Primaire ouverte : Fillon à près de 45 %, l’Isère dans la droite ligne de la tendance nationale

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FOCUS – Les résultats tombés jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi 21 novembre le confirment : l’Isère s’inscrit dans la dynamique nationale de la primaire de la droite et du centre. Le succès de François Fillon prépare d’ailleurs peut-être le terrain d’une réconciliation des droites iséroises autour d’un même candidat. 

 

 

 

« Le deuxième tour se pré­pare dès aujourd’­hui », a déclaré Jean-Pierre Barbier, pré­sident du Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère, dans la soi­rée du dimanche 20 novembre, après s’être féli­cité de la mobi­li­sa­tion des élec­teurs autour de la pri­maire de la droite et du centre.

 

Un bureau de vote grenoblois pour la Primaire de la Droite et du Centre © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Un bureau de vote gre­no­blois pour la pri­maire de la droite et du centre. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Un deuxième tour qui, pour­tant, ne rele­vait pas encore à ce moment de la cer­ti­tude : ils étaient en effet quelques-uns, au niveau natio­nal comme sur le dépar­te­ment de l’Isère, à s’in­ter­ro­ger sur son oppor­tu­nité. Alain Juppé a fina­le­ment levé toute ambi­guïté : mal­gré un score très infé­rieur à celui de François Fillon, il se main­tient bel et bien dans la course.

 

 

 

Des « fillonistes » en Isère ?

 

 

Le suc­cès de François Fillon était loin d’être anti­cipé : per­sonne, parmi les son­deurs ni les experts ou ana­lystes, n’a­vaient prévu que l’an­cien ministre de Nicolas Sarkozy engran­ge­rait ainsi plus de 40 % des voix dès le pre­mier tour du scru­tin.

 

En Isère, les sou­tiens à François Fillon n’é­taient par ailleurs pas légion. Alors que Jean-Pierre Barbier ou l’an­cien maire de Grenoble, Alain Carignon, affi­chaient leur pré­fé­rence pour Nicolas Sarkozy, le conseiller muni­ci­pal d’op­po­si­tion Les Républicains Matthieu Chamussy avait pour sa part pris fait et cause pour la can­di­da­ture de Bruno Le Maire.

 

Après avoir soutenu Bruno Le Maire, Matthieu Chamussy revient aux côtés de François Fillon, comme ici en 2014 à l'occasion d'une visite à Grenoble de l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy. © Place Gre'net - Véronique Serre

Après avoir sou­tenu Bruno Le Maire, Matthieu Chamussy revient aux côtés de François Fillon, comme ici en 2014 à l’oc­ca­sion d’une visite à Grenoble de l’an­cien pre­mier ministre de Nicolas Sarkozy. © Place Gre’net – Véronique Serre

 

Alexandre Roux, secré­taire dépar­te­men­tal isé­rois des Républicains, tient tou­te­fois à rap­pe­ler que l’Isère comp­tait éga­le­ment des sou­tiens à François Fillon, citant notam­ment les noms du séna­teur de l’Isère Michel Savin, de la pre­mière vice-pré­si­dente du Conseil dépar­te­men­tal Frédérique Puissat, du maire de Bourgoin-Jallieu Vincent Chriqui, ou encore du maire de Saint-Ismier Henri Baile.

 

Nicolas Sarkozy comme Bruno Le Maire ayant annoncé leur sou­tien à François Fillon pour le second tour, la droite isé­roise devrait donc se récon­ci­lier en grande par­tie autour d’un can­di­dat com­mun. Matthieu Chamussy a d’ores et déjà fait savoir via Twitter qu’il sou­tien­drait François FIllon, « qui incarne le mieux à [ses] yeux l’i­déal gaul­liste. »

 

 

 

 

Le poids des électeurs de gauche ?

 

 

Les élec­teurs de gauche, voire du Front natio­nal, ont-ils pesé sur les résul­tats de ce pre­mier tour de la pri­maire ? Le secré­taire dépar­te­men­tal ne le pense pas, consta­tant que l’ar­ri­vée en tête de François Fillon, au pro­gramme éco­no­mique très libé­ral, va bien moins dans le sens de l’é­lec­to­rat de gauche que les posi­tions prises par Alain Juppé ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Il n’en demeure pas moins que des élec­teurs de gauche se sont bel et bien ren­dus aux urnes, notam­ment dans le but affi­ché de faire bar­rage à la can­di­da­ture de Nicolas Sarkozy, aux thèmes de cam­pagne par­fois aussi « gau­lois » que cli­vants…

 

Yann Mongaburu adhère t-il aux valeur de la Droite ? Les Républicains lui reprochent d'être allé voter à la Primaire de la Droite et du Centre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Yann Mongaburu adhère-t-il aux valeurs de la droite ? Les Républicains lui reprochent d’être allé voter à la pri­maire de la droite et du centre. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Les Républicains n’ont d’ailleurs pas man­qué de faire remar­quer que Yann Mongaburu, pré­sident du SMTC et conseiller com­mu­nau­taire atta­ché au Rassemblement de la gauche et des éco­lo­gistes, était allé « sans ver­gogne » voter à la pri­maire. Une « dupli­cité », pour la droite, qui rap­pelle que les élec­teurs devaient signer une charte cer­ti­fiant qu’ils par­ta­geaient les valeurs de la droite et s’en­ga­geaient pour l’al­ter­nance.

 

 

 

La tendance nationale se confirme en Isère

 

 

Dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21, les chiffres des résul­tats des dif­fé­rents bureaux de vote isé­rois demeu­raient pour la plu­part à l’é­tat d’es­ti­ma­tions. La ten­dance natio­nale n’en semble pas moins se confir­mer à l’é­chelle locale, en par­ti­cu­lier sur la pré­sence d’un Nicolas Sarkozy presque tou­jours en troi­sième posi­tion.

 

Le “tiercé” gagnant (mais pas pour tout le monde) Fillon – Juppé – Sarkozy se confirme ainsi sur les com­munes de Fontaine, de Meylan, de Corenc, d’Allevard, de La Tronche, de Pontcharra, d’Apprieu, ou encore de Froges.

 

 

 

Des particularités locales

 

 

Autre ten­dance : Alain Juppé est plus sou­vent arrivé en tête dans les bureaux de vote de Grenoble, avec un Nicolas Sarkozy par­ti­cu­liè­re­ment à la traîne. Rien d’é­ton­nant pour autant : le 6 mai 2012, le pré­sident sor­tant n’a­vait rem­porté que 35,71 % des suf­frages face à François Hollande.

 

Alain Juppé en déplacement à Grenoble le 9 août 2016, ici en grande conversation avec Matthieu Chamussy et Richard Cazenave. © Alain Thiriet

Alain Juppé en dépla­ce­ment à Grenoble le 9 août 2016, ici en grande conver­sa­tion avec Matthieu Chamussy et Richard Cazenave. © Alain Thiriet

 

La hui­tième cir­cons­crip­tion de l’Isère marque éga­le­ment sa dif­fé­rence : c’est ici Nicolas Sarkozy qui appa­raît en seconde posi­tion, avec tou­te­fois à peine plus de 34 voix que le can­di­dat Alain Juppé. Mais près de mille de moins que François Fillon.

 

Un François Fillon qui confirme ainsi son ancrage dans le cœur des élec­teurs de la droite et du centre, au niveau natio­nal tant qu’à celui du dépar­te­ment de l’Isère. Une ten­dance qui se confir­mera au second tour ? Bien impru­dent serait celui qui, dans un contexte récur­rent de retour­ne­ment de situa­tions élec­to­rales, se ris­que­rait à pareil pro­nos­tic…

 

 

Florent Mathieu

 

 

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Commentaires 2
  1. « Le suc­cès de François #Fillon pré­pare peut-être le ter­rain d’une récon­ci­lia­tion des droites isé­roises autour d’un même can­di­dat. »? De cir­cons­tance car vous voyez Carrignon, Barbier, le Mairillon de Voiron etc. se récon­ci­lier loca­le­ment vous ?
    Quant à la gauche, avoir pris la photo d’un Monbaburu ses yeux de faon dans le vague à la ter­rasse d’un café, c’est pas gen­til ni réa­liste ! 😀

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    • FM

      21/11/2016
      9:21

      Merci pour votre com­men­taire. La photo de mon­sieur Mongaburu n’é­tant pas un tru­cage, nous vous lais­sons libre de votre inter­pré­ta­tion sur son carac­tère sup­posé irréa­liste.

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