Grenoble : une marche des fiertés 2017 sous le signe du respect, de l’égalité et de la tolérance

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REPORTAGE VIDÉO – La fête s’est emparée des rues de Grenoble, ce samedi 3 juin. Près de 1 300 personnes ont participé à la 4e édition de la Marche des fiertés lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle, transgenre et intersexuée (LGBTI). Une marche festive mais aussi revendicative pour alerter sur le quotidien des personnes LGBTI, les propos homophobes, l’oppression dans certains pays…

 

 

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Colorée, joyeuse, fes­tive et digne. Tels sont les qua­li­fi­ca­tifs qui viennent ins­tan­ta­né­ment à l’es­prit pour décrire l’am­biance qui a régné, ce samedi 3 juin, lors de la Marche des fier­tés. Un évé­ne­ment orga­nisé par le Centre LGBTI de Grenoble – Cigale en point d’orgue de la Semaine des fier­tés.

 

Sous les fron­dai­sons du Jardin de ville, les rain­bow flags – dra­peaux arc-en-ciel emblé­ma­tiques du mou­ve­ment LGBTI omni­pré­sents don­naient le ton de la mani­fes­ta­tion. Dans la petite foule, cer­tains étaient venus dégui­sés – affi­chant par­fois une outrance volon­taire et assu­mée –, d’autres seule­ment maquillés ou ceints d’une écharpe arc-en-ciel. Des élus étaient là aussi dont Emmanuel Carroz, conseiller muni­ci­pal délé­gué à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive, ainsi que cer­tains can­di­dats aux élec­tions légis­la­tives.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Une chose est sûre, l’en­vie de s’a­mu­ser et de faire la fête était dans tous les esprits. Que l’on appar­tienne à la com­mu­nauté ou que l’on soit hété­ro­sexuel impor­tait peu, l’es­sen­tiel était d’être ensemble. Une manière d’exor­ci­ser et de dénon­cer, dans une forme proche de la cathar­sis, la gra­vité des actes d’ho­mo­pho­bie en recru­des­cence un peu par­tout dans le monde. Comme les crimes contre les homo­sexuels en Tchétchénie, ou en Iran et au Nigeria où des femmes et des hommes sont arrê­tés, tor­tu­rés, séques­trés et par­fois exé­cu­tés pour leur orien­ta­tion sexuelle.

 

 

« Certaines personnes victimes d’homophobie préfèrent se taire »

 

 

Cette année pour cette marche des fier­tés, un mot d’ordre en forme de cri : « Respect, éga­lité, tolé­rance : urgence ! » Et urgence il y a si l’on consi­dère la recru­des­cence d’actes homo­phobes, les­bo­phobes, biphobes, trans­phobes et sexistes per­pé­trés chaque jour un peu par­tout. C’est du moins le sens de l’a­lerte que lance Sophie Vilfroy, délé­guée régio­nale de SOS Homophobie.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Il y a eu 1 575 actes d’ho­mo­pho­bie d’a­près notre rap­port annuel 2016. Ce chiffre, nous pou­vons le mul­ti­plier par deux ou par trois parce que, mal­heu­reu­se­ment, des per­sonnes ne trouvent pas le cou­rage d’ap­pe­ler et pré­fèrent se taire dans l’in­dif­fé­rence », s’in­quiète la délé­guée régio­nale.

 

C’est en revanche musique techno à fond qu’en­vi­ron 1 300 per­sonnes ont joyeu­se­ment déam­bulé dans les rues de Grenoble pour affir­mer et crier haut et fort « les droits de chaque per­sonne à pou­voir être ce qu’elle est dans un monde qui conti­nue d’exclure des per­sonnes pour leurs dif­fé­rences ».

 

Retour en vidéo sur une mani­fes­ta­tion pleine de vie, à des années lumière des tra­di­tion­nels cor­tèges reven­di­ca­tifs syn­di­caux…

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

Le changement d’état civil pour les personnes trans : des situations ubuesques

 

 

Parmi les reven­di­ca­tions mises en avant lors de ce ras­sem­ble­ment, le droit à la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée (PMA) pour toutes les femmes, le don du sang pour les homo­sexuels et les bisexuels, la liberté de chan­ge­ment d’é­tat civil pour les per­sonnes trans­sexuelles…

 

La ville de Grenoble, outre son impli­ca­tion dans la Semaine des fier­tés, est très active sur le front LGBTI. Notamment via le sou­tien à l’as­so­cia­tion Rita qui aide les per­sonnes trans à chan­ger d’é­tat civil, en lien avec le Planning fami­lial. « Un par­cours com­pli­qué qui doit être amé­lioré juri­di­que­ment car, si elles peuvent effec­ti­ve­ment chan­ger de pré­nom, elles ne peuvent pas chan­ger d’é­tat civil entre Monsieur et Madame. On en arrive à des situa­tions ubuesques du type Madame Jean-Pierre ou Monsieur Annick », explique Emmanuel Carroz.

 

De gauche à droite : Maryvonne Boileau, conseillère municipale et Emmanuel Carroz, conseiller municipal délégué à l’égalité des droits et à la vie associative. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Maryvonne Boileau, conseillère muni­ci­pale, et Emmanuel Carroz, conseiller muni­ci­pal délé­gué à l’égalité des droits et à la vie asso­cia­tive. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Qui pré­cise au pas­sage que l’as­so­cia­tion Rita aidera éga­le­ment la muni­ci­pa­lité à avoir de bonnes pra­tiques, notam­ment en ne pré­ci­sant pas les termes Monsieur ou Madame dans les for­mu­laires où il n’y en a pas besoin et en for­mant les per­son­nels muni­ci­paux.

 

Également dans les tuyaux, un appel à par­te­na­riat avec les par­te­naires ins­ti­tu­tion­nels et les asso­cia­tions pour les droits des per­sonnes LGBTI. « J’ai notam­ment inter­pellé l’Éducation natio­nale la semaine der­nière dans le Dauphiné libéré pour signa­ler que, si les col­lèges et les lycées ont des demandes ou des actions à faire concer­nant les jeunes, ils peuvent comp­ter sur l’aide de la Ville de Grenoble », rap­porte Emmanuel Carroz.

 

L’élu en pro­fite par ailleurs pour rap­pe­ler les actions per­lées de la Ville avec le fes­ti­val Vues d’en face et l’as­so­cia­tion Le Refuge. Et se féli­cite que les jeunes per­sonnes LGBT puissent désor­mais dis­po­ser d’un lieu d’ac­cueil. « La ville de Grenoble avait accordé [à l’as­so­cia­tion, ndlr] une sub­ven­tion de 15 000 euros et, là, ils ont pu obte­nir un lieu d’ac­cueil grâce aux bailleurs sociaux de la ville », nous confie-t-il.

 

 

« Ce qu’a fait Gabriac c’est de l’homophobie ! »

 

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Quant à l’action menée par les mili­tants de l’ul­tra-droite de Civitas, Emmanuel Carroz ne mâche pas ses mots. « Ce qu’a fait Gabriac aujourd’­hui, c’est clai­re­ment de l’ho­mo­pho­bie. Une marche fes­tive qui se voit blo­quée par l’ul­tra-droite, des per­sonnes qui, de plus, ne se cachent pas de faire le salut nazi, c’est très agres­sif ! », fus­tige l’élu.

 

Ce der­nier assure que tout a été fait pour que « les gens qui défi­laient dans la joie et la fra­ter­nité ne voient pas ce qui se pas­sait et puissent pour­suivre leur marche mili­tante pour l’é­ga­lité des droits ». Pas de quoi décou­ra­ger les orga­ni­sa­teurs qui pensent déjà à la pro­chaine marche des fierté autour du 17 mai 2018, à l’oc­ca­sion de la jour­née mon­diale de lutte contre les LBGTphobies.

 

 

Joël Kermabon

 

 

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