Manifestation du 5 février 2019 à Grenoble © Florent Mathieu - Place Gre'net

Manifestation du 5 février à Grenoble : une “conver­gence des luttes” réussie

Manifestation du 5 février à Grenoble : une “conver­gence des luttes” réussie

DIAPORAMA – La mani­fes­ta­tion uni­taire du mardi 5 février à Grenoble a mar­qué un nou­veau suc­cès de la « conver­gence des luttes ». CGT, FO, Solidaires, CNT, lycéens, gilets jaunes… Près de 2 000 per­sonnes, au plus fort de la mani­fes­ta­tion, ont clamé leur rejet de la poli­tique menée par Emmanuel Macron et le gou­ver­ne­ment d’Édouard Philippe.

À l’oc­ca­sion de la jour­née de mobi­li­sa­tion géné­rale et natio­nale du mardi 5 février, la « conver­gence des luttes » a de nou­veau réussi son pari sur Grenoble. Plusieurs mil­liers de per­sonnes ont par­couru les rues de Grenoble, arbo­rant slo­gans, dra­peaux et reven­di­ca­tions diverses. Avec un mot d’ordre com­mun – le rejet de la poli­tique menée par le gou­ver­ne­ment – et une pro­fonde hos­ti­lité à l’é­gard d’Emmanuel Macron.

Convergence des luttes réussie à Grenoble où la manifestation du 5 février comptait Gilets jaunes, lycéens... et le personnel des écoles de Grenoble. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Manifestation du 5 février 2019 à Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

C’est au croi­se­ment des cours Vallier et Libération de Grenoble que les syn­di­cats ont donné ren­dez-vous aux mani­fes­tants. Un point de ral­lie­ment ori­gi­nal qui n’a­vait pas été choisi au hasard : les locaux du Medef de Grenoble sont en effet situés tout près, bou­le­vard Foch. L’occasion pour la sono des orga­ni­sa­tions syn­di­cales de dire tout le mal qu’elle pense des orien­ta­tions sociales et éco­no­miques de l’État, jugées direc­te­ment ins­pi­rées des desi­de­rata de l’or­ga­ni­sa­tion patronale.

Les gilets jaunes, pré­sents en masse

Après plu­sieurs prises de parole et la dis­tri­bu­tion de nom­breux tracts, la mani­fes­ta­tion a remonté le bou­le­vard Foch pour rejoindre Gambetta, puis la rue Lesdiguières jus­qu’à la place de Verdun. Objectif : conclure le défilé devant la pré­fec­ture de l’Isère, sans sur­prise sous bonne garde poli­cière. Une délé­ga­tion n’en a pas moins été reçue, com­po­sée de repré­sen­tants des dif­fé­rents syn­di­cats ou orga­ni­sa­tions : la CGT, FO, Solidaires, l’UNL et les gilets jaunes. *

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Des gilets jaunes qui se sont dépla­cés en masse pour rejoindre la mani­fes­ta­tion. Tandis que les lycéens, moins nom­breux qu’à d’autres occa­sions, se sont dis­tin­gués en don­nant de la voix. Également pré­sents, le syn­di­cat de la fonc­tion publique FSU, le Parti com­mu­niste, la France insou­mise, le NPA ou les anar­chistes de la CNT. Sans comp­ter des per­sonnes sans dra­peaux, mais avec des pan­cartes aux apho­rismes par­fois fleu­ris à l’é­gard du chef de l’État.

À noter éga­le­ment la pré­sence de quelques élus, tels Laurent Jadeau (Fontaine) ou Bernard Macret (Grenoble), ceints de leur écharpe tri­co­lore. La muni­ci­pa­lité gre­no­bloise n’a pour­tant pas man­qué de se faire égra­ti­gner par les repré­sen­tants du per­son­nel des écoles, arbo­rant ban­de­role et car­tons pour dénon­cer un « coup de Piolle ». Entre enjeux locaux et natio­naux, autour de sen­si­bi­li­tés diverses, la conver­gence des luttes tient au final autant du puzzle que du compromis.

Florent Mathieu

  • * Délégation qui a fina­le­ment refusé de ren­con­trer un repré­sen­tant de la Préfecture, esti­mant n’a­voir affaire qu’à un « subal­terne ».

LA COLÈRE DES SALARIÉS DU CARREFOUR MEYLAN

Parmi les sala­riés en grève lors de cette jour­née d’ac­tion du mardi 5 février, ceux du maga­sin Carrefour de Meylan ne déco­lèrent pas. « Carnage », « bou­che­rie sociale », la CGT Carrefour Meylan n’a pas de mots assez durs pour décrire les annonces de la direc­tion, à l’oc­ca­sion d’un conseil d’en­tre­prise extra­or­di­naire orga­nisé ven­dredi 31 jan­vier 2019.

Action de la CGT devant le carrefour Meylan le 5 février 2019 © CGT

Action de la CGT devant le car­re­four Meylan le 5 février 2019 © CGT

Alors que la direc­tion évoque un « plan de trans­for­ma­tion », le syn­di­cat y voit un « plan de sau­ve­garde des divi­dendes pour les action­naires et les hauts diri­geants ». La ran­cœur cou­vait déjà, rap­pelle le res­pon­sable CGT Patrice Brun : « La décep­tion du 31 est venue se gref­fer au mécon­ten­te­ment pour ce qui est des salaires et de la prime Macron, qui s’est avé­rée ridi­cule. »

Des sup­pres­sions de rayons… et de personnel ?

Que contient le fameux plan de trans­for­ma­tion ? Pour mieux trans­gres­ser des « tabous », selon le terme employé par le PDG du groupe Alexandre Bompard, Carrefour entend invi­ter d’autres enseignes à prendre en charge cer­tains rayons. La culture ou l’élec­tro­mé­na­ger seraient ainsi trans­fé­rés à la Fnac Darty, via une pré­sence phy­sique dans le maga­sin Carrefour.

Action de la CGT devant le carrefour Meylan le 5 février 2019 © CGT

Action de la CGT devant le car­re­four Meylan le 5 février 2019 © CGT

Des sup­pres­sions ou modi­fi­ca­tions de rayons sont éga­le­ment évo­qués, et Patrice Brun voit déjà se pro­fi­ler la baisse du nombre de sala­riés, notam­ment dans les rayons bou­che­rie ou pois­son­ne­rie. Un che­mi­ne­ment logique, juge le syn­di­ca­liste, qui évoque une baisse des effec­tifs de 150 per­sonnes depuis 2008 pour le seul maga­sin de Meylan.

Au total, une qua­ran­taine de sala­riés se sont retrou­vés devant le maga­sin pour dis­tri­buer des tracts aux clients venant faire leur course. Le per­son­nel du Carrefour Meylan n’é­tait pas seul repré­senté, pré­cise Patrice Brun. Des sala­riés d’autres maga­sins de la région sont ainsi venus gros­sir les rangs des gré­vistes. Après une mati­née de trac­tage, la CGT Carrefour a rejoint la mani­fes­ta­tion de Grenoble. Mais compte bien se faire entendre de nouveau.

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