Prime air bois : la Métro et le Grésivaudan s’attaquent aux particules fines

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FOCUS – La Communauté d’agglomération de Grenoble et la Communauté de communes du Grésivaudan lancent, cet automne, la « Prime air bois ». Objectif : améliorer la qualité de l’air dans leurs bassins de vie, en permettant aux particuliers de renouveler leurs appareils de chauffage au bois jugés non performants ou vétustes, grâce à une aide financière. Explications.

 

 

 

La Prime Air Bois bénéficiera aux particuliers souhaitant renouveler leurs appareils de chauffage au bois. © Grenoble-Alpes Métropole

La Prime air bois béné­fi­ciera aux par­ti­cu­liers sou­hai­tant renou­ve­ler leurs appa­reils de chauf­fage au bois. © Grenoble-Alpes Métropole

Utilisé dans de mau­vaises condi­tions, le chauf­fage au bois des par­ti­cu­liers peut être source de pol­lu­tion et, notam­ment, de par­ti­cules fines. En Isère, les appa­reils vétustes, peu per­for­mants et mal uti­li­sés sont ainsi à l’origine de 45 % de ces émis­sions.

 

C’est pour lut­ter contre cette source de pol­lu­tion que la Communauté d’agglomération de Grenoble et la Communauté de com­munes du Grésivaudan lancent, cet automne, la « Prime air bois ».

 

Le Pays voi­ron­nais devrait, quant à lui, leur emboî­ter le pas dès jan­vier 2016.

 

« La mau­vaise uti­li­sa­tion du chauf­fage au bois charge l’air exté­rieur en par­ti­cules fines, explique Julien Ducrotois, res­pon­sable du pôle infor­ma­tion et sen­si­bi­li­sa­tion à l’Ageden38. Or ces par­ti­cules posent des pro­blèmes sani­taires si elles vont dans les voies res­pi­ra­toires. »

 

Tout comme la Métro, le Grésivaudan a répondu à l’appel natio­nal à mani­fes­ta­tion d’intérêt « Fonds air bois », lancé en juin der­nier par l’Agence de l’environnement et de la maî­trise de l’énergie (Ademe). « Nous avons pris conscience que les par­ti­cules fines ont une inci­dence, notam­ment en période hiver­nale. Nous avons lancé une étude en 2014 et avons constaté que la popu­la­tion n’était pas consciente qu’en cas de pic de pol­lu­tion 75 % des par­ti­cules émises étaient dues au chauf­fage », explique Jérôme Dutroncy, vice-pré­sident de la Métro en charge de l’environnement, du cli­mat, de l’air et de la bio­di­ver­sité.

 

 

 

Une prime soumise à conditions

 

 

Déjà testé en 2013 dans la Vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, le « Fonds air bois » vise à aider finan­ciè­re­ment les par­ti­cu­liers qui sou­haitent renou­ve­ler leurs appa­reils de chauf­fages au bois. Le ver­se­ment de la prime est tou­te­fois sou­mis à condi­tions. Les béné­fi­ciaires doivent être pro­prié­taire du loge­ment (rési­dence prin­ci­pale) ; l’appareil de chauf­fage doit être anté­rieur à 2002 ou être un foyer ouvert (che­mi­née) ; le nou­veau maté­riel doit être label­lisé « Flamme verte 7 étoiles » et doit être ins­tallé par un pro­fes­sion­nel reconnu garant de l’environnement (RGE).

 

Une fois l’ensemble de ces cri­tères rem­plis, les par­ti­cu­liers peuvent béné­fi­cier d’une aide de 800 euros pour rem­pla­cer leur appa­reil de chauf­fage au bois. Cette der­nière peut atteindre 1.200 euros pour les foyers modestes et très modestes, selon les cri­tères défi­nis par l’Agence natio­nale de l’habitat (Anah).

 

 

Tableau de référence pour la bonification de la Prime Air Bois. © Grenoble-Alpes Métropole

Tableau de réfé­rence pour la boni­fi­ca­tion de la Prime air bois. © Grenoble-Alpes Métropole

 

« La fac­ture moyenne d’un poêle, hors pose est de 3.000 à 3.500 euros. Si l’on prend en compte cette prime et les autres aides qui existent, comme le cré­dit d’impôt pour la tran­si­tion éner­gé­tique, la prise en charge glo­bale est d’environ 50 % du mon­tant de l’investissement », estime Julien Ducrotois.

 

 

 

Renouveler le parc des appareils vétustes

 

 

Jérôme Dutroncy, Vice-Président de la Métro, en charge de l’environnement, du climat, de l’air et de la biodiversité. © Grenoble-Alpes Métropole

Jérôme Dutroncy, vice-pré­sident de la Métro. © Grenoble-Alpes Métropole

Avec ce fonds, le Grésivaudan espère renou­ve­ler 2.750 appa­reils sur cinq ans, soit un tiers des équi­pe­ments non per­for­mants. « Cette prime repré­sente un inves­tis­se­ment de 2.750.000 euros sur cinq ans », explique Anne Foret, chef de pro­jet du Plan cli­mat air éner­gie ter­ri­to­rial à la Communauté de com­munes du Grésivaudan.

 

Cet effort finan­cier, la Métro tient éga­le­ment à le faire en inves­tis­sant, de son côté, cinq mil­lions d’euros d’ici à 2020 pour rem­pla­cer 5.000 appa­reils défaillants sur les 15.000 recen­sés. « Il faut abso­lu­ment agir sur les sources, et ce de manière struc­tu­relle afin de dimi­nuer l’exposition des popu­la­tions », estime Jérôme Dutroncy.

 

S’il a joué, le conten­tieux liant l’Union euro­péenne à l’agglomération gre­no­bloise – du fait du dépas­se­ment des seuils d’azote et de par­ti­cules fines envi­ron cin­quante jours par an –, n’a pas été le seul élé­ment dans la prise de déci­sion. « Malgré l’avis motivé de l’UE qui nous impose d’agir, c’est au niveau du bas­sin de vie que se traite la ques­tion de la qua­lité de l’air », pré­cise l’élu, conscient de l’enjeu.

 

 

 

Réduire les émissions de particules fines

 

 

Le Grésivaudan et la Métro espèrent ainsi contri­buer à dimi­nuer la pol­lu­tion sur leurs ter­ri­toires. « Nous sou­hai­tons réduire, sur cinq ans, de 29 % les émis­sions de chauf­fage au bois et de 18 % celles de par­ti­cules fines », indique Anne Foret. De son côté, Grenoble-Alpes Métropole, label­li­sée en sep­tembre der­nier « Ville res­pi­rable à 5 ans » par le minis­tère de l’Écologie et du Développement durable, table sur une baisse de 10 %.

 

Au-delà, « le rem­pla­ce­ment de ces appa­reils de chauf­fage au bois per­met aussi de faire des éco­no­mies et apporte un meilleur confort et une meilleure sécu­rité », explique Julien Ducrotois.

 

Le Grésivaudan et la Métro souhaitent renouveler 7.750 appareils vétustes d'ici 2020. © Maïlys Medjadj - Place Gre'net

Le Grésivaudan et la Métro sou­haitent renou­ve­ler 7.750 appa­reils vétustes d’ici 2020. © Maïlys Medjadj – Place Gre’net

La mise en place de ce « Fonds air bois » vise d’ailleurs éga­le­ment à sen­si­bi­li­ser les habi­tants aux bonnes pra­tiques. « Le bois doit être le plus sec pos­sible et avoir une dimen­sion adap­tée au foyer. Un bois humide est plus long à se consu­mer. Une bûche humide dans un foyer va chauf­fer pen­dant envi­ron trente minutes pour sim­ple­ment sécher le bois. Il faut sto­cker le bois dehors et lais­ser le soleil faire son tra­vail ; c’est-à-dire le sécher. Il est aussi impor­tant de bien uti­li­ser l’appareil. Il faut le régler pour per­mettre une bonne com­bus­tion », com­mente le res­pon­sable du pôle infor­ma­tion et sen­si­bi­li­sa­tion à l’Ageden38.

 

A noter, enfin : « Les par­ti­cu­liers qui sou­haitent entrer dans le dis­po­si­tif doivent dépo­ser leur dos­sier avant de réa­li­ser tous tra­vaux ou ache­ter le nou­veau maté­riel de chauf­fage au bois », pré­cise Anne Foret. Au risque, sinon, de ne pou­voir béné­fi­cier de ce coup de pouce finan­cier.

 

 

Maïlys Medjadj

 

 

© Communauté de communes du Grésivaudan

© Le Grésivaudan

Comment béné­fi­cier de la Prime air bois ? 

 

Avant tous tra­vaux ou achats, consul­tez et rem­plis­sez le dos­sier de demande « Prime air bois », consul­table sur le site inter­net de Grenoble-Alpes Métropole.

 

Plus d’informations éga­le­ment auprès de l’Agence locale pour l’éner­gie et le cli­mat (Alec) pour les habi­tants de la région gre­no­bloise et de l’Ageden pour ceux du Grésivaudan.

 

À noter que la Communauté de com­munes du Grésivaudan pro­pose des per­ma­nences gra­tuites, assu­rées par un conseiller éner­gie de l’Ageden, un mer­credi par mois.

 

 

Prochains ren­dez-vous : le 18 novembre et le 9 décembre, de 9 heures à 13 heures, au siège de la Communauté de com­munes, à Crolles. Contactez l’Ageden au 04 76 23 53 50.

 

 

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