Culture de la noix de Grenoble : baisse de biodiversité, cancers… Les pesticides sur la sellette

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DÉCRYPTAGE – Riche en vitamines et en goût, la noix de Grenoble est-elle le fruit d’une agriculture respectueuse de l’environnement ? Pas toujours… Alors que le produit phare de la région iséroise vient de fêter les 80 ans de son appellation d’origine protégée, un vent de polémique souffle sur la vallée du Sud Grésivaudan. En cause : la pulvérisation de pesticides toxiques dans les noyeraies et ses impacts sur l’environnement et la santé.

 

 

80 ans Noix de Grenoble Alpe d'Huez

La noix de Grenoble a débar­qué à l’Alpe d’Huez à l’oc­ca­sion d’une tour­née fes­tive dans diverses sta­tions de ski. © Page Facebook de la « Noix de Grenoble AOP ».

Des ver­gers sur 7 000 hec­tares, près de 900 nuci­cul­teurs et envi­ron 14 000 tonnes pro­duites par an. Produit phare incon­testé de la pro­duc­tion régio­nale, la noix de Grenoble domine depuis trois siècles la val­lée de l’Isère, de la Haute-Savoie jusqu’à la Drôme.

 

Un pro­duit du ter­roir à la fois sain et goû­teux qui a célé­bré cette année les 80 ans de son appel­la­tion d’origine pro­té­gée (AOP).

 

Pour fêter cet anni­ver­saire, le Comité inter­pro­fes­sion­nel de la noix de Grenoble (CING) a orga­nisé une vaste série d’événements. Objectif ? Faire de la clas­si­fi­ca­tion AOP « la réfé­rence de la noix en France ». Après une tour­née fes­tive dans diverses sta­tions de ski l’hi­ver der­nier, les ani­ma­tions se sont pour­sui­vies toute l’an­née lors de salons et mar­chés sur Paris et en Rhône-Alpes. Au menu : dégus­ta­tions, ate­liers, jeux, chal­lenges ludiques… mais aussi ren­contres avec les consom­ma­teurs et cam­pagnes de rela­tions presse.

 

 

Entre enjeux économiques… et problèmes environnementaux

 

En plein essor sur le mar­ché mon­dial160 % de la pro­duc­tion AOP sont des­ti­nés à l’exportation vers dif­fé­rents pays d’Europe, dont l’Italie, l’Allemagne, la Suisse ou encore l’Espagne., la filière nuci­cole se doit aujourd’hui de faire face à la demande gran­dis­sante des consom­ma­teurs… sans renon­cer à la qua­lité de ses pro­duits. Mais avec quelles consé­quences pour l’environnement ?

 

« Dans la val­lée du Sud Grésivaudan, et plus pré­ci­sé­ment dans le can­ton entre Tullins, Vinay et Saint-Marcellin, la culture de la noix devient presque une mono­cul­ture. Ce qui engendre une perte de bio­di­ver­sité énorme », observe Pierre Feugier, pré­sident de l’association Grésivaudan Sud Écologie.

 

La culture de la noix débute à Montmélian, en Haute-Savoie, et s’é­tend jus­qu’à la Drôme.

Un pro­blème qui, rap­pelle-t-il, ne date pas d’hier. « Une forte mor­ta­lité d’abeilles a été obser­vée dans cette zone entre 2009 et 2011 […] Et, depuis trois ou quatre ans, on constate qu’il y a moins d’oiseaux loca­le­ment » (cf. enca­dré).

 

La cause, selon Pierre Feugier ? L’épandage d’insecticides néo­ni­co­ti­noïdes dans les ver­gers. « Ces pro­duits neu­ro­toxiques contiennent des molé­cules extrê­me­ment dan­ge­reuses pour la faune des ver­gers. »

 

De récentes études scien­ti­fiques ont en effet mon­tré qu’en plus de réduire la popu­la­tion d’abeilles les néo­ni­co­ti­noïdes ont fait dimi­nuer celles de cer­taines espèces d’oiseaux. « Les oiseaux sont direc­te­ment impac­tés par les pes­ti­cides, soit à tra­vers l’alimentation, soit par une perte de fécon­dité, pré­cise le pré­sident de Grésivaudan Sud Écologie. C’est pour­quoi ils se repro­duisent moins. »

 

 

55 000 tonnes de produits phytosanitaires utilisées par an en France

 

« Les noyers sont des arbres très hauts et donc, lors de la vapo­ri­sa­tion, les insec­ti­cides se répandent par­tout dans l’atmosphère autour. Seuls 10 à 15 % du pro­duit sont réel­le­ment effi­caces », sou­tient Pierre Feugier.

 

Exposés aux effets de l’épandage de sub­stances chi­miques à proxi­mité des habi­ta­tions, des rive­rains du Sud Grésivaudan ont à leur tour tiré la son­nette d’alarme. « Plus de 55 000 tonnes de pro­duits phy­to­sa­ni­taires sont uti­li­sées chaque année en France », s’indigne Sylvia Vieuguet, à la tête de la récente asso­cia­tion Noix Nature Santé, basée à Vinay.

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Commentaires 2
  1. sep article
  2. Merci pour cet article. A mon sens il est impor­tant d’a­gir sur la demande en noix bio. Associé d’une bou­lan­ge­rie dans le quar­tier st Bruno a gre­noble dont les matières pre­mières sont 100%bio,j’ai l impres­sion que nous fai­sons notre part,même si le bio n est pas la panacée(j ima­gine que les champs de noyées bio côtoient les nons bio) il est a mon avis une étape vers une agri­cul­ture plus res­pec­tueuse.

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