Toujours à la « recherche de l’efficience », Monique Sorrentino, la nouvelle directrice du CHU de Grenoble veut rassurer

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EN BREF – À Villefranche-sur-Saône où elle officiait à la tête de l’hôpital Nord-Ouest depuis 2013, Monique Sorrentino s’est faite le chantre de la tarification à l’activité tout en restructurant l’établissement grâce à un partenariat public-privé. Au CHU de Grenoble où elle est en poste depuis ce 1er septembre, la nouvelle directrice générale entend rassurer. Avant de mettre sur les rails un nouveau projet managérial.

 

 

Monique Sorrentino, nouvelle directrice générale du CHU de Grenoble depuis le 1er septembre 2018

Monique Sorrentino, nou­velle direc­trice géné­rale du CHU de Grenoble depuis le 1er sep­tembre 2018. DR

Depuis le 1er sep­tembre, Monique Sorrentino est la nou­velle direc­trice géné­rale du CHU de Grenoble. L’ex-direc­trice de l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône* vient rem­pla­cer Jacqueline Hubert.

 

Cette der­nière a quitté le CHU Grenoble-Alpes en juin der­nier alors que l’é­ta­blis­se­ment, en proie à une crise majeure, fait l’ob­jet d’un plan d’ac­tions visant à réta­blir la confiance du per­son­nel.

 

Monique Sorrentino y par­vien­dra-t-elle ? Dans un com­mu­ni­qué, la nou­velle direc­trice s’emploie à ras­su­rer. « Dans le cadre de mes nou­velles fonc­tions à la direc­tion du CHU-GA, ma prio­rité sera que les équipes exercent leurs mis­sions dans la confiance et la séré­nité, afin de sor­tir des ten­sions et souf­frances expri­mées ces der­niers mois, et de construire l’a­ve­nir ensemble. »

 

 

« Soigner et rester au service de l’humain »

 

« Je m’as­su­re­rai des bonnes condi­tions de fonc­tion­ne­ment au quo­ti­dien des ser­vices et m’at­ta­che­rai à l’ap­pli­ca­tion du plan qua­lité de vie au tra­vail, tant pour les per­son­nels para­mé­di­caux que pour les per­son­nels médi­caux, pour­suit la nou­velle direc­trice dans un com­mu­ni­qué. […] Au-delà des évo­lu­tions tech­niques et orga­ni­sa­tion­nelles qui ne sont que des outils, l’hô­pi­tal doit pour­suivre sa mis­sion pre­mière, soi­gner et res­ter au ser­vice de l’hu­main. »

 

À Villefranche-sur-Saône, la ligne sui­vie par Monique Sorrentino a, en tout cas, laissé les repré­sen­tants du per­son­nel, et notam­ment la CGT, dubi­ta­tifs. Dans un entre­tien au jour­nal Le Monde publié en février der­nier, la direc­trice disait tout le bien qu’elle pen­sait de la T2A, la tari­fi­ca­tion à l’ac­ti­vité. Un modèle de finan­ce­ment qu’en­tend par ailleurs réfor­mer le député de l’Isère Olivier Véran…

 

Malaise au CHU de Grenoble : après le rapport Couty, la direction a mis en place un plan d'actions pour améliorer les conditions de travail. Verdict dans un un ? © Patricia Cerinsek

Avec l’é­quipe de direc­tion et la gou­ver­nance, la nou­velle direc­trice entend enta­mer rapi­de­ment un dia­logue avec le per­son­nel (photo d’ar­chives autour de l’an­cienne direc­trice du CHU). © Patricia Cerinsek

 

La T2A lie la majeure par­tie des res­sources finan­cières de l’hô­pi­tal public au nombre de séjours comp­ta­bi­li­sés. La course au ren­de­ment ? Non, pour Monique Sorrentino, « la T2A donne envie de tra­vailler », y expli­quait-elle. « Quand on veut déve­lop­per une acti­vité, embau­cher un méde­cin ou inves­tir dans les équi­pe­ments, on monte un busi­ness plan. On sait que ça doit géné­rer 8 % de marge, il ne faut pas que ça s’é­qui­libre juste. »

 

À la ques­tion de savoir si la baisse régu­lière du tarif des actes depuis 2015 n’a pas entraîné l’hô­pi­tal public sur la mau­vaise pente, Monique Sorrentino, alors direc­trice de l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône, contre-atta­quait : « Il faut péda­ler beau­coup plus vite pour avoir un effet sur les recettes. »

 

 

À Villefranche, la CGT dénonce les dérives managériales employées

 

Son leit­mo­tiv ? « Chercher l’ef­fi­cience par­tout, tout le temps ». Sa méthode ? « Je pres­su­rise beau­coup la com­mu­nauté médi­cale et para­mé­di­cale pour avoir un hôpi­tal en sur­chauffe plu­tôt qu’à l’aise » Un dis­cours qui avait poussé la CGT à dénon­cer les « dérives mana­gé­riales employées ». « En aucun cas, un hôpi­tal ne peut être assi­milé à une entre­prise pri­vée et ses codes », rap­pe­lait le syn­di­cat.

 

En atten­dant, l’hô­pi­tal public de Villefranche est bien parti pour emprun­ter un nou­veau che­min : l’é­ta­blis­se­ment fait l’ob­jet d’une restruc­tu­ra­tion moyen­nant un par­te­na­riat public-privé inédit de 50 mil­lions d’eu­ros.

 

À Grenoble, la nou­velle direc­trice dit vou­loir aller à la ren­contre de l’en­semble des pôles et ser­vices. À l’is­sue de quoi elle entend for­ma­li­ser « un pro­jet mana­gé­rial orga­ni­sant et faci­li­tant la par­ti­ci­pa­tion ainsi que l’ex­pres­sion de cha­cun dans la conduite de l’é­ta­blis­se­ment ».

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* Monique Sorrentino était direc­trice de quatre hôpi­taux autour de l’hô­pi­tal sup­port de Villefranche-sur-Saône, après un pas­sage notam­ment à l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille.

 

 

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