Pollution de l’air : une campagne de dépôts de plaintes lancée pour mise en danger de la vie d’autrui

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FIL INFO – Alors que l’agglomération grenobloise est en proie à des dépassements réguliers de niveaux de pollution, le groupe d’analyse métropolitain, poil à gratter des majorités en place, lance une campagne de dépôts de plaintes contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.

 

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

Pollution dans la cuvette grenobloise © Patricia Cerinsek

Alors que la France est mise à l’index par Bruxelles pour son incapacité à lutter contre la pollution de l’air, les plaintes pour mise en danger de la vie d’autrui se multiplient dans l’Hexagone.

 

Après la vallée de l’Arve où plus de quatre cents plaintes ont conduit le parquet de Bonneville à ouvrir une enquête préliminaire, Grenoble ? Dans la capitale du Dauphiné, et alors que la cuvette peine depuis des années à juguler les épisodes de pollution de l’air, le groupe d’analyse métropolitain (Gam) engage également à porter plainte contre X, modèle de plainte fourni…

 

Objectif pour ce groupe informel de citoyens devenu le poil à gratter des majorités en place ? Obtenir par la voie judiciaire une « description de la réalité en matière de pollution atmosphérique » mais surtout une « une évaluation indépendante de l’efficacité des politiques publiques et l’établissement des responsabilités tant individuelles que collectives en la matière », souligne le Gam dans un communiqué.

 

 

Quel impact a CVCM sur la qualité de l’air ?

 

Plus particulièrement dans le viseur du groupe d’analyse métropolitain : Cœurs de ville, cœurs de métropole. Au départ lancée pour rendre le centre-ville plus attractif, l’opération de piétonnisation du centre-ville de Grenoble escomptait faire d’une pierre deux coups et faire baisser les niveaux de pollution.

 

Quel impact a le nouveau plan de circulation sur le flux de véhicules en ville ? © Patricia Cerinsek

Quel impact a le nouveau plan de circulation sur la qualité de l’air ? © Patricia Cerinsek

Aujourd’hui encore, difficile d’y voir clair. Atmo Auvergne Rhône-Alpes, l’organisme chargé de surveiller la qualité de l’air, n’a entrepris de conduire une vaste campagne de mesures que début 2018, quand un collectif d’habitants et de commerçants a mis en doute les impacts de CVCM sur la qualité de l’air en conduisant ses propres analyses… Campagne dont les résultats ne seront pas connus avant début 2019.

 

Mais pour le Gam, les premiers résultats prudemment rendus par Atmo quant à l’impact de CVCM sur la qualité de l’air, montrant une dégradation sensible à compter d’avril 2017, soit concomitamment avec la mise en route de CVCM, ne laissent plus de part au doute.

 

« Alors que de 2007 à 2014, la baisse de la pollution constatée s’est élevée à plus de 25 % tous polluants confondus et que la Métropole était alors citée en exemple pour l’efficacité de ses politiques publiques, la tendance s’est aujourd’hui inversée puisque, sur le seul centre-ville de Grenoble, la pollution de fond au dioxyde d’azote telle que mesurée par Atmo Air Rhône Alpes selon les protocoles standardisés européens a augmenté de 15 % en moyenne suite à l’imposition en avril 2017 d’un nouveau plan de circulation qui n’a pas été étudié convenablement », pointe le groupe d’analyse métropolitain.

 

PC

 

 

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Commentaires 6
  1. Ouais, formidable alors ! Vous interprétez les chiffres d’un côté alors qu’on pourrait les vori de l’autre côté. Le coup du verre à moitié vide ou à moitié plein. Et même si 15% d’augmentation, ceci provient de la pollution automobile et vous voulez qu’elle revienne sur l’axe Est-Ouest où cette même pollution a baissé puisqu’on n’y trouve plus que les bus, les vélos, les piétons plus quelques contrevenants motorisés ? Franchement, vous êtes des comiques de première classe.
    Battez-vous contre le trop-plein de voitures en centre-ville et allez voir ailleurs, en Allemagne pour éviter d’aller encore plus au nord ou en Italie toute proche, comment les centre-villes débarrassés des voitures et des stationnements sur voirie sont actifs et agréables.

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  2. Et contre les constructeurs de voiture premiers responsables, ceux qui l’utilisent pour faire moins de 3 kilomètres, ou les gens qui utilisent du chauffage bois ultra polluant, rien de la part du GAM ?

    Ce n’est pas pour sauver des vies qu’ils font ça, c’est juste contre CVCM qu’ils n’arrivent pas à avaler. Un sacré culot. Honte à eux.

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  3. Il sort d’où ce 15 % ? Je n’arrive pas à le retrouver dans les chiffres fournis par Atmo Auvergne Rhône-Alpes.
    En tant que journaliste, je pense qu’il faudrait éviter de pomper des infos foireuses sur des sites non officiels gérés par des déficients du bulbe en matière de calcul numérique 😀

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    • PC

      09/04/2018
      14:51

      Cette information que vous considérez comme foireuse (accusation toute aussi gratuite) est celle transmise par Grenoble à coeur sur la base de d’analyses effectuées à partir des mesures d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes, officielles donc. Vous considérez donc que le journaliste pompe des informations sans vérification ? Une piqûre de rappel s’impose… Avant la publication des précédentes analyses de Grenoble à cœur, très contestées par le maire de Grenoble et notamment un autre collectif, Vie à Grenoble, nous avions bien évidemment contacté Atmo. Faut-il rappeler la réponse de Camille Rieux ? « Ce sont de vraies données, avec de vraies analyses. Il n’y a pas d’erreur. Mais la méthode est complexe et il y a un gros effet de loupe. Avec le risque d’une mauvaise interprétation. On ne peut pas dire qu’il y a deux fois plus de dioxyde d’azote après CVCM que sur la moyenne des dix dernières années… Les hausses restent mesurées ». Je vous laisse libre de juger que ces analyses sont le fait de « déficients du bulbe en matière de calcul numérique »…
      Pour rappel : https://www.placegrenet.fr/2017/11/10/cvcm-hausse-pollution-moderee/161018

      Vraies données, vraies analyses donc comme le certifie Atmo (ce n’est pas le journaliste qui le dit…), l’effet loupe (et qui fait que vous ne retrouvez pas ces 15 % d’un seul clic dans les chiffres fournis par Atmo) tenant au fait que Grenoble à coeur « corrige » ses chiffres de la baisse tendancielle observée sur les dix dernières années. Pour faire simple, Grenoble à coeur a corrigé ses données d’une baisse d’environ 1 microgramme de NO2/m3/an pour mieux mesurer l’impact de CVCM sur les niveaux de la qualité de l’air à Grenoble.
      Grenoble à coeur a poursuivi ses analyses et en est arrivé à la conclusion que la pollution au NO2, sur la station des Grand boulevards (puisqu’elle seule permet de mesurer la pollution liée au trafic routier en centre-ville), avait d’avril à décembre 2017 augmenté d’environ 15 %. Vrai ? Faux ? Effet loupe ? On reste toujours dans une tendance à la hausse, à l’inverse de ce qui était observé ces dix dernières années à Grenoble.

      Dans ce débat, on peut surtout regretter que la campagne de mesures finalement mise en place pour mieux évaluer l’impact de CVCM sur la qualité de l’air n’ait démarré que début 2018. Et que la question de la qualité de l’air à Grenoble soit en grande partie circonscrite à CVCM.

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    • Il n’y a aucun risque, puisque c’est contre X…
      A notre connaissance, une dizaines de plaintes sont déjà partie

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