Loup : 21 députés de la majorité font barrage au plan de Nicolas Hulot

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FIL INFO – Alors que le plan loup doit être adopté d’ici la fin du mois, vingt et un députés de la majorité plaident pour plus de transparence et une gestion territorialisée des populations de loup. Ils réclament notamment la levée de la condition imposée aux éleveurs de mettre en place des mesures de protection s’ils veulent être indemnisés.

 

 

Une étude remet en cause le taux de loups hybrides, mi-chien mi-loup, en France. A quelques jours du début des négociations du futur plan Loup.

© Gourdol-Max-ONCFS

Dans une tri­bune, vingt et un dépu­tés de la majo­rité, dont la par­le­men­taire de l’Isère Monique Limon, appellent Nicolas Hulot, le ministre de la Transition éco­lo­gique et soli­daire, à revoir le plan loup.

 

Soumis à consul­ta­tion publique, ce plan qui doit être validé avant la fin du mois de février, pré­voit d’at­teindre l’ob­jec­tif de cinq cents loups d’ici la fin du quin­quen­nat, seuil à par­tir duquel les scien­ti­fiques consi­dèrent que la sur­vie de l’es­pèce n’est pas hypo­thé­quée.

 

Il pré­voit éga­le­ment d’a­jus­ter les tirs. Fini le quota de qua­rante loups à tuer. Le nombre d’a­bat­tages devrait être fixé au pro­rata de la popu­la­tion, entre 10 et 12 %. Soit 36 loups dans un pre­mier temps, la popu­la­tion étant en France offi­ciel­le­ment esti­mée à 360.

 

Un plan qui gêne quelque peu aux entour­nures les dépu­tés LREM. Les élus, pour la plu­part des régions alpines ou des ter­ri­toires concer­nés par la pré­sence du loup, posent ainsi un cer­tain nombre de condi­tions à l’ac­cep­ta­tion d’un tel pro­gramme. Et notam­ment celle de l’in­con­di­tion­na­lité des indem­ni­sa­tions.

 

 

Faire jouer la solidarité nationale

 

« Parmi tous nos conci­toyens, les éle­veurs sont les pre­miers à subir les consé­quences psy­cho­lo­giques et éco­no­miques de la pré­da­tion, de manière aigüe et per­ma­nente. Ils n’ont pas à en sup­por­ter seuls les coûts, plaident-ils dans une tri­bune envoyée à la presse. Le prin­cipe d’égalité devant les charges publiques impose que les risques entraî­nés par la poli­tique de pro­tec­tion du loup soient assu­més par la soli­da­rité natio­nale. La condi­tion­na­lité des indem­ni­sa­tions n’est donc pas accep­table et la recon­nais­sance du pré­ju­dice psy­cho­lo­gique fai­sant suite aux attaques est légi­time. Nous en fai­sons deux ques­tions de prin­cipe, deux préa­lables à la res­tau­ra­tion de la confiance. »

 

Des aide-bergers pour épauler les éleveurs de moutons, un des moyens de se protéger face aux attaques de loups ? Crédit Sandrine Andrieux-Ferus

Des aide-ber­gers pour épau­ler les éle­veurs de mou­tons © Sandrine Andrieux-Ferus

Les élus de la majo­rité réclament ainsi que soit levée la condi­tion impo­sée aux éle­veurs de mettre en place des mesures de pro­tec­tion pour être indem­ni­sés en cas d’at­taques.

 

En 2017, les indem­ni­sa­tions se sont éle­vées à 3 mil­lions d’euros, les sub­ven­tions à la pro­tec­tion des trou­peaux à 20 mil­lions d’euros.

 

« Un accom­pa­gne­ment indi­vi­duel des éle­veurs pour la concep­tion et la mise en œuvre des mesures de pro­tec­tion serait sus­cep­tible d’accroître signi­fi­ca­ti­ve­ment leur effi­ca­cité, abondent les signa­taires. Il doit per­mettre aux pro­fes­sion­nels de béné­fi­cier des aides publiques en amont de l’installation des dis­po­si­tifs de pro­tec­tion. »

 

Outre la ques­tion de l’in­dem­ni­sa­tion, les élus plaident pour plus de trans­pa­rence dans les comp­tages, les études et le suivi des déci­sions. Mais aussi pour que la ges­tion du loup soit ter­ri­to­ria­li­sée.

 

 

Dans une autre tribune, 450 signataires réclament le retrait du plan

 

« Des comités dépar­te­men­taux ou infra-ter­ri­to­riaux pour­raient appor­ter des réponses adap­tées et réac­tives aux consé­quences directes et indi­rectes de la pré­sence du loup, asso­ciant élus locaux, éle­veurs, asso­cia­tions de pro­tec­tion et acteurs éco­no­miques concer­nés », avancent les dépu­tés.

 

La pres­sion monte à quelques jours de l’a­dop­tion du plan. Dans une tri­bune adres­sée à Emmanuel Macron, 450 par­le­men­taires dont les séna­teurs de l’Isère Frédérique Puissat et Michel Savin (Les Républicains), des élus dépar­te­men­taux et locaux mais aussi des vété­ri­naires, des scien­ti­fiques, des cher­cheurs et des agri­cul­teurs demandent eux le retrait du plan, jugeant les pro­po­si­tions de Nicolas Hulot « irres­pon­sables et décon­nec­tées de la réa­lité ».

 

PC

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