Projet du futur quartier de l’Esplanade à Grenoble : les associations distribuent des cartons rouges

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DÉCRYPTAGE – A l’approche du vote décisif, ce lundi 18 décembre en conseil municipal, qui va entériner le programme d’aménagement du futur quartier de l’Esplanade, trois associations sont furieuses. La raison ? Des promesses de l’équipe d’Eric Piolle non tenues : une « co-construction biaisée », une densité élevée en logements qui entraîne le sacrifice du « seul poumon vert » du quartier… Espérant un ultime sursaut, les associations des habitants du quartier et des commerçants de l’Esplanade ont demandé au maire de leur accorder un temps de parole avant le vote des délibérations. 

 

 

"L'équipe d'Eric Piolle n'a pas pas tenu tous ses engagements concernant le réaménagement du quartier de l'Esplanade". Tel est l'amer constat établi par l'association"Vivre à Grenoble" le 14 décembre 2017. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

« L’équipe d’Eric Piolle n’a pas tenu tous ses enga­ge­ments concer­nant le réamé­na­ge­ment du quar­tier de l’Esplanade ». Tel est l’a­mer constat éta­bli par l’as­so­cia­tion« Vivre à Grenoble » le 14 décembre 2017. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Ce lundi 18 décembre, le sort du réamé­na­ge­ment du quar­tier de l’Esplanade sera scellé. La majo­rité devrait vali­der le « plan guide » du futur quar­tier de l’Esplanade, lors du conseil muni­ci­pal.

 

Même s’ils ne croient pas à un miracle, le pré­sident de l’as­so­cia­tion des com­mer­çants et les deux copré­si­dents de l’as­so­cia­tion des habi­tants du quar­tier, ainsi que Louis Simone, direc­teur de l’Intermarché du quar­tier, ont demandé au maire de Grenoble Eric Piolle de prendre la parole pen­dant le conseil muni­ci­pal. Cela « dans le cadre d’un débat démo­cra­tique néces­saire », jus­ti­fient les res­pon­sables asso­cia­tifs, dans un mail envoyé à l’é­dile et à de nom­breux élus.

 

Le but ? Dire tout le mal qu’ils pensent du pro­jet en l’é­tat. Lequel ne convient pas plus à l’association Vivre à Grenoble. Son pré­sident Louis Cipri ne mâche pas ses mots : « Entre le pro­jet Piolle et le pro­jet Destot, c’est bon­net blanc, blanc bon­net. » Un ver­dict qui claque quand on se sou­vient que l’association s’est bat­tue bec et ongles contre l’ancien pro­jet de la muni­ci­pa­lité Destot. Ironie de l’his­toire, à cette époque, Vivre à Grenoble comp­tait parmi ses sou­tiens des élus de l’actuelle majo­rité

 

 

« On a, en fait, juste été consultés sur des solutions »

 

Après avoir biffé d’un trait de plume le pro­jet d’a­mé­na­ge­ment de la pré­cé­dente muni­ci­pa­lité des­siné par l’ar­chi­tecte Christian de Porztamparc, la majo­rité d’Eric Piolle a d’abord concerté les asso­cia­tions du quar­tier pen­dant plu­sieurs mois.

 

Réunion de co-construc­tion à l’Esplanade, le 3 décembre 2016, avec les consul­tants d’HDZ et la Ville de Grenoble © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Puis la Ville a fait appel, dans un deuxième temps, à HDZ, un cabi­net d’urbanistes avec la cas­quette d’animateurs de concer­ta­tion.

 

L’idée ori­gi­nale des experts a été de mettre en débat trois sce­na­rii d’a­mé­na­ge­ment qui ont conduit à la struc­tu­ra­tion actuelle du futur quar­tier, après plu­sieurs aller-retours avec les habi­tants et un temps d’é­changes avec les élus et ser­vices.

 

Bref, une véri­table co-construc­tion dans les règles de l’art ? C’est beau­coup dire, conteste Bruno de Lescure, mili­tant de Vivre à Grenoble, qui pré­cise : « C’est mieux que sous Destot. On a les comptes-ren­dus des réunions ! Mais le pro­blème majeur est qu’on ne nous a pas demandé de faire des pro­po­si­tions. On a en fait juste été consul­tés sur des solu­tions. Ce n’est donc pas de la co-construc­tion. »

 

Yves Delahayes, président de l'association des commerçants de l'Esplanade © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Yves Delahayes, pré­sident de l’as­so­cia­tion des com­mer­çants de l’Esplanade © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Analyse assez proche du côté des asso­cia­tions d’habitants et de com­mer­çants : « La co-construc­tion a été biai­sée, affirme Yves Delahaye, pré­sident de l’as­so­cia­tion des com­mer­çants de l’Esplanade. « [La Ville et HDZ] sont allés cher­cher l’avis de gens qui ne connaissent pas le quar­tier et ont lancé des idées à l’emporte-pièce. D’un autre côté, ils n’ont pas écouté les acteurs de ter­rain, et on se retrouve avec un pro­jet sans cohé­rence glo­bale… »

 

Toujours est-il que le pro­jet, désor­mais ficelé, sera voté ce lundi… avant même d’a­voir été dévoilé au public. Ce qui a le don d’exaspérer aussi bien le repré­sen­tant des com­mer­çants que les mili­tants asso­cia­tifs : « Le pro­jet a été pré­senté à l’op­po­si­tion le 6 décembre, mais pas à ceux qui y ont par­ti­cipé, se plaignent les ani­ma­teurs de Vivre à Grenoble. Avouez que c’est cocasse ! »

[…]
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Commentaires 3
  1. bon sang ! mais où est l’é­norme tour du pro­jet Destot ? elle a dis­paru ? Bah, c’est vrai qu’au point de vue den­sité et sac­cage du ter­rain et de la vue elle se posait un peu là …
    Rien que pour ça le pro­jet actuel est bien meilleur et si les habi­tants veulent encore l’a­mé­lio­rer de leur point de vue … qu’ils soient écou­tés.

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  2. Dauphinoix, l’ami, défen­seur et sup­por­ter de la muni­ci­pa­lité sur tous les dos­siers, a parlé.

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  3. Ah, le nym­bisme…

    Sérieusement, il y a beau­coup de choses à amé­lio­rer dans cette démarche de co-construc­tion. Mais fran­che­ment, le pro­jet n’a rien d’un truc trop dense, et sur­tout il est vrai­ment bien mieux que le pré­cé­dent et n’a rien d’un dik­tat imposé par le maire…

    Il va fal­loir que les mécon­tents per­ma­nents et autres râleurs donnent d’autres argu­ments que le fameux « c’est trop dense ». Ca devient un peu pénible, cette moro­sité ambiante de leur part.

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