Propos anti-Roms à Fontaine : l’élu Franck Sinisi condamné pour incitation à la haine raciale

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EN BREF – Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné, ce mardi 28 novembre, l’ex élu FN fontainois Franck Sinisi à deux mois d’emprisonnement assortis d’un sursis, deux mille euros d’amende et quatre ans d’inéligibilité, pour incitation à la haine raciale. En cause, ses propos sur les Roms tenus lors du conseil municipal de la ville de Fontaine, le 27 février 2017.

 

 

L'élu d'extrême-droite avait tenu des propos envers les Roms jugés inacceptables. Seule une décision de justice peut le contraindre à la démission.

Franck Sinisi, alors élu FN de la ville de Fontaine, conseil muni­ci­pal © Albéric Marzullo – Place Gre’net

Peu de monde, pas même les avo­cats des par­ties impli­quées, ce mardi 28 novembre dans la salle numéro cinq du palais de jus­tice de Grenoble. Salle où le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel s’ap­prête à pro­non­cer le déli­béré du pro­cès du conseiller muni­ci­pal de Fontaine Franck Sinisi, qui s’est déroulé le 24 octobre der­nier.

 

C’est donc seul à la barre que Franck Sinisi fait face à ses juges pour prendre connais­sance de la peine rete­nue à son encontre pour des faits d’in­ci­ta­tion à la haine raciale. En cause, des pro­pos jugés stig­ma­ti­sants pour les Roms tenus lors du conseil muni­ci­pal de la ville de Fontaine, le 27 février 2017. Franck Sinisi avait en effet sug­géré « que l’on récu­père l’or des dents des Roms, des gens du voyage pour ali­men­ter les caisses des col­lec­ti­vi­tés ».

 

 

Deux mois de prison avec sursis, 2 000 euros d’amende et quatre ans d’inéligibilité

 

Le ver­dict ? Deux mois d’emprisonnement avec sur­sis, deux mille euros d’a­mende et une période de quatre ans d’i­né­li­gi­bi­lité. Concernant cette der­nière, le tri­bu­nal est même allé un peu plus loin que les réqui­si­tions du par­quet. Lequel avait requis, à l’is­sue du pro­cès, une période de deux à trois ans d’inéligibilité. Quant aux par­ties civiles – notam­ment la Licra et le Mrap – elles obtiennent de l’euro sym­bo­lique jus­qu’à 1 000 euros au titre des dom­mages et inté­rêts.

 

Ce 27 mars, un rassemblement avait lieu à Fontaine pour interpeller la municipalité communiste suite aux propos anti-roms tenus par un élu FN en conseil.

Une salle comble lors du conseil muni­ci­pal de Fontaine © Albéric Marzullo – Place Gre-Net

Après s’être concerté de longues minutes par télé­phone avec son avo­cat, Franck Sinisi nous déclare qu’il se pour­voit en appel contre la déci­sion du tri­bu­nal. Droit dans ses bottes, il reste sur la ligne de défense déve­lop­pée lors du pro­cès. « Je n’ai pas à assu­mer mes pro­pos. Je main­tiens qu’ils n’ont rien à voir avec la guerre, qu’il y avait dans ceux-ci un brin d’hu­mour réa­liste », assure l’élu.

 

Toujours est-il que le conseiller muni­ci­pal a du souci à se faire. En effet, si la peine d’i­né­li­gi­bi­lité est confir­mée en appel, il ne pourra pas se pré­sen­ter aux élec­tions muni­ci­pales de 2020. « On fait le compte : ça tombe pile-poil. Je suis élu jus­qu’en 2020, les pro­chaines muni­ci­pales sont en 2020. Si je suis condamné, je ne peux pas me repré­sen­ter… Encore un coup de canif dans la démo­cra­tie élec­to­rale ! Maintenant, est-ce dû au seul hasard ? », rétorque Franck Sinisi enten­dant ainsi lais­ser pla­ner le doute.

 

 

Le « largage du Front national »

 

L’occasion aussi pour l’élu d’é­gra­ti­gner le Front natio­nal, dont il a été exclu le 18 juillet 2017. « Je condamne solen­nel­le­ment le manque de sou­tien du Front natio­nal qui m’a com­plè­te­ment lar­gué sur ce sujet », déplore-t-il. « J’ai été exclu pas pour des pro­pos mais pour ma par­ti­ci­pa­tion à une contre-mani­fes­ta­tion avec Civitas lors de la Marche des fier­tés », explique Franck Sinisi, qui a ral­lié ce parti après son exclu­sion.

 

Franck Sinisi (à gauche) derrière la banderole "Homofolie ça suffit" lors de la Marche des Fiertés 2017 à Grenoble. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Franck Sinisi (à gauche) der­rière la ban­de­role « Homofolie ça suf­fit » lors de la Marche des Fiertés 2017 à Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Quant à la Ville de Fontaine à l’o­ri­gine de la plainte, elle s’est fen­due ce mardi 28 novembre en fin d’a­près-midi d’un com­mu­ni­qué signé de son maire Jean-Paul Trovero. Ce der­nier prend acte de la déci­sion du tri­bu­nal et s’en féli­cite.

 

« Avec la mobi­li­sa­tion d’autres citoyens, j’ai porté cette affaire devant la jus­tice et je suis fier de la déci­sion ren­due, qui démontre que nous avions rai­son de nous indi­gner », déclare l’é­dile. Tout en regret­tant « que Franck Sinisi fasse appel du juge­ment rendu », Jean-Paul Trovero forme le vœu « [d’un] retour à la séré­nité dans nos ins­tances démo­cra­tiques et le res­pect du cadre répu­bli­cain ».

 

Joël Kermabon

 

 

 

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