Requalification de la Villeneuve : le Conseil citoyen s’oppose à la démolition du 20 galerie de l’Arlequin

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FOCUS – Le conseil citoyen de la Villeneuve, instance issue de la loi Lamy, a rendu public, ce 4 mai, son avis obligatoire concernant le projet de renouvellement urbain de la Villeneuve, à Grenoble. Il s’oppose à la démolition programmée du 20 galerie de l’Arlequin. En cause, une série de « défaillances démocratiques ».

 

 

Conférence de presse contre les démolitions à la Villeneuve

Conférence de presse contre les démo­li­tions à la Villeneuve. © Édouard Merlo – placegrenet.fr

Une nou­velle étape a été fran­chie dans l’opposition à la démo­li­tion pro­gram­mée du 20 gale­rie de l’Arlequin. Le conseil citoyen – jusque-là appelé “table de quar­tier” (cf. enca­dré) – Villeneuve Village olym­pique se pro­nonce offi­ciel­le­ment contre la des­truc­tion du bâti­ment où vivent encore 71 familles sur un total de 191 loge­ments. L’avis, rendu le 30 mars, a été voté par la majo­rité de ses membres à cinq voix contre trois.

 

 

Un avis obligatoire pour s’opposer à une « parodie de concertation »

 

D’après David Bodinier, membre du col­lec­tif contre les démo­li­tions à la Villeneuve, « la réha­bi­li­ta­tion prô­née par les habi­tants coû­te­rait moins cher qu’une démo­li­tion », contrai­re­ment à ce qu’af­firme la muni­ci­pa­lité. L’avis des élus est tron­qué, estime l’ac­ti­viste, car « ils n’ont pas pris en compte le coût de la recons­truc­tion ».

 

Conférence de presse contre les démolitions à la Villeneuve

Conférence de presse contre les démo­li­tions à la Villeneuve

Pour les membres du conseil citoyen, le pro­blème est avant tout d’ordre juri­dique : « Depuis les lois de décen­tra­li­sa­tion de 1983, le maire est res­pon­sable de l’aménagement de sa ville. Pas l’État. L’Anru [Agence natio­nale de réno­va­tion urbaine, ndlr] n’a donc pas à inter­ve­nir dans ce pro­ces­sus. »

 

L’Anru impo­se­rait-elle ses vues à une muni­ci­pa­lité qui a nor­ma­le­ment le pou­voir finan­cier en matière d’a­mé­na­ge­ment ? C’est en tout cas l’a­vis de David Bodinier. Pour lui, le véri­table pro­blème est que « la muni­ci­pa­lité veut obte­nir l’argent de l’Anru ». Cette der­nière exi­geant que la gale­rie 20 soit rayée de la carte de la Villeneuve, la muni­ci­pa­lité se plie­rait à ses exi­gences pour obte­nir des fonds.

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Commentaires 3
  1. Bonjour,
    Je tiens à féli­ci­ter Mr Bodinie pour le tra­vail effec­tué sur le quar­tier de la Villeneuve. Mais je tiens aussi à le féli­ci­ter pour son non tra­vail sur des sujets plus impor­tant pour la plus grande par­tie des habi­tants de ce même quar­tier. Habiter aux centre ville nous éloigne sou­vent des vrais problèmes.Problemes qui seraient bien mieux défen­dues par les habi­tants eux-mêmes.
    Une sub­ven­tion ce n’est pas un salaire.L’abbe Pierre doit se retour­ner dans sa tombe.
    BENYOUB.A

    N.B : veuillez édi­ter ce com­men­taire.
    Merci d’a­vance

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  2. « Pour les membres de la Table de quar­tier, le pro­blème est avant tout d’ordre juri­dique : « Depuis les lois de décen­tra­li­sa­tion de 1983, le maire est res­pon­sable de l’aménagement de sa ville. Pas l’État. L’Anru [Agence natio­nale de réno­va­tion urbaine, ndlr] n’a donc pas à inter­ve­nir dans ce pro­ces­sus. »
    Encore M. David-Gabriel Bodinier, urba­niste socio­logue auto-pro­clamé qui n’a qu’un bac +2… Même si la pro­fes­sion d’ur­ba­niste n’est pas régle­men­tée, est-ce bien suf­fi­sant pour se pré­tendre socio-urba­niste ?
    Faux, c’est la Métro qui est en charge de cela depuis 2015, plus la Ville de Grenoble.
    Faux, l’ANRU n’a­mé­nage pas, elle finance sur la base de pro­jets pré­sen­tés par les col­lec­ti­vi­tés après éva­lua­tion tech­nique et conclu­sion d’un contrat avec un cahier des charges pré­cis négo­cié.
    Et on demande son avis – qu’on n’est pas obligé de suivre – à la Table de Quartier d’un point de vue tech­nique. Les pré­ten­dues « défaillances démo­cra­tiques » ne sont pas un motif valable pour s’op­po­ser à une démo­li­tion.
    Donc on va lais­ser la Villeneuve pour­rir et ceux qui habitent éga­le­ment.
    Nous sommes per­sua­dés que d’autres villes, d’autres quar­tiers seront ravis de récu­pé­rer les 230 mil­lions d’eu­ros de ANRU1.
    Ou bien on démo­lit et on les envoie se débrouiller dans le parc privé.

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    • Contrairement à l’au­teur du pré­cé­dent mes­sage, il n’y a aucune rai­son de déni­grer les efforts ou com­pé­tences de cha­cun pour par­ti­ci­per au débat démo­cra­tique sur un sujet impor­tant pour Grenoble. Pour pré­ci­ser le pro­pos :

      1) évi­dem­ment la Métropole a la com­pé­tence urba­nisme mais les maires ont gardé une arme essen­tielle qui est celle des per­mis de construire, donc rien ne peut se faire sans leur accord. C’est bien un héri­tage des lois de décen­tra­li­sa­tion qui a ins­tauré le maire comme chef de file de l’ur­ba­nisme sur sa com­mune. C’est un acquis démo­cra­tique.

      2) depuis quelques années, en par­ti­cu­lier avec l’ANRU, on assiste à une recen­tra­li­sa­tion où les ser­vices de cette agence imposent leurs vues sur les choix d’ur­ba­nisme des com­munes, en fai­sant chan­tage sur les res­sources. Cette réa­lité est assez mécon­nue des citoyens à cause de l’ha­billage tech­no­cra­tique des pro­cé­dures ANRU.

      3) l’ANRU n’est pas un simple finan­ceur mais aussi un lieu de pou­voir qui impose des orien­ta­tions urbaines, dont la démo­li­tion du loge­ment social.

      4) il ne s’a­git pas de lais­ser « pour­rir la Villeneuve » comme cela est men­tionné par le pré­cé­dent com­men­taire mais de faire les meilleurs choix avec les res­sources limi­tées et d’a­voir un débat démo­cra­tique de qua­lité pour l’a­ve­nir d’un espace stra­té­gique pour la Métropole

      5) il y a cer­tains cas où la démo­li­tion peut être un choix judi­cieux, deman­dés par les habi­tants mais dans le cas du 20 Galerie de l’Arlequin, il n’y a aucun argu­ment ration­nel, jus­qu’a­lors avancé, qui ne jus­ti­fie cette opé­ra­tion (coût, sécu­rité, ouver­ture, peu­ple­ment).

      6) il n’y a aucun risque de « perdre des res­sources » ! On n’a jamais vu de cas où l’ANRU se désen­ga­geait d’une opé­ra­tion dans son ensemble à cause d’un chan­ge­ment des choix urbains de la muni­ci­pa­lité et de la popu­la­tion. Jouer sur cette peur a pour effet d’ac­cen­tuer les divi­sions entre pro­prié­taires et loca­taires alors que pour pro­duire du chan­ge­ment il est néces­saire de por­ter une dyna­mique col­lec­tive.

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