vallier-Catane. Là, le défrichement est même bien avancé. Trop tôt ? Surtout en contradiction, a fait observer Me Le Gulludec, avec ce qui avait été annoncé, à savoir un démarrage du gros du chantier en mars.

 

Quatre Grenoblois, Jean Jonot, Serge Bouyssi, Christine Bollaert et Xavier Bodin (de gauche à droite) ont en septembre dernier déposé un recours visant à l'annulation du projet de réaménagement de l'A480. D'ici la fin de l'année, un second recours, en référé-suspension, devrait suivre pour empêcher le démarrage des travaux

Quatre Grenoblois, Jean Jonot, Serge Bouyssi, Christine Bollaert et Xavier Bodin ont en septembre dernier déposé un recours visant à l’annulation du projet de réaménagement de l’A480. Puis un référé-suspension en décembre. C’est sur ce dernier que le juge des référés a statué, en urgence © Patricia Cerinsek

 

Pour la défense, il y avait urgence à démarrer les travaux. Urgence car il y a un « vrai engorgement de l’A480 » avait plaidé Me Garancher, l’avocat d’Area, lors de l’audience le 26 février. Urgence car il s’agit de caler le calendrier des travaux avec celui de l’arrêt du Synchrotron. Urgence car l’autorisation environnementale impose de commencer les travaux avant la période de nidification, à la mi-mars.

 

 

Pas de doute sérieux sur la légalité de l’arrêté de déclaration d’utilité publique

 

Bref, une condition d’urgence à stopper les travaux pas plus remplie pour Me Fessler. L’avocat du préfet de l’Isère faisant remarquer que la requête en suspension avait été introduite près de cinq mois après le recours en annulation. Un premier recours, au fond, a en effet été déposé en septembre dernier, réclamant l’annulation de l’arrêté de déclaration d’utilité publique. Recours pas encore examiné par le tribunal administratif.

 

La question de l’urgence mise de côté, le juge des référés s’est penché, dans la mesure de son périmètre d’action – celui-ci jugeant en urgence et non au fond – sur la question de la légalité de l’arrêté préfectoral.

 

Denis Besle, président du tribunal administratif de Grenoble

Christian Sogno, aux côtés de Denis Besle, président du tribunal administratif de Grenoble. © Patricia Cerinsek

Les dix-sept recommandations de la commission d’enquête devaient-elles êtres requalifiées en réserves, imposant un minimum de modifications au projet ?

 

Le projet va-t-il à l’encontre du code de l’environnement, l’étude d’impact ne proposant pas de solutions de substitution « convenables » selon les requérants ?

 

Le dossier est-il entaché d’une erreur manifeste en n’ayant pas suffisamment prolongé le mur anti-bruit ? La concertation préalable mise en œuvre en 2011 et sur laquelle se fonde le projet est-elle suffisante ?

 

« En 2011, il ne s’agissait pas d’un projet d’autoroute classique mais davantage d’un boulevard urbain dont le maître d’ouvrage était l’État, soulignait Me Janot pour la partie civile. En 2015, changement : l’Area devient le maître d’ouvrage. Entre ces deux dates, un accord a été passé entre l’État et l’Area. Et le projet, de boulevard urbain est devenu projet autoroutier ! On créé une voie de plus, tout en conservant la bande d’arrêt d’urgence. Les coûts explosent. »

 

 

« Hors Rondeau, c’est trois fois plus cher ! »

 

De 130 millions d’euros hors taxes, la facture est passée à 348 millions toutes taxes comprises. « Hors Rondeau, c’est trois fois plus cher ! », pointait Me Janot. Et pour cause, défendait Me Garancher pour Area, « les collectivités, Grenoble, Échirolles, Saint-Égrève… ont modifié le projet, qui est devenu pus onéreux que prévu avec plus de murs anti-bruit, des passerelles… C’est le même aménagement, la même réalisation qu’en 2011. Elle est améliorée avec des éléments d’intégration. » À lui seul, le rajout de murs anti-bruit aurait fait grimper la note de 20 millions d’euros.

 

« Ce sont les demandes des collectivités qui ont abouti à cette inflation du projet ? s’était étranglé Me Janot. On essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! » En attendant le débat au fond et donc d’y voir plus clair, le juge des référés a clos ce premier chapitre.

 

« En l’état de l’instruction, aucun moyen n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté du 23 juillet 2018 », a conclu le juge Christian Sogno.

 

Patricia Cerinsek

 

 

* Les requérants réclamaient également une astreinte journalière de 100 000 euros. Demande finalement abandonnée par la partie civile.

 

Gardez un œil sur l'actu ! 👋

Les récap‘ actu de la grande région grenobloise deux fois par semaine. 👉
Gratuit et sans engagement !

Vous pouvez vous désinscrire à tout instant d'un simple clic.

Patricia Cerinsek

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi sur Place Gre'net

L’Ilyade et Les Vagabondes dévoilent une saison 2026-2027 musicale, locale et festive

FOCUS – Avec Les Vagabondes, les communes de Seyssins et Seyssinet-Pariset proposent une saison culturelle riche en émotions, où musique et festivités se mêlent sur Lire plus

Heurts entre lycéens et forces de l'ordre devant le lycée Mounier de Grenoble... et de nouveaux blocages dans d'autres établissements
Heurts entre lycéens et policiers devant le lycée Mounier… et nouveaux blocages à Grenoble

FOCUS - Des heurts sont survenus entre lycéens et forces de l'ordre à l'occasion d'un blocage du lycée Emmanuel-Mounier de Grenoble le lundi 28 septembre Lire plus

Grève et manifestation des agents de la fonction publique à Grenoble (comme partout) le mardi 29 septembre
Grenoble : grève et manifestation nationale des agents de la fonction publique mardi 29 septembre

EN BREF - Les salariés de la fonction publique sont appelés à se mobiliser mardi 29 septembre 2026, alors que le budget 2027 en préparation Lire plus

Un homme identifié comme l'auteur (présumé) de plusieurs incendies de véhicules sur Seyssins et Seyssinet-Pariset
Un homme identifié comme l’auteur présumé de plusieurs incendies de véhicules sur Seyssins et Seyssinet-Pariset

FLASH INFO - Un individu a été interpellé le jeudi 24 septembre 2026 après avoir été identifié comme l'auteur présumé d'une série d'incendies de véhicules Lire plus

Des bénévoles de l'association Pause IA ont mené une action de sensibilisation contre les risques de débordement des intelligences artificielles. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Grenoble : l’association Pause IA alerte les passants sur les risques de perte de contrôle des intelligences artificielles

REPORTAGE - Des bénévoles de l'association Pause IA sont allés à la rencontre des passants, vendredi 25 septembre 2026, rue Félix-Poulat à Grenoble, pour les Lire plus

Chronique Place Gre'net - RCF : Un nouveau chapitre pour la Cité du Rabot à Grenoble
Chronique Place Gre’net – RCF : Un nouveau chapitre à écrire pour la Cité du Rabot à Grenoble

CHRONIQUE - Place Gre'net s'associe à la radio RCF Notre-Dame Isère chaque jeudi midi dans la chronique L'Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une Lire plus

Flash Info

|

28/09

19h21

|

|

26/09

23h48

|

|

25/09

15h20

|

|

22/09

20h17

|

|

22/09

12h48

|

|

22/09

12h29

|

|

15/09

16h14

|

|

14/09

23h32

|

|

08/09

15h50

|

|

03/09

23h54

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : Un nouveau chapitre à écrire pour la Cité du Rabot à Grenoble

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : La fameuse baignade dans l’Isère… remise à plus tard

Société| Cité du Rabot à Grenoble : trois projets en lice et des « avancées concrètes » pour la restauration et la voirie du site

Agenda

Je partage !